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Archive for novembre, 2007

Lettre ouverte d’un greviste aux citoyens

13 novembre 2007

Nous allons faire grève. Pour défendre notre bout de pain. C’est ça, la société individualiste ! Chacun défend son petit pré carré, et puis voilà. Ce n’est pas tellement notre vision du monde, mais puisqu’il faut s’adapter : nous nous adaptons. Le système nous a régulièrement, et depuis longtemps, envoyé un signal clair que nos grèves permettaient de conserver nos avantages : pour quelle raison absurde agirions-nous autrement ? La solidarité, l’intérêt général sont des utopies sociales mises en place pour endormir les citoyens. Nous, nous savons que chacun défend son intérêt personnel, et celui de sa corporation, de sa classe.

L’argent du contribuable, votre argent, qui sert à nous payer, est le symbole de cette relation. Vous nous payez pour assurer un service. Vous êtes donc nos employeurs. Quoi de plus logique, pour une grêve, que de viser à ennuyer son employeur ? C’est le principe même de la grêve, non ? Nous n’avons que faire des millions de gens qui vont passer des heures dans les transports, en voiture, à vélo, pour arriver pas trop en retard à leur travail. Nous n’avons que faire de leur vie de famille. Chacun sa croix.

Nous savons que certains libéraux vicieux mettront en avant le fait que les clients ont payés un service, et qu’il est donc normal de le rendre. Ils qualifieront cela de vol. Ils prétendront que nous devrions rendre ce service, et laisser tomber nos privilèges. Au motif qu’un privilège est toujours un abus de pouvoir, une spoliation. Ils prétendent - les fous ! - que la Loi devraient être la même pour tout le monde. Mais nous savons, nous, que la Loi n’est pas la même pour tous : certains naissent riches, et d’autres pauvres. Ils nous disent qu’il ne faut pas confondre l’égalité devant la Loi, et l’égalité dans les faits. Nous ne confondons pas les deux. Nous avons simplement compris qu’il suffit d’avoir un loi spéciale pour nous, pour pouvoir - de fait - tirer son épingle du jeu. Nous avons réussi à mettre en place un système dans lequel nous vivons au dépend des contribuables, avec leur argent, en ayant des conditions de travail meilleures, et nous devrions avoir la bêtise de lâcher cela ? Au nom de quoi ? Nos enfants payeront pour nous nos retraites ; il n’est pas nécessaire de se projeter dans l’avenir.

De toute façon, nous ne sommes pas responsables : ce sont les politiques qui le sont. De droite comme de gauche, ils ont cautionné ce mode de fonctionnement “ancien régime”. Ils essayent maintenant de changer la donne. Nous savons que la société ne s’organise pas autour d’un droit commun, mais sur la base de rapports de force entre les classes. Nous nions l’existence des individus ; nous croyons dans la lutte des classes. Et nous serons les plus forts, même minoritaires, parce que nous avons une arme que vous n’avez pas : on vous emmerde !

Pour ceux que tout cela exaspère, j’ai trouvé grâce à jmj arras un appel de l’association Liberté Chérie pour faire une contre-manif dimanche prochain. Je passe l’info, mais je ne m’y associe pas : je ne supporte plus toutes ces manifs qui sont le symbole que notre démocratie a depuis longtemps faussé ses règles du jeu. Ce n’est pas la rue qui décide, ce sont les urnes. Ou alors, qu’on me l’explique clairement : nous ne sommes plus en démocratie…Mais qui s’en soucie ? Sinon, il y a plein d’infos intéressantes chez Damoclès.

La santé, une question d’argent ?

13 novembre 2007

Deuxième article de Zorro dans la catégorie “Bas les masques”. Retour sur un article paru dans le Panorama du Médecin (5/11), intitulé “La santé, Une question d’argent ?”. Analyse de la conviction sous-jacente à ce titre efficace mais manipulateur…

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La précarité de la vie

12 novembre 2007

J’ai entendu aujourd’hui un débat à la radio où il était question des fameuses statistiques du chômage, et des différences entre les chiffres de l’INSEE et ceux de l’ANPE. Un des intervenants voulaient étendre le débat aux boulots mal payés, à toutes les situations précaires. Il s’est fait recadrer : ce n’était pas vraiment le débat…Mais la précarité est un mot à la mode en ce moment. Au point que certains en ont fait un blog collaboratif. Louable initiative. Il y aura toujours lieu de défendre ceux que la vie, le hasard ou la malchance (appelez ça comme vous voulez) a mis dans une situation difficile, précaire. Et il est peut-être même nécessaire que la puissance publique les aide, et les soutienne le temps qu’ils se remettent en selle.
La précarité, c’est la grande pauvreté. Est précaire, ce dont l’avenir n’est pas certain.
Et parmi ce concert de défenseurs des pauvres, je voudrais juste faire entendre un son un peu discordant, pour rappeler l’idée selon laquelle la vie est précaire. A force de montrer du doigt, à juste titre, la précarité comme quelque chose d’inacceptable, on prend le risque d’un glissement de sens, le risque de finir par accepter l’idée que toute précarité est inacceptable. Or la précarité, c’est aussi les évolutions du monde, jamais certaines. La précarité c’est aussi le risque, inhérent au monde même. Le monde change : comment pourrait-il en être autrement de nous, et de nos situations ? Si nous n’acceptons plus l’idée même de précarité, alors nous n’aurons plus droit qu’à une société statique, planifiée, morte. Sans liberté. La vie est précaire, ce n’est pas moi qui le dit, c’est Aragon :

Rien n’est précaire comme vivre

Rien comme être n’est passager

C’est un peu fondre comme le givre

Et pour le vent être léger

Citation du dimanche #50

11 novembre 2007

Le bonheur suppose sans doute toujours quelque inquiétude, quelque passion, une pointe de douleur qui nous éveille à nous-même.

Alain

Libéralisme et constructivisme

8 novembre 2007

Retour sur les idées présentées au début de l’excellent bouquin de Pascal Salin “Libéralisme”. Où l’on apprend la différence entre libéralisme et constructivisme, et que notre société française est majoritairement sous le signe du constructivisme. Les sources idéologiques du constructivisme y sont détaillées avec clarté et vigueur : égalitarisme, absolutisme démocratique et scientisme. Je sais dès à présent que ce livre sera très enrichissant, et j’ai envie de partager les réflexions qu’il m’inspire avec vous.

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Citation du dimanche #49

4 novembre 2007

Je conçois le principe du libre-échange comme moralement aussi fondamental que l’est en physique la loi de la gravitation. Le libre-échange réunit l’humanité, écarte tout antagonisme de race, de credo et de langue, il est la condition d’une paix éternelle entre les hommes. Je crois que le libre-échange aura pour effet de changer la face du monde dans la mesure où les systèmes de gouvernement que nous connaissons en seront bouleversés. Je crois que la volonté de construire des super États, des armées gigantesques va disparaitre alors que l’humanité ne deviendra qu’une seule famille dont chaque individu pourra librement échanger les fruits de son travail avec ses frères humains.

Richard COBDEN

Derniers commentaires : utiles ou pas ?

2 novembre 2007

J’ai besoin de votre avis. Suite à une discussion avec Max, je me suis rendu compte que la disparition des derniers commentaires dans la colonne de droite était peut-être une erreur. Comme Max n’est pas le seul lecteur, j’aimerais bien avoir votre avis sur la questions, chers lecteurs, ou visiteurs de passage. Voici donc un petit sondage pour vous prononcer. N’hésitez pas à donner votre avis en plus en commentaires, si cela éveille des réflexions.