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La bataille du service minimum aura-t-elle lieu ?

10 mai 2007 | Imprimez cet article | Envoyez cet article

Deux jours, deux interviews, deux phrases qui m’ont fait sursauter. J’ai entendu sur BFM hier après midi René Valladon, secrétaire confédéral de FO, et ce matin Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT. Bien sûr, la question du service minimum est rapidement tombée. Ce qui m’a fait sursauter, à chaque fois, ce sont deux choses :

  • le niveau des réponses de ces représentants syndicaux
  • l’absence de réaction des journalistes face à des contre-vérités énoncées devant eux
Ce matin, Maryse Dumas nous a expliqué que “le service minimum est une atteinte au droit de grève”. Je comprends bien qu’il faut mettre le service minimum en place en faisant attention au droit de grève ; mais affirmer de manière aussi tranchée que les deux sont antinomiques, c’est un peu simpliste ! Et le droit des clients ? dans “service public”, il y a “service” et “public”. Quel service public quand il n’y a plus de service ? La CGT doit se réunir dans les prochains jours pour envisager une “grève préventive”… Hier, René Valladon, intérrogé sur le même sujet, nous affirmait péremptoirement que “la première revendication des usagers, c’est d’être prévenu suffisamment longtemps à l’avance [des grèves]” ! Là encore, pas de réaction de la part du journaliste ! La première revendication des usagers (clients), ce n’est pas d’être prévenus à l’avance, c’est d’avoir le service pour lequel ils ont payé ! Cette manière de parler à la place des autres sans savoir ce qu’ils pensent (ou en feignant de ne pas le savoir) est assez insupportable ; en même temps, c’est normal pour un syndicaliste français en 2007 ! Je ne m’amuse pas à l’avance d’éventuels conflits dans les transports publics à propos du service minimum : j’ai suffisamment galéré dans les grèves de métro pour vouloir les éviter à ceux qui le prennent…Il me semble qu’il y a tout de même moyen de respecter les clients de ces services, tout en respectant le droit de grève. Ceux qui jouent le conflit ne doivent pas avoir le dernier mot. L’espoir ici est que les syndicalistes, visiblement insensibles à l’intérêt général et assez peu intéréssés par un service public de qualité, ne soient pas suivis à la SNCF et à la RATP : ce qui n’est pas impossible vu le peu de gens qu’ils représentent !

Evolution du taux de syndicalisation en France

Légende : Evolution du taux de syndicalisation en France - de 1949 à 1993 inclus, estimation à partir du nombre de cotisations syndicales (en déduisant les 20 % de cotisations correspondant aux salariés en retraite) [1] – de 1996 à 2004 inclus, estimation à partir de l’Enquête Permanente sur les Conditions de Vie des Ménages de l’Insee.

Et vous ? pensez-vous que le service minimum soit nécessaire pour la qualité du service public, ou pensez-vous que c’est une atteinte au droit de grève ?

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7 commentaires à “La bataille du service minimum aura-t-elle lieu ?”

  1. Jacques a dit :

    Faites grève, mais pas trop… L’idée d’un service minimum ne me parait pas très logique. Quand on fait grève, ce n’est pas pour faire plaisir aux usagers des services publics. C’est pour créer des problèmes et avoir un moyen de pression. Donc l’idée d’un service minimum, c’est comme si on autorise quelqun à avoir un couteau pour se défendre, mais seulement en plastique et à bout rond. Les solutions du gouvernement, ce ne doit pas être d’empêcher les gens de faire grève et d’assurer un service minimum, mais de résoudre les problèmes par la discussion et en faisant des compromis avant de faire grève si on veut améliorer le système. Il y a des pays ou il n’y a que très rarement des grèves car le gouvernement discute avec le syndicat des cheminots avant de les envoyer travailler à l’autre bout du pays. Je vois pas pourquoi la priorité d’un nouveau gouvernement serait de réduire les moyens de pressions des fonctionnaires alors qu’il devrait plutôt proposer des réformes difficiles et justes sans commencer à parler confrontation et grève. Ca veut dire, attention on va pas discuter, on cherche le rapport de force, ca va bastonner!

    Les médias, la blogosphère et certains politiques ne mettent pas en avant qu’elles pourraient être les réformes, réduction des déficits, allongement de l’âge de la retraite, avantages pour les usagers, plus de train, de métro moins de pollution mais plutôt ils lancent un débat sur le service minimum… Ca ne me paraît pas être la bonne solution.

  2. LOmiG a dit :

    salut Jacques ! et merci pour ton commentaire ! Bien sûr que c’est un moyen de diminuer les moyens de pression des fonctionnaires. Mais ce n’est pas le gouvernement qui parle de grève, ce sont les syndicats…et je pense qu’il est très dangereux d’assimiler les fonctionnaires dans leur ensemble aux délégués syndicaux qui ne représentent que 10% du total… Je crois que sur cette question Sarkozy proposait que les partenaires sociaux se mettent d’accord pour trouver des solutions entre eux, et que le gouvernement n’interviendrait que s’ils ne parviennent pas à se mettre d’accord. Enfin, je pense que limiter le droit de grève dans la fonction publique n’est pas choquant : il y a beaucoup de pays où “service public” = “pas de grève”. Tout dépend si l’on accepte ou pas que le service public soit au service d’une partie de la population qui s’en sert pour défendre son intérêt propre, ou au service de l’ensemble de la population. non ? Il me semble que tu as du connaitre les grèves à Paris ? Tu te sentais solidaire des grévistes ? a bientôt, merci encore pour ton commentaire.

  3. Jacques a dit :

    Solidaire des grèvistes? Pas solidaire? Désolé, le problème, c’est pas ça, c’est pas d’opposer grèvistes et usagers pas contents. Les 10% de syndiqués aux autres. Pas de monter les uns contre les autres. Ce qu’il faut c’est résoudre les problèmes des transports en commun sans utiliser la manière forte, sans arriver à des grèves généralisées qui bloquent le pays.

  4. LOmiG a dit :

    Je suis d’accord avec toi, Jacques (et je reconnais là ton caractère doux et favorable au compromis), mais tout de même : il ne faut pas opposer usagers et grévistes, d’accord ! mais qui joue l’opposition depuis longtemps… Ok pour le compromis, mais avec des gens ouverts à la discussion. Un compromis ne se fait pas tout seul, mais à deux. Mettre en place un service minimum ne me semble pas une atteinte démesurée aux avantages acquis des fonctionnaires en question ; c’est simplement réaffirmer que le service public est quelque chose qui est de l’ordre de l’intérêt général, et qui ne peut être organisé uniquement selon les desirs d’une petite partie de la population. C’est juste réaffirmer la démocratie, en gros. Non ?

  5. max a dit :

    Salut Jacques, salut lomig J’ai vu une émission très intéressante hier soir sur France 5, qui parle, entre autres, de ce sujet et réunit le responsable de la CGT (si je me souviens bien), Jacques (un autre…) Marseille, et deux politologues intéressants. C’est en fait l’emission “C dans l’air”: “Social: Sarko sous surveillance”. On peut le voir en streaming sur la page d’accueil du site: http://www.france5.fr/cdanslair/index.cfm

    ça dure 1h en gros.

    MAx

  6. LOmiG a dit :

    Merci pour le lien : j’y cours dès que j’ai un peu de temps…sinon je fais refaire un billet sur la réforme de la fonction publique, parce que j’ai entendu à la radio une émission très intéressante sur ce sujet, basée sur le modèle suédois : les langues se délient après plusieurs années où les gars comme Jacques Marseille - justement - faisaient un peu cavalier seul pour dénoncer les abus gigantesques et scandaleux dans la fonction publique. a bientôt et merci pour le lien ! :grin:

  7. La grêve de la fin ? » article » Expression Libre a dit :

    [...] de personnes et d’entreprises, et qu’elles sont le fait d’un minorité agissante (représentant moins de 8% des salariés). Le tout au service d’un privilège (privi-lège : littéralement “loi privée”, [...]

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