Abonnez-vous par mail !
Abonnement RSS
Membre de LHC

6 questions à … CSP, de “Comité de Salut Public”

15 octobre 2007 | Imprimez cet article |

Le blog d'un militant LCROn continue la série d’interview de la blogosphère politique française ! Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter les réponses de CSP, dont le blog s’appelle CSP - Comité de Salut Public. Je ne pourrais certainement pas lui faire plus plaisir qu’en le décrivant comme un blogueur “engagé”, nom que par ailleurs je déteste…! Si vous voulez découvrir un blog d’extrême gauche, lisez l’interview ! Vous retrouverez les autres interviews dans la catégorie “interview” de ce blog.

Peux-tu faire un historique rapide de ton blog ?
C’est un copain, Olivox pour ne pas le nommer, qui m’a encourager à m’exprimer sur ce support, et je l’en remercie sincèrement. Autant j’étais sceptique au début, circonspect pour le moins, autant à présent je ressens une vraie jubilation à écrire mes billets, plaisir redoublé par le fait d’être lu, et qu’on apprécie ce que j’écris, évidemment…
Pourquoi blogues-tu ?
Pour pouvoir exprimer des idées, pour gueuler, par narcissisme, aussi, évidemment : on laisse toujours transparaitre quelque chose de soi, dans un blog, c’est une forme de journal extime. C’est très contemporain, comme phénomène, ce besoin de partager, de faire savoir qu’on existe, de revendiquer une singularité…
C’est aussi une tentative de faire passer certaines idées politiques sous une forme différente, sans la langue de bois militante que je trouve insupportable, inaudible, pesante, dépassée. Il suffit d’aller sur les blogs et sites de militants politiques, c’est une abomination, et tous bords confondus : des copiés-collés des discours des chefs, un esprit de sérieux suffocant, aucun recul, aucun humour, l’Horreur. La politique comme on ne voudrait plus qu’elle existe, le repoussoir absolu.
Or, il est quand même avant tout question de passion(s), dans cette histoire. On peut rationaliser tant qu’on veut, mais c’est une affaire d’émotions et d’affects, la politique, il ne faut surtout pas l’oublier, ni le nier ! Et j’essaie donc de faire passer ces émotions, ces passions, et de voir si d’autres peuvent les partager, pourquoi pas ?
Et bloguer, c’est sans doute aussi une façon de réconcilier les deux parties de ma personnalité : le côté psychorigide - moralisant - relou - kesta connard ? - no fun at all, et le côté Ouarf ouarf - rien à foutre - oh my god they killed Kenny. Genre.
Comment te positionnerais-tu sur l’échiquier politique ?
Je suis militant de la LCR, à jour de cotises et tout et tout. Trotskyste décomplexé, ou archéo-marxiste, ou néo-bolchevik, comme on voudra. Plus sérieusement, si il fallait choisir une ligne, ce serait besanceno-chaviste. J’aime l’enthousiasme et la sincérité de ces deux là, leur énergie et la volonté d’agir leurs convictions, de les inscrire dans le concret. Et j’aime aussi l’espoir qu’ils incarnent, qui va au-delà de leurs personnes, et qui tranche dans une gauche occidentale qui passe son temps à se demander comment elle va encore reculer un peu plus.
Quel est ton avis sur les réformes mises en oeuvre par Sarkozy et le gouvernement Fillon ?
Rien de positif, cela va de soi. On a affaire à une droite qui n’est plus celle qu’on a connu, une droite d’autant plus agressive qu’elle a gagné la bataille des idées, et se trouve en terrain d’autant plus conquis qu’il est labouré depuis trente ans par l’idéologie néolibérale, laquelle a contaminé des pans entiers de la société, y compris une certaine “gauche”. Les “réformes” ne sont autre chose que la volonté brutale de la classe dominante d’aligner la France sur les nouvelles exigences de la mondialisation capitaliste, et il est nécessaire pour les satisfaire de briser tous les acquis sociaux existants. Ce pour l’unique bénéfice des nantis, puisque la théorie selon laquelle plus ils s’enrichissent, plus ils redistribuent est fausse : ils s’enrichissent et ne redistribuent rien ! Mais injectent cet argent dans une bulle financière qui n’en finit plus d’enfler et ne produit que de l’argent. Et il en faut de plus en plus, d’où les “réformes”, qui ne sont au final que l’extorsion légalisée qui frappera les plus démunis comme les classes moyennes.
Ce qui marque une différence nette, en revanche, c’est la méthode employée : Sarkozy évitera autant que faire ce peut le choc frontal, et lance plusieurs projets en même temps, dans ce qui n’est qu’une apparence de confusion. Mais au final, ces “réformes” sont lancées, et vont se déployer et s’approfondir dans le temps. Une technique de “un pas en arrière, deux pas en avant” qui sait que le temps est son allié, et peu importe que les plus “ultra” des libéraux grincent des dents : tout se mettra en place à son rythme…
D’autant qu’en face, le néant est complet : le PS est écartelé entre ses contradictions qui lui reviennent en plein visage, la stratégie de “l’ouverture” le décrédibilise, et la guerre des chefs épuise des militants dont on ne peut qu’espérer qu’ils décident enfin qu’ils en ont ras-le-bol d’avaler des couleuvres depuis si longtemps…Mais j’anticipe sur la question suivante ;
Quel est ton avis sur les pistes à suivre pour réformer le PS ?
Je ne pense pas le PS “réformable”. Il est coincé entre sa base électorale clairement de gauche, et sa tentation droitière. Ca fait des années qu’ile joue dans cet entre-deux permanent, sauf que maintenant, ça commence vraiment à se voir. Une scission ? je n’y croie pas. La machine est solide, et il existe un patriotisme d’organisation très fort en son sein. Il est plus simplement probable que le Parti Socialiste va continuer à dériver vers le centre en se rapprochant du MoDem, ce qui arrangera bien Bayrou qui se sait un peu limite en ce moment…
Ensuite, la politique a horreur de vide ; tout l’espace qu’il laisse à sa gauche devra être rempli. Et j’ai une petite idée sur ce qui est susceptible de combler ce vide…
Quel est ton point de vue sur l’Islam ? Penses-tu qu’il représente un danger pour la démocratie ?
En aucun cas l’Islam ne représente un danger pour la démocratie, pas plus que le christianisme ou le judaïsme ; et il n’y a pas non plus de menace tangible du côté de l’islamisme radical, contrairement à ce qu’une lecture superficielle pourrait faire penser. Il y’a des attentats spectaculaires et épouvantables, qui frappent l’opinion et font croire à une menace organisée contre l’occident ; mais on oublie qu’Al-Qaïda n’existe pas en tant qu’organisation ! C’est un “label” dont n’importe qui peut se revendiquer, et d’une façon générale, le monde musulman est trop fractionné, trop divisé, trop éclaté entre différents pays, chapelles, foules de croyants honnêtes et minorités activistes, pour concerter efficacement une menace mettant en péril nos démocraties.
L’Islam, c’est l’adversaire commode qu’une partie du monde occidental s’est choisi pour remplacer le communisme après la chute du mur ; d’ailleurs, faites l’expérience : remplacez “islamisme” par “communisme” dans les commentaires d’actualité, c’est la même hystérie, les mêmes accusations, la même agressivité qu’aux plus belles heures de la guerre froide ! Et on sait désormais à quoi s’en tenir sur cette fameuse “menace” communiste…
Ensuite, l’Islam, c’est loin d’être rose, et notamment concernant la place qu’il accorde aux femmes. C’est pour ça que je suis contre le voile, à l’école comme ailleurs, qui plus qu’un signe d’appartenance identitaire est un symbole d’oppression : on exige des femmes de se cacher, rien moins…
Un grand merci à CSP pour ses réponses très honnêtes ! Je vous invite, comme d’habitude, à réagir à ses réponses en commentaires, ici, ou sur son blog CSP - Comité de Salut Public.

ExpressionLibre est membre du réseau LHC

Continuez votre lecture avec :

25 commentaires à “6 questions à … CSP, de “Comité de Salut Public””

  1. LOmiG a dit :

    Salut CSP,
    merci d’avoir répondu à ces questions !
    je réagis juste sur un point (il y en a beaucoup sur lesquels nous ne sommes pas d’accord…) :
    Tu dis “Rien de positif, cela va de soi” concernant les réformes mises en oeuvre par Sarkozy. J’aimerais que tu m’expliques le “Cela va de soi”. Est-ce à dire que, quelles qu’aient été les réformes mises en oeuvres, elles n’auraient pu trouver grâce à tes yeux ?
    à bientôt !

  2. jmj arras a dit :

    J’ai lu avec beaucoup d’interet l’interview de Comité de Salut Public et même, si je ne partage pas les mêmes convictions, j’ai toujours du respect pour les personnes qui défendent leurs idées. Bien évidemment, un certain nombre de points discordants nous opposent mais là n’est pas le problème car cela peut être, au contraire, l’occasion d’un débat intéressant, toutefois, comme Lomig, jepense qu’il serait nécessaire de préciser ce que signifie le “Cela va de soi” et de nous en dire davantage à ce sujet.

  3. CSP a dit :

    Merci à toi de m’accueillir, c’est d’autant plus méritant qu’en effet, nous ne sommes pas d’accord sur beaucoup de choses…
    Je suppose d’ailleurs que ça va provoquer plusieurs commentaires de tes lecteurs, auxquels je répondrai dans la mesure du possible (journée de boulot chargée…)
    Cependant, je tiens à avertir : je ferai (pour une fois…) l’effort de rester courtois, afin de jouer le jeu jusqu’au bout; j’attends donc la même chose de mes interlocuteurs.Et si pour seuls arguments, on me sort “totalitarisme”, “les extrêmes”, “Corée du Nord”, ou pire, “antisémitisme” (ça arrive, malheureusement…), c’est simple: je ne réponds pas.

    “Cela va de soi”, pace que ces “réformes” ne sont pas, contrairement à ce qui est seriné à longueur de médias, la planche de salut d’un pays qui serait au bord du gouffre, voire “en failitte” ; 3ème pays au monde pour la productivité par heure de travail, la France va bien, merci pour elle. Mais pour faire passer le hold-up social de ce gouvernement, il faut diffuser l’image d’une “France qui tombe”, préalable indispensable qui prépare les esprits à l’inadmissible (franchises médicales, service minimum, peines planchers, etc, etc).
    “quelles qu’aient été les réformes mises en oeuvres, elles n’auraient pu trouver grâce à tes yeux ?”
    Nullement. Par exemple, j’aurais fort bien accueilli des réformes qui auraient consisté à taxer lourdement les stock-options (comme l’a recommandé le pas franchement à gauche Philippe Seguin…), la re-nationalisations des ex-entreprises publiques vendues au privé, le retour au public du secteur de l’eau, l’arrêt net des subventions aux entreprises qui délocalisent avec injonction de rendre l’argent sous peine de condamnations pénales, une réforme de la fiscalité selon le revenu où chacun participe à hauteur de ses moyens, la taxation des profits des entreprises pharmaceutiques, un recrutement franc et massif des services de l’inspection du travail…Les idés ne manquent pas.
    Je ne suis donc pas contre des “réformes”, mais ça dépend dans quel sens, et surtout quel intérêts elles servent.

  4. LOmiG a dit :

    salut CSP,
    bien sûr que nous resterons polis et courtois…!
    Juste une remarque : je suis d’accord avec toi, une politique ne peut avoir de sens que si elle part d’un constat sur la réalité. Or, tu commences par faire ton propre constat pour expliquer que la France va bien économiquement, ce qui est faux :

    1. la productivité n’est pas un bon indicateur à lui tout seul : j’en ai déjà parlé dans d’autres billet, la productivité prend en compte ceux qui travaillent uniquement. Donc un fort taux de chômage n’affecte pas la productivité, alors même que ça reflète l’activité globale. En gros, si tu ne fais courir que les meilleurs, c’est pas dur d’avoir une bonne moyenne !
    2. Malgré ce que tu veux bien faire penser, la France a vu son rang économique dans le classement des nations baisser régulièrement depuis 20ans. Ce n’est pas une raison pour s’affoler, mais pour intégrer dnas la politique qu’il faut quand même redresser la barre. Les faits contredisent tes propos : la France à décliné sur certains aspects économiques majeurs, et il faut mener une politique permettant de corriger ces aspects…!

    à bientôt !
    PS : j’ai oublié de préciser qu’on se retrouve en accord sur le voile, qui est, à mon avis également, un instrument d’aliénation des femmes.

  5. RoseNoire a dit :

    Ahh…l’occasion de poser des questions à CSP en terrain (plus ou moins) neutre. J’en profite immédiatement.
    Contrairement à ce que certains préjugés pourraient faire croire, je ne me roule pas à terre en bavant dès que quelqu’un mentionne les mots socialisme ou communisme.

    J’aimerais donc savoir une chose:
    L’enfer étant souvent pavé de bonnes intentions, j’aimerais savoir comment tu comptes éviter, dans le cas où une révolution/prise de pouvoir/whatever aurait lieu, les habituels débordements qui ont systématiquement lieu après des tentatives de ce genre. A savoir les épurations, ré-éducations, exactions et autres camps de redressement. A moins que tu n’approuves ce genre de truc comme étant du dommage collatéral inévitable.

    Et, à titre plus personnel, qu’est-ce qui m’empêche d’imaginer qu’une personne aussi instinctive et émotionnelle que toi ne déraperait pas assez rapidement dans des circonstances de tension extrême? Sans vouloir faire de procès d’intention, dans des conditions de quasi guerre civile, je n’aimerais pas savoir des “opposants sarkozystes” désarmés entre tes mains.

  6. LOmiG a dit :

    salut RoseNoire,
    et merci de venir participer à la discussion, en posant une question que j’ai envie de poser à tous les “révolutionnaires” : comment peut-on penser la “table rase” sans y inclure de la violence. L’histoire a montré que TOUTES les révolutions ont fait couler du sang. Qu’en disent les révolutionnaires ? assument-ils cette violence contenue dans leurs convictions politiques ?

  7. bongo a dit :

    Bonjour,
    merci pour cette interview très intéressante et avec laquelle je suis à peu près d’accord sur tout, mis à part le coté soutien à Chavez (un type qui parle de Dieu tout le temps et dont la comm ressemble à du Sarkozy ne peut pas m’enchanter complètement). Enfin bref tout cela n’est pas bien grave, et je préfererai quand même un Chavez à un Sarkozy.

    Un petit mot sur les révolutions qui font couler du sang. Tout d’abord une révolution pacifique peut très bien avoir lieu, sans effusion de sang et par les urnes (voir Allende par exemple). D’ailleurs il ne me semble pas que la ligue soit en train de monter un camp d’entrainement à la guerilla, mais plutot un nouveau parti politique plus ouvert. Il est par contre certain qu’en cas de victoire de la gauche et si quelques mauvais perdants tentaient de saborder le nouveau pouvoir, cela pousserait une frange de la gauche dans le radicalisme.

    La violence sera donc évitée grâce aux libéraux qui accepteront la défaite avec le sourire :)

    Sinon on tombera effectivement dans le dommage collateral inévitable. D’ailleurs j’aimerai bien qu’on m’explique où on range les laissés pour compte de notre société actuelle, dommages collateraux du modèle économique actuel ?

  8. LOmiG a dit :

    salut Bongo,
    merci pour ton commentaire.
    Juste une remarque sur ce que tu dis : la révolution pacifique, sans bain de sang, et par les urnes, ça s’appelle simplement la démocratie. Dans ce cas, pourquoi continuer à s’afficher comme révolutionnaire ?
    Personnellement, j’accepte toujours le verdict des urnes.
    à bientôt !

  9. CSP a dit :

    Pfou, y’a plein de trucs à dire, et je n’ai qu’une heure…(journée TRÉS chargée, là, vraiment…)
    Bon.
    Pour commencer, non, désolé, la France n’est ni en déclin ni en failitte. Un pays en failitte, c’était l’Argentine de 2001 qui a été brisée par les réformes brutales (et libérales…) imposée par le FMI; et là, c’était gravissime, émeutes de la faim, etc. Penser qu’on est au bord de ça est absurde, pour le moins.La productivité n’est pas le seul indice de santé d’un pays, en effet.Mais je me méfie également des “classements” qui ne sont jamais neutres (j’aimerais à ce sujet connaître des sources précises à ce sujet, si tu en as).
    Il faut insister sur la dimension idéologique de cette vision du pays, car rien n’est neutre ni objectif, ben non: on trouvera toujours des instituts, des documents, des PDF, des trucs et des bidules pour prouver par A+B que tout fout le camp, ou que tout va mieux…
    Ce que je constate, c’est une productivité forte, donc de la production de richesses, lesquelles, et c’est là où ça coince, ne sont pas redistribuées. C’est sans doute d’ailleurs une piste pour, précisément, “redresser la barre” : arrêter d’expliquer que tout va mal, alors que c’est faux, et redistribuer richesses ET temps de travail, afin que tout le monde en ait un (de travail).
    Mais ce ne sont pas des opinions qui vont dans le sens du vent actuel…

    Pour ce qui est de la violence, là aussi, c’est vaste…
    Il faudra que je demande leur opinion aux prochains sans-papiers que je croiserai à l’aéroport.
    Car je n’ignore évidemment pas que l’argument de la violence est sur-utilisé pour décridibiliser les contestataires. Ensuite, il faut se poser une question simple : quelle violence ? Et surtout, d’où vient-elle ?
    Violence, l’exploitation au travail qui peut pousser au suicide, et sans aller jusque là, use et brise ceux qui sont obligés de la subir ;
    Violence, les “ajustements structurels” du FMI et de la Banque Mondiale qui ruinent des pays entiers ;
    Violence, les délocalisations imposées par des actionnaires obsédés par les seuils de rentabilité, et qui ruinent des régions entières ;
    Violence, le racisme d’État qui sévit actuellement pour complaire à l’électorat frontiste ;
    Violence, les parachutes dorés quand le salaire minimum n’augmente pas ;
    Et j’en passe…
    Et ce n’est pas la gauche radicale qui mène tout ça, ce me semble.En tout cas, ce n’est pas, mettons, Chavez qui met des pays à feu et à sang, mais bel et bien les États-Unis…
    Ensuite, des révolutions sont possibles “légalement”, l’Amérique Latine entre autres l’a montré; et même, quand on y pense, la gauche antilibérale a déjà été au pouvoir en France : en mai 81! (mais si, souvenez-vous, le PS était de gauche…)
    Je n’ai pas souvenir qu’on ait éxecuté des militants RPR à l’époque.
    Et aussi, la signification de la violence politique a changé; 1917 ou 1789 ne me semblent pas possibles, le processus de civilisation est suffisamment abouti de nos jours pour penser que les bains de sang, personne n’en veut, y compris nous.
    Cependant, si la gauche radicale arrive au pouvoir, elle se trouvera confontée à l’hostilité des classes dominantes. Comment y répondre ? Celà, ça dépendra de son degré d’agresivité à elle, d’abord…
    Mais il y’aura des moments où il faudra se montrer ferme, sans doute.Et personellemnt, c’est quelque chose que j’assume très bien.
    Mais rassure toi, RN: tu auras droit à un traitement de faveur; je serai un commissaire politique gentil…

  10. RoseNoire a dit :

    @CSP: N’étant pas une idéologue, et n’étant pas je pense trop idiote, je ne suis pas aveugle au point de penser que le libéralisme constitue la solution merveilleuse et miraculeuse à tous les problèmes, youkaïdi youkaïda, et les gentils patrons vont redistribuer leurs bénefs comme les gros bisounours qu’ils sont. Et oui, il y a des conséquences d’un certain capitalisme sauvage qui sont tout à fait assimilables à de la violence également.

    Je constate simplement que lorsque d’autres solutions sont mises en place, le remède est souvent pire que le mal et on finit toujours par se retrouver quel que soit l’idéalisme initial avec une classe d’apparatchiks privilégiés jouissant de tout le confort moderne, et le reste de la population qui ne voit pas vraiment son sort s’améliorer, bien au contraire. Mais c’est là un débat où je n’espère même pas arriver à une ombre de consensus.

    Non, ce qui m’alarme et je ne peux pas m’empêcher d’y revenir, c’est que le ton modéré que tu as ici contredit tout à fait la logique qui est à l’oeuvre sur ton blog, et qui consiste à monter les gens les uns contre les autres, et à traiter tes opposants comme des débiles méprisables, incapables de compassion, etc…Il y a des gens incapables de second degré qui prennent cela pour argent comptant, et tu es bien trop intelligent que pour l’ignorer.

    Donc au delà du “folklore” et du second degré, genre goulag, mines de sel, blabla, je suis absolument persuadée qu’il y a une partie de toi qui ne rêve que d’une chose, et c’est que les gens en viennent aux mains pour de bon. Y a bien trop de rancoeur rentrée et de désir de revanche dans tes écrits pour que ce ne soit pas vrai. Alors tu ne m’en voudras pas je crois si de mon côté, même si certains aspects de ta personnalité me font sourire de bon coeur…une méfiance hostile reste de rigueur.

  11. lelol a dit :

    RoseNoire a dit : “lorsque d’autres solutions sont mises en place, le remède est souvent pire que le mal et on finit toujours par se retrouver quel que soit l’idéalisme initial avec une classe d’apparatchiks privilégiés jouissant de tout le confort moderne, et le reste de la population qui ne voit pas vraiment son sort s’améliorer, bien au contraire.”

    Ah ? Est-ce un avis motivé par des confidences que t’auraient faites les habitants des Barrios de Caracas, ceux-là même à qui on a attribué un terrain ? Ceux-qui viennent d’apprendre à lire ?
    Ou alors, ah, en non, je sais ! Ce sont les anciens maîtres de l’industrie pétrolière nationalisée !! OK, je comprends ton point de vue, alors !

  12. CSP a dit :

    @ RN : mh, admet qu’il y’a quelque chose de gênant dans ton raisonnement: entre le possiblement pire et le pire certain, il faut choisir…le moins pire ? Et dans ce cas, comment le soutenir avec enthousiasme ? Cette question touche peut-être à des contradictions personelles, mais elle se pose, me semble-t-il…
    “Mais c’est là un débat où je n’espère même pas arriver à une ombre de consensus.”
    Et bien détrompe toi, car…je suis plutôt d’accord. Avant de t’évanouir, une explication :
    Je ne sais que trop bien que dès qu’on se dit communiste (et c’est mon cas), on se trimballe une valise en plomb nommée stalinisme; l’ignorer serait une mauvaise foi absolue (ainsi qu’un contresens historique).
    Je pense pour ma part que le pire n’est pas certain. Je veux y croire en tout cas. Celà dit, j’ai clairement choisi un camp, et je m’y tiens, ce qui me semble logique.
    Pour le reste, on entre dans un domaine où le personnel, voire l’intime (le ressenti) rejoint les convictions (la politique) : un carrefour ambigü…
    La colère que je ressens est sincère, tu l’as compris. Mon blog n’est que le moyen de la faire sortir, finalement. Mais au fur et à mesure qu’il évolue, d’autres buts se dessinent. Et je commence à comprendre le pouvoir des mots…
    Des mots et rien que des mots: puisque une bonne partie de mon audience tient au fait…qu’on ne sait pas à quoi je ressemble.L’anonymat me permet d’être une surface sur laquelle on peut projeter ce qu’on veut…
    “Il y a des gens incapables de second degré qui prennent cela pour argent comptant, et tu es bien trop intelligent que pour l’ignorer.”
    Je vois que tu as compris la mécanique du jeu; ou du moins, une partie. Les autres se dévoileront au fur et à mesure, patience.
    Ensuite, ne m’accorde pas trop d’importance: je ne suis qu’un blogueur perdu au milieu de beaucoup d’autres, qui a un petit succès,oui, sans doute parce que je comble un vide, quelque part.
    Rien qu’un blogueur, donc.
    Du moins, pour le moment.

  13. bongo a dit :

    @ lomig: le mot révolution est utilisé ici pour montrer à quel point les changements seraient importants. On peut être révolutionnaire et démocrate.

    Moi je ne suis même pas révolutionnaire d’ailleurs, je suis un peu trop mou. Le petit Lagardère par exemple dans l’affaire EADS, je ne l’enverrais pas au goulag ni en prison, mais je lui saisirais juste tous ses biens et le metterais dans un logement HLM avec le RMI. Il parait que c’est un statut que des millions de français envient.

  14. LOmiG a dit :

    salut
    @CSP :
    deux remarques/questions à propos de ta dernière réponse :
    1) tu dis :

    Il faut insister sur la dimension idéologique de cette vision du pays, car rien n’est neutre ni objectif, ben non: on trouvera toujours des instituts, des documents, des PDF, des trucs et des bidules pour prouver par A+B que tout fout le camp, ou que tout va mieux…

    Pas d’accord ! ce discours est une manière de dire : la vérité n’existe pas, et chacun ne fait que produire des informations biaisées. Je ne pense pas. Et si tu trouves, sur un même problème, deux rapports qui te disent le contraire à propos de la réalité (et pas des projections, ou perspectives), c’est que l’une des deux ment !
    1) tu dis :

    Ce que je constate, c’est une productivité forte, donc de la production de richesses, lesquelles, et c’est là où ça coince, ne sont pas redistribuées.

    à nouveau, non ! productivité forte n’est synonyme de production de richesse que dans la mesure où la quantité de travail global est importante. Si 1/10 de la population travaille, même avec une super productivité, alors la production de richesse sera faible. Par ailleurs, puisque tu parles de redistribution : nous redistribuons beaucoup en France. Nous produisons peu, et nous redistribuons beaucoup. Peut-être, à tes yeux, faudrait-il accentuer cet aspect encore un peu, et aller vers le communisme (ce qui serait logique). Mais ce genre de système centralisé, finit par nuire à la richesse, et c’est ce que l’histoire mondiale a montré dans TOUS les pays où le communisme a été mis en oeuvre.
    à bientôt !

  15. le chafouin a dit :

    Je suis heureux de voir qu’il est possible de discuter serienement entre gens raisonnables bien qu’yant des iudées radicalement opposées…
    Pour ma part, je considère que le régime dans lequel nous vivons est à peu près aussi néfaste pour l’Homme avec un grand H que pourrait l’être celui qui existerait si CSP était au pouvoir. Dans les deux cas, une jungle! le suel avantage du régime actuel, en revanche, c’est quand même la possibilité de contester ce que dit le pouvoir, tout de même…
    Donc entre le pire certain et le possiblement pire, CSP, je préfère le moindre mal : celui où nos blogs peuvent continuer à exister;)

  16. RoseNoire a dit :

    Ouhla!? Le régime actuel aussi néfaste pour l’Homme qu’une société socialiste telle que l’aimerait CSP? Là, il va falloir que tu m’expliques un peu, Chafouin…

  17. le chafouin a dit :

    @rose noire : Tu trouves que notre société traite bien l’humain? Vraiment? Trouves-tu que l’Homme au sens large du terme ait un réelle place dans la société? Tu parles. Sept millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté en France. Je ne pense pas que ce soit mieux en Belgique. Tu parles du paradis terrestre! C’est en ce sens là que je trouve que le capitalisme est anti-humain en soi. Son objectif est de trouver un débouché pour la MATIERE, point. Le reste, il s’en tape. Allègrement.

  18. LOmiG a dit :

    salut
    @ Le chafouin : je suis complètement avec RoseNoire : mettre au même niveau notre société démocratique et libérale et une utopique société socialiste telle que la rêve CSP (j’attend de voir quelle société il veut construire), c’est un peu rapide. Rester critique à l’égard de notre propre société, c’est un devoir, ok. Mais il ne faut pas pour autant considérer que tout se vaut, sauf à se vautrer dans un relativisme de bon aloi. Jusqu’à preuve du contraire, la démocratie libérale est le moins mauvais des systèmes.
    à bientôt !

  19. LOmiG a dit :

    et j’ajoute par ailleurs que le fondement même de notre système, c’est de laisser la part “spirituelle” dans la sphère privée. Chacun est libre de trouver son bonheur où il le veut, du moment qu’il ne fait pas chier les autres.
    C’est le fondement philosophique du libéralisme : on ne fixe pas de norme au “bien”, seulement au “juste”.
    à bientôt !

  20. le chafouin a dit :

    Je suis désolé Lomig. Je ne parle pas de la démocratie, qui est aussi utopique que le système proposé par CSP. Je parle de systèmes économiques. Le capitalisme tel qu’on le voit aujourd’hui est aussi destructeur pour l’humain que le communisme, à mon avis. Le capitalisme boursier, devrais-je dire. ça te paraît plus doux, et ça l’est, car généralement ce capitalisme est allié avec le système démocratique, justement. Et que donc, chacun se croit libre et c’est parfait. EN réalité, je ne crois pas que tu sois libre.
    Et encore, tu n’as rien vu : si on se projette dans vingt ans, on n’aura :
    -plus de système de santé fiable (merci le marché)
    -plus de service public compétent (merci le marché, petit clin d’oeil à l’europe)
    -deux fois plus de fous qu’aujourd’hui (c’est dingue de voir le nombre de gens qui sont complètement tarés).
    Le système ne respecte absolument pas l’humain, tout en se drapant derrière ces famuex droits de l’homme dont tout le monde se fout dès qu’il s’agit de faire plaisir au marché (on le retrouve).
    Et puis, comment comprendre ce système où les cours de bourse montent ou baissent en focntion des rumeurs? Il suffit qu’un canard dise que le cours va descendre pour que tout le monde vende et que du coup, le cours bouge. Complètment artificiel! tout cela est basé sur du vent, sur rien. Sur del’abstrait.
    Je ne vois pas quoi proposer d’autre, c’est pourquoi je m’en contente. Ceci dit, je suis tout à fait réaliste sur ce que proposerait CSP.

  21. LOmiG a dit :

    salut,
    je suis en total désaccord sur ta vision du capitalisme. C’est la seule chose qui ait permis à l’humanité de sortir de sa misère, avec l’éducation et la médecine (les sciences d’ailleurs au sens large).
    Les excès du capitalisme ne doivent pas conduire à jeter le bébé avec l’eau du bain. Les sociétés libres, capitalistes, avec un état de droit démocratique sont jusqu’à preuve du contraire la manière la plus adaptée de sortir - toujours trop lentement- les pays de la misère économique.
    Le choix doit être laissé à chacun de chercher son bonheur où il le souhaite, c’est ça le libéralisme. Toute société non libérale est une société totalitaire. Je ne veux pas qu’un Etat décide pour moi de ce qui est bon.
    à bientôt !

  22. le chafouin a dit :

    Je ne veux pas jeter le bébé avec l’eau du bain,je prétends juste que les excès dont tu parles sont en germe dans le principe même du libéralisme.
    Liberté, c’est bien. Mais tu vois, avec ce principe il n’y a plus de médecins en campagne. ça rapport eplus en ville…

  23. RoseNoire a dit :

    @chafouin: ah, mais je ne trouve rien du tout…rire…je te demandais juste déclaircir un point qui n’était pas clair pour moi dans ta remarque. Voilà qui est fait.
    Et effectivement, je suis tout à fait d’accord pour dire que les excès du capitalisme viennent du fait de ne pas prendre en compte le facteur humain.

    Cependant, j’irai un peu plus loin, et pense que tout système, toute société humaine est intrinsèquement imparfaite et va inévitablement générer des excès. La nature humaine est elle-même imparfaite, et pétrie de contradictions. Altruisme/égoïsme, conscience sociale/individualisme, etc…coexistent en chacun de nous à des degrés divers, et selon les circonstances et les points de vue c’est l’une ou l’autre tendance qui va dominer. Les sociétés, les doctrines, les solutions politiques étant elles-mêmes des produits de l’esprit humain, elles vont automatiquement en refléter tant les succès que les échecs.

    Mais pour en revenir à ta réflexion, chafouin: je vais me livrer à un petit exercice intellectuel et carrément me faire l’avocate de CSP:
    Pourquoi ne privilégierais-tu pas les solutions qu’il propose? Finalement, c’est pas si mal que çà si çà fonctionne: idéalement, on obtient une société centrée sur les besoins de l’individu et non sur les profits, solidaire des plus faibles et non adepte du “chacun pour soi” et visant à une plus juste répartition des richesses selon les besoins: pas de très riches, pas de très pauvres, et l’Etat qui veille à ce que chacun reçoive selon ses besoins.
    Non?

  24. le chafouin a dit :

    Non parce que je suis persuadé que la propriété privée a un sens. Et que la société que propose CSP serait sans doute encore plus néfate pur l’humain./ Qui est broyé par la collectivité. C’est elle qui compte, pas l’individu. Il faut trouver un juste équilibre entre égalité et liberté… Dur dur!
    Chez nous, l’individu compte au plus haut point mais du coup, il est trop seul. Les plus faibles périssent.
    Je serai plus pour un système tel que celui que propose la doctrine sociale de l’Eglise, en réalité. Allez-y voir, c’est très intéressant. http://fr.wikipedia.org/wiki/Doctrine_sociale_de_l‘Eglise

  25. LOmiG a dit :

    salut le chafouin
    désolé, ton commentaire est resté bloqué dans les spams…je viens de le récupérer.
    Oui la propriété privée est très importante ; et certainement liée à l’émergence du droit.
    Et oui, je te rejoins, l’essentiel de la vraie discussion politique dans nos pays est l’articulation entre égalité et liberté…! Je vais faire une série d’articles là-dessus, basés sur un texte d’Alain Boyer, philosophe politique.
    à bientôt !

Laisser un commentaire

Pour associer une image à votre nom dans les commentaires, il suffit de s'inscrire sur Gravatar (Gratuit et rapide).