Fonds d’investissement et emploi…
6 mars 2007J’avais entendu sur BFM l’autre jour un chiffre que j’ai cherché ensuite à retrouver. Je l’ai retrouvé sur le blog de jdch, “Aux innocents les mains vides”, dans un article intitulé “Ces “méchants” fonds d’investissement, la suite”. Il s’agissait de chiffres tirés d’un communiqué de presse de Ernst&Young et de l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC). Ce chiffre m’avait frappé parce qu’il prenait - comme souvent - à rebours l’opinion courante. Inspirés par les idées d’extrêmes gauche, les médias nous montrent toujours les fonds d’investissements comme des symboles du capitalisme financier prédateur destructeur d’emploi dans le seul but de rassasier la soif des méchants capitalistes (j’exagère, mais à peine). Datant du 28/11/2006, ce communiqué de presse rapporte les principaux points de l’étude réalisée sur le poids économique et social du capital investissement en France. Jdch dans son blog en faisait une bonne synthèse, et je reprends quelques points ici - parmi lesquels le fameux chiffre que j’avais entendu à la radio (2ème point) - :
- les entreprises ayant un fonds d’investissement à leur capital sont au nombre de 4850 (au 31 décembre 2005) et ont un effectif agrégé de plus de 1,5 million de salariés (soit plus que toutes les sociétés du Cac 40 réunies) soit plus de 9% des effectifs du secteur privé en France. Presqu’un salarié sur dix est concerné, et ce seuil a sûrement été dépassé en 2006.
- Ces entreprises ont vu leur effectif augmenter en France de 4,1% soit 60 000 créations d’emplois nets sur l’année 2004 (alors que les sociétés du Cac 40 ont vu leur effectif baisser de 0,2%). Les éventuels dégraissages et délocalisations massifs sont largement compensés par les embauches…
- Le chiffre d’affaires cumulé de ces entreprises a cru en France de 6,9% en 2004 (à comparer avec une croissance du PIB de 3%) et le chiffre d’affaires à l’export de ces sociétés a, quant à lui, progressé de 8,5%. Mauvais ni pour notre croissance ni pour notre déficit commercial…
- 55% des entreprises concernées comptent moins de 100 salariés et 92% moins de 1000. Confirmation que ce sont les PME qui générent de la croissance et des emplois (sachant que l’emploi privé n’a progressé en France que de 0,6% en 2004) et que celles qui sont bien capitalisées sont les plus contributives.
Pourquoi ces chiffres sont-ils passés quasi-inaperçus, et pourquoi ne sont-ils pas rappelés plus souvent ? Qu’en pensez-vous ?

