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Archive for mars, 2007

Croyez-vous au progres ?

27 mars 2007

Definition du progres : quel ideal ?

Pour répondre à cette question, il faut définir le progrès et puis voir s’il y a lieu d’y croire ou pas.

PROGRÈS:
  • Accroissement quantitatif ou intensif d’un phénomène.
  • Processus évolutif orienté vers un terme idéal.
Laissons le premier sens qui est simplement le sens synonyme d’”évolution”. Le deuxième sens se comprendra mieux si on définit l’”idéal”.
IDÉAL:
  • [Avec une valeur relative : un idéal particulier] Ce que l’on conçoit comme conforme à la perfection et que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action dans quelque domaine que ce soit.
  • [Avec une valeur absolue : l'idéal] Ce qui satisferait toutes les exigences du cœur et de l’intelligence, par opposition à la réalité limitée et décevante.
Selon le sens que l’on utilise, on ne sera pas du tout dans le même registre : le deuxième oppose l’idéal à la réalité, tandis que le premier utilise l’idéal comme but ou norme de pensée ou d’action. Comme souvent avec l’absolu, il nous induit en erreur : nous sommes finis par nature, et relatifs. Concentrons-nous sur la première définition, même s’il faut être conscient que c’est l’idéal imaginé en opposition avec le réel qui fait que beaucoup d’idéalistes sont aussi pessimistes. Avec le premier sens, le progrès devient un “processus évolutif orienté vers un terme conforme à la perfection ET que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action”. Il y a donc un rôle actif dans le progrès : c’est nous qui utilisons un idéal pour but, et qui oriente un processus évolutif. Quelle action sans but ? Quelle ambition dans l’action si ce n’est vers un idéal de perfection ? Encore une fois, il faut insister : viser un but ne signifie pas qu’il soit atteint, ou accessible. Un scientifique, un romancier et une philosophe semblent d’accord là-dessus :
Le progrès n’a aucun caractère inéluctable, rien ne garantit des lendemains meilleurs.

Karl Popper

Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.

Franz Kafka

Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille.

Hannah Arendt

La notion de progrès oriente simplement l’action. L’archer qui vise la cible n’a pas de garantie qu’il l’atteindra ; mais comment pourrait-il l’atteindre s’il ne la vise pas ?

Facteurs du progres social

Cette notion de progrès est reliée de manière forte aux siences, et donc à la connaissance (seule les sciences produisent des connaissances).

Les sciences se caractérisent par le fait qu’il y a progrès.

Pierre Rosenberg

Le progrès en art n’existe pas. Il y a de grands artistes dans tous les siècles, et dans tous les pays, il y a des développements de style, mais il n’y a pas de progrès.

Pierre Rosenberg

La question principale à se poser est donc : le progrès a-t’il un sens dans le domaine social ? Et si oui, quels sont les facteurs du progrès social ? On revient toujours sur les mêmes choses, n’en déplaise à ceux qui aiment les tables rases… L’éducation :
Nos progrès en tant que nation dépendront de nos progrès en matière d’éducation. L’esprit humain est notre ressource fondamentale.

John Fitzgerald Kennedy

la liberté de pensée, la créativité, et l’optimisme :
La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance.

Albert Einstein

L’enthousiasme est à la base de tout progrès.

Henry Ford

L’histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté.

Friedrich Hegel

sans oublier le sexe, bien sûr, et l’émancipation des femmes, sans vouloir paraitre ethnocentriste ou islamophobe :mrgreen: :
Le progrès social commence toujours par l’indépendance des fesses.

Albert Cossery

En conclusion, on peut dire que le progrès existe, comme guide d’action et de pensée. Et qu’il importe moins de savoir s’il faut y croire ou non (ce qui impliquerait qu’on pourrait agir sans but), mais bien plutôt d’identifier ce qui, dans l’action ou dans la pensée, va dans le sens du progrès, et de mettre nos efforts là-dessus. Qu’en pensez-vous ?

Citation du dimanche #17

25 mars 2007
L’erreur est humaine. Persévérer est diabolique. Proverbe Latin

Charte des commentaires : en place !

24 mars 2007

Voilà. Suite aux abus sur certains commentaires, j’ai mis en place la charte Néthique pour les commentaires de Blomig…C’est - en gros - des règles de politesse élémentaires à respecter pour discuter normalement.

J’ai trouvé ça sur le blog Néthique, et la charte complète se trouve sur la page “Charte des commentaires” qui apparait maintenant à côté de “contact” ou “A propos…”. J’espère que ça permettra de dissuader quelques imbéciles de venir polluer les commentaires, ou au moins de pouvoir les renvoyer à cette charte pour leur expliquer pourquoi leurs commentaires sont supprimés. Qu’en pensez-vous ?

Charte des commentaires sur BLOmiG : en construction

23 mars 2007

J’avais écrit un billet volontairement un peu “hard” (mais ne faisant que rappeler des réalités) pour l’occasion de la journée de la femme. Des discussions avaient eu lieu en commentaire, ouvertes et libres. Malheureusement, hier et aujourd’hui deux personnes ont tout fait partir en live (Robert et Al Muslimin) : propos injurieux, sans aucun respect pour les points de vue opposés. J’ai donc “modéré” (supprimé) ces commentaires, puisque leurs auteurs, eux, ne savent pas l’être, modérés.

Je trouve ça triste que des gens :

  • utilisent les commentaires d’un blog modéré pour déverser des propos excessifs, aggressifs et stupides
  • pensent que je vais être assez con pour laisser mon blog devenir un dépotoire pour propos injurieux provenant d’imbéciles en manque de reconnaissance
La tolérance n’est pas la faiblesse. J’admet sur mon blog tous les avis, y compris opposés au mien. Mais le but restant le dialogue, un minimum de courtoisie et de respect est nécessaire. Les commentaires resteront donc par défaut non modérés, mais je ne laisserai pas passer ce que je juge excessif. Je vais écrire une petite charte des commentaires, qui permettra de prévenir les gens. Mon sentiment, c’est que c’est bien triste d’en arriver là…! Avez-vous déjà eu à modérer votre blog, si vous en avez un ? Pensez-vous que je devrais laisser tous les commentaires y compris ceux excessifs ?

Pour une plus juste répartition des richesses : solidarité ou charité ?

22 mars 2007

Comment répartir mieux les richesses ?

Face à l’injustice des ressources très inégalement réparties entre les hommes, on ne peut que souhaiter une plus juste répartition. Pour quelle raison certains devraient être pauvres, simplement à cause du fait qu’ils ne sont pas nés au bon endroit ? La redistribution des richesses est une nécessité impérieuse, pour qui a un tant soit peu le sens de la justice. L’ampleur et le mode d’organisation de cette intervention des hommes sur la répartition des richesses sont les vrais problèmes…Et ces deux aspects de la question sont plus liés qu’il n’y parait de prime abord : selon le mode d’intervention choisi, l’ampleur ne sera pas forcément la même.

Don et redistribution, charité et solidarité : quelques définitions

Deux grands styles de re-répartition des richesses existent : le redistribution et le don.

Redistribution

Ensemble des opérations par l’intermédiaire desquelles une partie des revenus est prélevée sur certains agents économiques ou catégories sociales pour être reversée au bénéfice d’autres

Don

Action de donner, de céder gratuitement et volontairement la propriété d’une chose

La différence est claire : dans un cas (la redistribution) il s’agit de quelque chose d’organisé collectivement, et dans l’autre (le don) il s’agit d’un acte individuel. C’est pour ça qu’on peut relier ces deux modes à deux motivation, ou deux conceptions un peu différentes ; la redistribution va avec l’idée de solidarité :

Solidarité :

  1. Dépendance mutuelle entre les êtres humains, existant à l’état naturel et due au besoin qu’ils ont les uns des autres. Responsabilité mutuelle qui s’établit entre les membres d’un groupe social.
  2. Devoir moral, résultant de la prise de conscience de l’interdépendance sociale étroite existant entre les hommes ou dans des groupes humains, et qui incite les hommes à s’unir, à se porter entraide et assistance réciproque et à coopérer entre eux, en tant que membres d’un même corps social.

et le don va avec l’idée de charité :

Charité :

  1. Principe de lien spirituel, moral qui pousse à aimer de manière désintéressée.
  2. Amour mutuel des hommes, considérés comme des semblables; humanité, philanthropie
  3. Établissements, fondations, congrégations ayant ces actes pour but.

Il n’y a pas lieu, à mon avis, de discuter du bien-fondé moral de l’une ou l’autre de ces conceptions (charité ou solidarité) : l’une et l’autre sont intéressantes, et ce qui compte c’est plus l’efficacité des modes de redistribution qui vont avec, que leur valeur intrinsèque. Soyons pragmatiques. Ces deux approches sont nécessaires : il faut être solidaire, et il faut être capable de charité. Il faut du social, et de l’amour.

Différences de cultures : trop de solidarité tue la charité !

Aux Etats-unis, la charité est beaucoup plus développée qu’en France, où la redistribution organisée est forte. Les oeuvres charitatives, philanthropiques, et le mécenat privé sont beaucoup plus développés aux USA qu’en France. La question est de savoir ce qui est le plus efficace pour lutter contre l’inégale répartition des richesses. Un exemple tel que celui des restos du Coeur avait montré en son temps que l’initiative individuelle ou associative est plus réactive et plus efficace que la redistribution lourde organisée par l’Etat. C’était le message de Coluche : “les politiques en ont parlé, moi je l’ai fait!”. Notre système de solidarité, et de redistribution, en France, est tellement complexe qu’il en devient inefficace : pourquoi ne pas le simplifier, et en limiter le poids, pour redonner de l’air à la charité et aux initiatives du type “Bill Gates” ? Je laisse le mot de la fin à J.F. Revel, plaidant pour une plus grande souplesse et une plus grande liberté individuelle dans le choix du mode de redistribution :

Pourquoi les français qui en ont les moyens seraient-ils généreux, alors que la société les condamne précisément pour avoir acquis ces moyens ? La générosité n’est-elle pas à double tranchant dans un pays où l’argent doit se cacher et où, par conséquent, l’évergétisme est voué à l’exécration, sauf dans quelques rares cas, comme dans l’entretien d’une équipe de ballon rond ? Comment espérer s’attirer la reconnaissance de ses compatriotes en tant que bienfaiteur public, si le don a pour premier effet de signaler le donateur comme un être immoral, puisque possesseur d’une grande fortune ? La haine “chrétienne et révolutionnaire” de l’argent engendre ainsi une société non moins inégalitaire que d’autres, mais notablement plus avare, plus égoïste, plus hypocrite.

Jean-François REVEL

La Loi, la démocratie et ses limites…

19 mars 2007
Le malaise des sociétés démocratiques vient de ce que les mots ont perdu leur sens. A l’origine, en démocratie, les pouvoirs de l’État, contrairement à ce qui se passe en monarchie, étaient limités par la Constitution et par la coutume. Mais nous avons glissé progressivement dans la démocratie illimitée : un gouvernement peut désormais tout faire sous prétexte qu’il est majoritaire. La majorité a remplacé la Loi. La Loi elle-même a perdu son sens: principe universel au départ, elle n’est plus aujourd’hui qu’une règle changeante destinée à servir des intérêts particuliers. La démocratie s’est pervertie parce que nous avons confondu idéal démocratique et tyrannie de la majorité. Parce que nous croyons dans les idéaux de base de la démocratie: le suffrage universel et la suprématie du droit, nous nous sentons obligés de défendre des institutions particulières qui passent, à tort, pour leur seule traduction concrète. Seul le système capitaliste permet la démocratie. Lorsque le régime est dominé par une doctrine collectiviste, la démocratie finit inévitablement par se détruire elle-même. Le planisme mène à la dictature parce que la dictature est l’instrument le plus efficace de coercition et de réalisation forcée d’un idéal et qu’à ce titre elle est indispensable à une société planifiée. Le conflit entre planisme et démocratie surgit simplement du fait que cette dernière est un obstacle à la suppression de la liberté requise par la direction de l’activité économique. Mais dans la mesure où la démocratie cesse d’être une garantie de la liberté individuelle, il se peut qu’elle persiste sous une forme quelconque sous un régime totalitaire. Une véritable “dictature du prolétariat”, même démocratique de forme, au jour où elle entreprendrait la direction centralisée de l’économie, détruirait probablement la liberté individuelle aussi complètement que le ferait n’importe quelle autocratie. La règle de loi limite la compétence de la législation: elle la réduit, d’une part, aux règles générales des lois formelles, et s’oppose, d’autre part, à toute législation orientée d’après les intérêts d’une certaine catégorie de gens. La règle de loi implique la condition de n’employer le pouvoir coercitif de l’État que dans des circonstances définies d’avance par la loi; et exactement de la façon prévue. Tout amendement particulier enfreint la règle de loi. Quiconque conteste ce fait admet la légitimité des pouvoirs que les dictateurs ont obtenus par des moyens constitutionnels en Allemagne, Italie et en Russie.Friedrich VON HAYEK

Citation du dimanche #16

18 mars 2007
Le doute est le sel de l’esprit. Sans la pointe de doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries. Alain

Sur les “superprofits” …

16 mars 2007

Un petit billet juste pour signaler un article intéressant à lire aujourd’hui dans le Figaro : Qui profite des superprofits? . Y. de Kerdrel et L. Mauduit continuent leurs intéressantes controverses. Cet article m’a fait penser à un billet que j’avais écrit l’autre jour, concernant les “superprofits”. Une petite citation de l’article, pour la route :

Je vous l’avoue : moi, cela me laisse pantois. Il s’agit certes d’un record historique. Mais ce mot de superprofit n’a aucun sens. Ou plutôt si. Dans la bouche de ceux qui l’utilisent, il suggère que le bénéfice de Total serait excessif. Ce qui revient à dire qu’il y aurait une norme pour les profits : petits, ils seraient tolérables ; gros, ils seraient outranciers. Ceci procède d’une conception ringarde de l’entreprise qui me choque. C’est une conception de l’économie qui est profondément choquante et qui témoigne à quel point le pays a été gangrené par soixante ans d’idéologie marxiste. Qu’on en revienne donc aux bases : une entreprise est faite pour gagner de l’argent. Et plus elle en gagne, mieux cela vaut. Mieux cela vaut pour tous, pour les salariés, pour les actionnaires, les clients et même pour l’État. La seule question qui vaille : vaut-il mieux les profits historiques de Total ou les 10 000 suppressions d’emplois d’Airbus ?