6 questions à … Laure Allibert, de “Quitter la sécu”
11 octobre 2007 | Imprimez cet article |
On continue la série d’interview de la blogosphère politique française ! Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter les réponses de Laure Allibert, dont le blog s’intitule Quitter la sécu. Le sous-titre de ce blog libertarien ? “Un blog libertarien qui ne pratique pas le libéralisme mou!”. Si vous voulez découvrir une blogueuse qui sort de l’ordinaire, et qui frappe souvent juste, lisez l’interview ! Vous retrouverez les autres interviews dans la catégorie “interview” de ce blog.
Peux-tu faire un historique rapide de ton blog ?
Créé en 2004, mon blog développe le thème de la liberté sociale, dans la mouvance de la fin du monopole de la Sécurité sociale en France. Petit à petit, il est devenu un blog politique qui pratique l’humour aussi bien que l’invective “citoyenne”.
Pourquoi blogues-tu ?
Je blogue pour donner mon avis sur tout, et surtout mon avis !
Comment te positionnerais-tu sur l’échiquier politique ?
Positionnement politique impossible pour une libertarienne qui est pour le maximum de liberté individuelle, tant pour les moeurs, la religion, la liberté d’expression, qu’économiquement. S’il faut absolument se positionner : proche d’Alternative libérale.
Quel est ton avis sur les réformes mises en oeuvre par Sarkozy et le gouvernement Fillon ?
Trop peu, et peut-être trop tard. Le bateau est en train de couler mais les rats ne peuvent pas quitter le navire. Pendant ce temps, l’équipage chante sur le pont, très fier de montrer son importance.
Quel est ton avis sur les pistes à suivre pour réformer le PS ?
Reconnaître la légitimité du système économique capitaliste et enterrer le marxisme une fois pour toutes. Arrêter la promotion du paternalisme (ou maternalisme ?) et de l’assistanat.
Quel est ton point de vue sur l’Islam ? Penses-tu qu’il représente un danger pour la démocratie ?
Il ne faut pas juger les gens sur ce qu’ils disent, mais sur ce qu’ils font. Tant que ceux qui se réclament de l’islam respectent le principe de non-agression libertarien (”ne fais pas aux autres, etc.”), il n’y a pas de problème. L’Etat doit interférer le moins possible avec la religion, finis les “hauts conseils de l’islam” et autres comités théodules. La liberté religieuse doit être intégrale, de même que les fildèles ne doivent pas compter sur l’Etat pour les financer.
Un grand merci à Laure Allibert ! Je vous invite, comme d’habitude, à réagir à ses réponses en commentaires, ici, ou sur son excellent blog Quitter la sécu.


11 octobre 2007 à 8:46
salut Laure,
et merci beaucoup pour tes réponses.
Je me retrouve assez en phase avec les idées libérales, voire libertariennes. Si je peux me permettre une critique de fond, appelant à la discussion :
J’ai l’impression que les idées libértariennes (en gros état minimaliste, qui assure la propriété et la sécurité) sont bonnes, mais un peu idéales. Dans les faits, on ne part pas de zéro, on part de la société telle qu’elle est. Et cela impose, à mon avis, s’il faut conserver en tête cet idéal libéral, de savoir assouplir cet idéal pour le rendre utile dans l’action, et effectif. Ton avis sur la politique du gouvernement est en ce sens trop dur : en partant d’un pays quasi-communiste, il faut bien commencer par enfoncer le coin, et cela consiste à mener, comme le font Sarko et Fillon, un politique plutôt libérale au sens anglo-saxon du terme (à gauche, donc). non ?
On ne peut pas sortir de 30 ans d’Etat providence d’un trait de plume ; il faut manoeuvrer habilement pour avancer. C’est mon sentiment, qu’en penses-tu ?
Je répète que je suis ok sur la ligne de fond politique que l’on peut lire sur ton blog, dans l’idée. Dans l’application, il me semble que c’est plus complexe.
à bientôt !
11 octobre 2007 à 9:25
Je comprends bien ton objection, mais mon rôle est sans doute de “pousser à la roue” pour aller plus vite. Si on regarde les “réformes” annoncées, il n’y a rien de très spectaculaire. Réformer les régimes spéciaux, ce n’est pas résoudre le problème des retraites, qui reste toujours crucial (il aurait fallu aller vers la fin de la retraite par répartition, comme cela a été fait ailleurs). Pareil pour la sécu : alors que l’échec de la “réforme” de 2004 est clair, on continue dans les mesurettes pour essayer de prolonger l’agonie du système. Jouer les Gorbatchev dans un pays soviétique, ça ne dure qu’un temps.
De toute façon, on vous accusera d’être “ultralibéral” que vous souteniez les réformes de Sarkozy ou que vous soyez plus radical, comme moi. J’ai opté pour une position radicale, pour bien signifier que ces réformes sont insuffisantes. Le “sang et les larmes” sont remis à plus tard : ce sera d’autant plus douloureux quand la crise réelle arrivera.
11 octobre 2007 à 10:36
Chers amis,
Le comptable de l’Entreprise ou je suis salarié me demande les textes juridiques qui éxonére mon employeur du versement de la part patronale d’assurance maladie ainsi que la CSG et CRDS.Pouvez vous me renseigner?
Merci d’avance
11 octobre 2007 à 10:37
Salut Laure,
oui, tu as raison : il faut pousser à la roue, sinon personne ne prendra clairement position pour expliquer que l’Etat omniprésent fait perdre de la liberté…
Je te rejoins sur le manque de courage politique, sur certains points. Mais il faut rester, coûte que coûte, dans une logique de Responsabilité : les actions décidées doivent non pas être guidée par les convictions affirmées (je pense que Fillon est assez libéral), mais par l’efficacité réelle. Je pense que c’est l’explication de la “tiédeur” du gouvernement : ils ont conscience qu’il faut y aller en douceur pour faire passer leurs réformes. Est-ce que cette “lenteur” sera efficace ou au contraire rendra impossible le changement ? l’avenir nous le dira !
à bientôt !
11 octobre 2007 à 11:12
Je suis de l’avis de Lomig, même si pour obtenir le minimum obligatoire faut-il demander le plus.
Mais les réformes annoncées ne se résument pas à celles des régimes spéciaux : cela me semble vraiment réducteur. F.Fillon a “osé” déclarer hier qu’il y aurait moins d’Etat, donc moins de services publics.
Même s’il y a eu recul dans la réforme de l’Enseignement Supérieur, la “simple” autonomie des Universités est une révolution, dont il est difficile de mesurer les effets immédiatement.
Les choses bougent, dans tous les domaines. De nombreux débats ne sont plus tabous. Mais il est évident que dans un pays à la tradition ancienne du Tout Etat Providence, il faut y aller en douceur pour ne pas risquer un retournement des mentalités qui semblent prêtes à évoluer, majoritairement ; c’est encore fragile.
Cela dit, tout en étant libérale, je tiens aux fonctions régaliennes de l’Etat : sécurité au sens large, Justice, Santé, Education. Etant entendu que dans certains domaines (Santé et Education par exemple), une plus grande marge de manoeuvre libérale est possible sinon souhaitée, évidemment.
11 octobre 2007 à 12:59
Il n’y a pas de textes juridiques qui exonérent l’employeur du versement de la part patronale d’assurance maladie ainsi que la CSG et CRDS, car toutes ces sommes sont partie intégrante du salaire et devraient être versées directement au salarié (ce qui n’est pas fait aujourd’hui).
Sur mon site, en partie droite, vous trouverez plusieurs liens à ce sujet. Quitter la SS reste encore très difficile, car les administrations françaises (et surtout les tribunaux) refusent de reconnaître les directives européennes. Plusieurs cas sont parvenus au niveau de la Cour de cassation, et on attend des résultats dans les mois qui viennent. D’ici-là, prudence !
11 octobre 2007 à 13:00
Santé et Education ne font pas partie des fonctions régaliennes, et l’Etat s’en acquitte très mal.
11 octobre 2007 à 13:15
Pour les tenants de l’Etat minimal, non. Vous incluez d’ailleurs la monnaie (normal), à la sécurité et à la Justice.
On a le droit de considérer que Santé et Education peuvent et doivent être une de ces fonctions étatiques, ce qui n’exclut pas la prise en charge de ces dernières par le Privé ; c’est ce qui se passe d’ailleurs chez nous.
“L’Etat s’en acquitte trés mal” : oui, mais ce ne fut pas toujours le cas. Et il n’y a aucune fatalité à ces échecs.
11 octobre 2007 à 13:18
débat intéressant que de savoir s’il est possible que l’état s’occupe moins mal de la santé et de l’éducation. Qu’il le doive, c’est sûr ! par respect pour les contribuables…qu’il puisse, c’est une autre question !
à bientôt
11 octobre 2007 à 15:16
Lomig,
Nous n’avons pas toujours été dans la situation que nous connaissons actuellement, et qui ne cesse de se dégrader depuis 1981 !
Pour ce qui est du PIB, strictement comptable mais c’est important, nous sommes passés du sixième au dix-septième rang entre 1980 et 2004.
Pour ce qui est de l’indicateur du développement humain (IDH), plus détaillé et calculé chaque année par l’ONU, j’ai les rangs depuis 1990 (aprés 9 ans de politique de gauche, avec trois années d’application des 110 propositions massacrant tous les domaines !).
Cet indice combine et pondère trois critères : le niveau de vie, la santé et longévité (espérance de vie) et le savoir (taux d’alphabétisation des adultes et taux de scolarisation dans le primaire, le secondaire et le supérieur): entre 1990 et 2003, la France est passée de la huitième place à la seizième !!
Et cet écart s’est creusé principalement sur deux critères : le niveau de vie (PIB/habitant) et le savoir !
Notre système éducatif fût bon, bien que sous contrôle de l’Etat : il ne faut pas juger sur ce qu’il est devenu, par la faute d’une inadaptation aux problèmes nouveaux qui se sont présentés et multipliés.
Quant à la Santé, je ne sache pas que les Français soient parmi les plus mal lotis de la planète ! Certes, là aussi des retards commencent à s’accumuler en termes de moyens.
Mais tout ça peut trés bien se corriger avec une économie saine…pour peu que les volontés politiques d’agir ne soient pas dévoyées par une idéologie mortifère !
11 octobre 2007 à 15:50
Salut anne,
merci pour ces éléments de réflexions…que je connaissais puisque j’ai écrit un article sur l’IDH il y a peu !
Oui, nous avons dégradé notre niveau de vie et notre éducation. Ce qu’il faut, c’est que le constat soit rappelé sans cesse. QUand je discute avec mes collègues, beaucoup sont persuadés que l’école française est un modèle d’efficacité et d’éducation. Je suis obligé d’aller leur chercher les études de l’OCDE, pour leur montrer que nos élèves ne sont pas très bon, et qu’on dépense des sommes énormes pour arriver à ce résultat !
y’a du boulot !
à bientôt !
16 octobre 2007 à 18:05
Un de mes amis médecins traîne même au pénal le patron de l’URSSAF, au motif que ce dernier “lui refuse un avantage auquel il a droit”.
16 octobre 2007 à 18:40
salut Richard,
de quel avantage s’agit-il ?
16 octobre 2007 à 23:32
au moins Laure s’assume. Je ne tiendrai pas 2 secondes dans ta peau. Seule et fière de l’être. pourquoi pas ? Sans moi. Désolé, je ne sais pas quoi dire.
dur
19 octobre 2007 à 19:09
Merci Laure pour tes conseils…je vais voir ce que je peut faire de mon côté!