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La propagande du Monde Diplomatique

3 décembre 2007 | Imprimez cet article |

CouvertureLe hors-série du Monde Diplomatique consacré à l’environnement est un sommet de désinformation. Escamotage du débat scientifique encore à l’oeuvre sur ces sujets, présentation des enjeux selon une grille de lecture d’extrême-gauche, choix des sujets particulièrement orientés…C’est un vrai monument, et je le garde chez moi bien précieusement. Décryptage de l’édito et de la grille de lecture…Mensonge et idéologie au programme !

Je travaille dans le secteur de l’environnement, et plus précisement de la dépollution. J’ai donc acheté, en guise d’élément de culture générale, le hors-série du Monde Diplomatique “L’atlas de l’environnement“. Ce hors-série est un sommet de mauvais journalisme, de mélange des genres, et de propos volontairement simplistes visant à faire passer une idéologie pour la vérité. Je ne cite ici que quelques exemples : ils me semblent importants parce qu’ils montrent à quel point ce hors-série est une fumisterie, mais on les retrouve dans quasiment toutes les discussions sur le réchauffement climatique, et l’impact des gaz à effet de serre.

Introduction d’Ignacio Ramonet : premier mensonge !

Le directeur de la rédaction, Ignacio Ramonet, signe l’article d’introduction. On peut y lire la phrase suivante :

Le dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, est responsable de 65% du réchauffement climatique.

J’avais d’autres chiffres en tête, notamment le fait que le principal gaz à effet de serre était la vapeur d’eau, et je suis donc allé vérifier.

Pour rappel, précisons certains points :

  • Le réchauffement climatiques peut avoir plusieurs causes dont les deux principales semblent être :

    • Variation cycliques de paramètres astronomiques de la Terre (excentricité, obliquité, précession des équinoxes). Ces variations créent des saisons astronomiques de longue périodes, de même qu’il existe des saisons normales au cours d’une année.
    • Effet de serre : L’effet de serre est un effet naturel de rétention par les gaz présents dans l’atmosphère d’une partie de l’énergie rayonnée par la Terre. Cet effet est ce qui a permis à la vie de se développer sur Terre (sans l’effet de serre, la température de la Terre serait de -18°C). Les principaux gaz à effet de serre sont par ordre d’importance : la vapeur d’eau (H20) pour 55%, le dioxyde de carbone (CO2) pour 40%, puis le méthane (CH4) et d’autres gaz minoritaires. L’affirmation de Ramonet est donc impécise ET fausse ; en effet, le principal gaz à effet de serre est bien la vapeur d’eau (et non pas le CO2). Ceci est expliqué dans un article de la Recherche écrit par un membre du collège de France. Et dans les gaz à effet de serre de source humaine (anthropique), le CO2 pèse combien ? Si c’est 65%, on pourra accorder le bénéfice du doute à Ignacio Ramonet, et conclure qu’il a simplement oublié le mot “anthropique” dans sa phrase. Problème : je n’ai pas pu retrouver ce chiffre de 65% pour le CO2 ! Certains évoquent 55% (le plus retrouvé), d’autres 70% !
  • Si le réchauffement climatique est avéré, l’attribution de ce réchauffement à telle ou telle cause est encore l’objet de polémiques scientifiques.

Un debat politise

Il ressort de ces observations plusieurs choses :

  • le mélange du scientifique et du politique fait décidemment mauvais ménage ! il en ressort que :

    En l’état actuel des connaissances, le diagnostic du Giec n’est pas scientifique mais politique. Il est établi scientifiquement depuis le « compendium météorologique » de la Société américaine de météorologie, en 1951, que le principal agent de l’effet de serre est la vapeur d’eau (à concurrence de 95 %), laquelle échappe à l’emprise humaine. Le CO2 joue un rôle mineur ; et encore les émissions de CO2 ne sont-elles que très partiellement d’origine humaine. Y a-t-il eu jamais une expérience dont les résultats pourraient contredire cette conclusion ?

  • La plupart des discussions que l’on trouve à ce sujet commencent par ne pas rappeler que la vapeur d’eau est le principal gaz à effet de serre, et que l’impact de l’homme sur le cycle de l’eau est quasi-nul.

Rappelons que dans l’article d’Edouard Bard (Collège de France), il est précisé que :

Le CO2 est responsable d’environ 40% de l’effet de serre. Cette part globale est à peu près la même, que l’on prenne en compte ou non les apports anthropiques.

Ce qui signifie, sauf si je ne comprends plus le français, que l’impact du CO2 produit par l’humain ne change pas l’impact global du CO2 sur l’effet de serre.

Grille de lecture politique

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la démarche - incompétence ou manipulation ? - des journalistes du Monde Diplomatique, Dominique Vidal signe le deuxième article qui s’intitule “Grille de lecture”, afin de bien expliquer la démarche idéologique de ce hors-série. Nous avons déjà vu que son propos n’était pas de donner de la place aux discussions scientifiques, mais bien de prendre position sur le plan politique. Et ce positionnement est limpide grâce à cette grille de lecture. La conclusion est claire :

Des classes dirigeantes prédatrices: Prestidigitateur, le nouveau président français l’est aussi : partisan de l’énergie nucléaire (réacteur EPR compris), des OGM et des autoroutes, il n’en a pas moins convoqué un “Grenelle de l’environnement”, auquel nombre d’associations s’apprêtent à participer. Comme si l’expérience du “Pacte écologique” de Nicolas Hulot n’avait pas suffi : aussi vite enterré que signé, il a permis d’escamoter l’écologie dans la campagne électorale…

En réalité, comme l’écrit Hervé Kempf dans Comment les riches détruisent la planète ? (Seuil, Paris, 2007), le monde “est aujourd’hui gouverné par une oligarchie qui accumule revenus, patrimoine et pouvoirs avec avidité. Cette classe dirigeante prédatrice et cupide (…) ne porte aucun projet, n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole”. Et de conclure : “Si l’on veut être écologiste, il faut arrêter d’être benêt.”

Tout ceci est tellement grossier, tellement clair et lisible, que je me demande comment on peut oser l’écrire. L’écologie, et l’environnement, dans les mains de ces messieurs, ne deviennent qu’un moyen de plus de dénoncer les riches “prédateurs et cupides”, et si possible faire passer le message que la capitalisme va dans un mur, puisqu’il détruit la planète. Les raccourcis scientifiques servent à cela : montrer que le modèle capitaliste n’est pas durable. Le problème, c’est que nous - les lecteurs, la société - disposons des informations et du droit de réfléchir. Et de douter de messages aussi orientés, et facile à décrypter !

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53 commentaires à “La propagande du Monde Diplomatique”

  1. Candide a dit :

    Bonjour, excédé par le politiquement correct sur le sujet de l’environnement j’en ai pris le contrepied dans un texte dont je colle l’url ci dessous, pour ceux de vos lecteurs qui seraient intéressés à regarder ce topic d’une façon tout aussi orienté mais à 180 degré !

    Réchauffement
    climatique : délires et faits

  2. LOmiG a dit :

    salut Candide,

    oui le politiquement correct est une chose…relativement supportable. mais ce qui m’énerve, c’est quand on manipule les choses pour leur faire dire ce qu’on veut…!

    La phrase de Ramonet que je cite, est une mensonge éhonté, faisant fi de toute rigueur intellectuelle ! De la pure propagande, donc.

    J’ai écris à Ramonet, comme à Vidal, pour leur demander d’où ils sortaient ce chiffre, afin qu’ils me donnent une référence. Je n’ai pas eu, - bien sûr ? - de réponse.

    merci pour les liens ! à bientôt :!

     

  3. max a dit :

    Salut à vous deux.

    J’aime bien ces articles de type "bas les masques" .

    Comme quoi la responsabilité des médias dans le manque d’éducation de nos sociétes est vraiment très grande. Quelle honte ! Ou sont donc passés les sceptiques ?

    On gobe a longueurs de journées des infos non vérifiées voire propagandistes comme dans ce cas.

    C’est fatiguant, très fatiguant même. Comment éduquer les gens si les médias renoncent à leur tache éducative, et font de la propagande politique ?

  4. LOmiG a dit :

    Oui, salut Max….c’est vrai que c’est très énervant : ils profitent de leur petit pouvoir pour en abuser.

    Et le reste du Hors-série est à l’avenant : un article propose en illustration, sans commentaires, les différentes études -financées par Exxon Mobile- et visant à (d’après ce qu’ils disent) minimser l’impact du CO2 sur le climat.

    On aurait aimé y trouver, en comparaison, les différentes études financées par la puissance publique pour montrer que le CO2 joue sur le climat. Pourquoi des études financées par des fonds privés seraient moins indépendantes que celles financées par des fonds publics ? C’est une forme de suspision tout à fait anti-capitaliste, anti-patron, et qui me semble également dangereuse…

    à bientôt Merci pour ton commentaire !

  5. max a dit :

    petit pouvoir ! je te trouve bien indulgent avec les médias.

    Les médias ont un énorme pouvoir sur une grande majorité de la population qui, par flemme ou par confortation de leur point de vue, ne cherche pas à vérifier l’information, ni même à se demander si ce qui est écrit peut éventuellement être faux.

    Même si on peut faire une distinction déjà entre la presse TV et la presse écrite à mon avis. La première étant souvent proche du 0 info, voir désinformation. Alors qu’en recoupant diverse source de presse écrite, on arrive quand même à tirer quelquechose. 

    Les journalistes ont t ils des cours de sciences au cours de leur formation ? Si ce n’est pas le cas, il est urgent de le faire !

    Y’a encore du boulot !

  6. LOmiG a dit :

    salut Max,

    je dis "petit pouvoir", parce qu’en l’occurence le Monde Diplomatique ne touche qu’une petite partie de la population, qui à mon avis est de toute façon déjà convaincue que les USA sont les grands méchants loups de la planète, que Bush est le diable, et que le CO2 est la cause de tous les maux du monde. Donc "petit pouvoir". Je pense qu’il s’agit d’une petite frange de la population qui se tripote en cercle fermé.

    Les gros médias (20h) et les politiques ont plus de responsabilité.

    Par ailleurs, je pense sincèrement que les approximations du Monde Diplomatique sont volontaires. Pour faire passer leur soupe idéologique.

  7. Jean a dit :

    Lire l’"Empire écologique" de Pascal Bernardin qui explique comment Gorbatchev a été l’initiateur de la mise en place du levier écologique en politique…

  8. LOmiG a dit :

    salut Jean,

    merci pour ton commentaire…peux-tu nous en dire plus à propos de Gorbatchev et du levier écologique ?

  9. Jean a dit :
    La face cachée du mondialisme vertPascal Bernardin

    Note de l’Institut Euro 92

    Depuis la fin du communisme, le socialisme bat en retraite en concédant davantage d’espace à des mécanismes laissant une plus grande marge de liberté aux comportements individuels. Mais la menace n’a pas disparu. S’il n’est plus question de grandes lois historiques qui feraient du Prolétariat l’instrument et le véhicule du Progrès, c’est l’Écologie - plus précisément les élites scientifiques et écologiques qui se sont auto-désignées comme les messies des temps nouveaux - qui entend imposer ses objectifs comme éléments régulateurs de la liberté des individus. Dans le texte qui suit, Pascal Bernardin, auteur de "l’Empire écologique" montre comment le problème de la gestion des "biens communs" est aujourd’hui utilisé comme alibi pour réécrire complètement les règles de la justice et de la morale, tout en prétendant rester dans le droit chemin d’une critique libérale. Ce texte est la transcription d’une conférence prononcée à l’Institut Euro 92 le 14 Avril 1999.

     

    La face cachée du mondialisme vert

    Permettez-moi, tout d’abord, de me présenter. Je suis polytechnicien et docteur en informatique. J’enseigne l’informatique fondamentale, c’est à dire les mathématiques de l’informatique à l’Université d’Aix-Marseille III.

    Je le précise parce que je serai amené à parler de questions scientifiques maintes fois débattues, en particulier la question de l’effet de serre.

    Je suis venu vous parler de mon ouvrage intitulé L’Empire Écologique, paru en décembre 98 et qui traite de l’écologie dans ses principales dimensions, à l’exception notoires des aspects juridiques et éducatifs.

    Au cours de cette conférence, je vais vous montrer comment et dans quel but la politique et les thèmes écologiques s’articulent avec les deux phénomènes politiques majeurs de la dernière décennie et de la fin du siècle, à savoir la perestroïka et l’émergence du nouvel ordre mondial.

    Les questions écologiques sont des questions fondamentales qui touchent à tous les domaines: domaine économique, politique, constitutionnel, financier, voire éthique et religieux. Il s’agit donc pour moi d’une question véritablement centrale, qui reprend certaines idées libérales mais qui déborde très au-delà de ce seul cadre.

    Tout d’abord, dans la première partie de cette intervention, je vais vous parler des objectifs soutenus par les élites post-communistes qui sont restées en place malgré la disparition du communisme et l’effondrement du mur de Berlin, et qui se retrouvent aujourd’hui intégrées dans l’ensemble des élites dites mondialistes, en place au cœur des institutions internationales.  Vous noterez la différence entre mondialisme et mondialisation.  Je conserve le terme de mondialisme pour décrire l’émergence de forces politiques au niveau mondial. Je réserve le terme de mondialisation pour l’émergence d’un marché global et d’institutions économiques et financières globales.

    La situation politique du dernier quart de ce siècle a été marquée par la chute du mur de Berlin, et simultanément par l’instauration d’un "Nouvel ordre mondial" voulu par le président Georges Bush.  J’estime que l’analyse de ces deux phénomènes est restée très incomplète.  En effet, aucune explication réelle du phénomène de la perestroïka n’a été donnée.  Par ailleurs, les objectifs précis de la mondialisation et du mondialisme sont restés très flous.  Autrement dit, nous sommes à l’heure actuel dans un vide conceptuel absolu; vide qui touche aux deux éléments principaux de la vie politique mondiale de cette fin de siècle. Ce sont ces éléments que je vais mettre en lumière, en prenant comme fil conducteur l’écologie.

    En ce qui concerne le mondialisme, je m’appuierai exclusivement sur les textes officiels des institutions internationales – et ils sont extrêmement nombreux -, comme Our Global Neighbourhood (1995 - Oxford University Press), un rapport de la Commission sur la gouvernance globale (Commission on Global Governance). C’est une commission mise en place sous l’égide de l’ONU qui comprenait des gens éminents et de très haut rang, en particulier Jacques Delors, à ce moment là Président de la Commission européenne.

    Par ailleurs, nous nous référerons Ethics and Spirituals Values, rapport rédigé par la Banque mondiale, centré sur les valeurs éthiques et spirituelles pour un développement durable; c’est à dire pour un développement écologiquement sain, ou tout du moins prétendu tel.

    Enfin, et non des moindres, un document issu de la conférence de Copenhague, organisée par les Nations unies (Sommet mondial pour le développement social, du 6 au 12 mars 1995), qui s’intitule Les Dimensions Éthiques et Spirituelles du Développement Social.

    Pour les références à la perestroïka, je m’appuie également sur des documents publics, qui n’ont pas la même autorité puisqu’ils n’ont pas l’estampille des Nations unies, mais écrits par Gorbatchev et Chevernadze entre autres.

     

    De la perestroïka à l’écologie

    Alors d’abord qu’est ce que la perestroïka? Contrairement à ce que les médias veulent bien nous dire, c’est autre chose que l’écroulement du mur de Berlin sous une poussée démocratique irrépressible. La perestroïka est en réalité un mouvement qui a été planifié dès la fin des années 1950. Sa description nous vient d’un certain Golitsyne, officier supérieur du KGB, passé à l’Ouest à la fin des années 1960.  Nous retrouvons ses écrits dans des rapports qui étaient destinés aux Services secrets, mais aussi dans un ouvrage public paru avant 1985 et l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev.  Que dit-il ?  Que la perestroïka est un processus socialiste révolutionnaire qui s’inspire de la nouvelle politique économique de Lénine; qu’il est destiné à restructurer (perestroïka signifie restructuration) le socialisme en URSS, et non l’éradiquer.  Surtout, il s’agit de restructurer l’image que les Occidentaux peuvent avoir du socialisme en général.

    Tout en écartant radicalement la thèse d’un complot mondial, ma conviction est que c’est l’ensemble des thèmes révolutionnaires contenus dans la perestroïka que l’on retrouve au cœur de la politique écologique qui se met en place à l’heure actuelle.  Il n’y a pas de hasard.  On se rappellera que Gorbatchev, dans ses écrits, dit explicitement que l’écologie est un véhicule révolutionnaire.  Aujourd’hui, Gorbatchev est le Président de la Croix verte internationale.

    Parlons maintenant des objectifs du pouvoir mondialiste. Ce pouvoir cherche à l’évidence à tirer parti à la fois de l’expérience démocratique et libérale – les références aux éléments libéraux sont nombreuses, mais en les considérant dans un cadre qui n’a en réalité pas grand chose à voir avec le libéralisme – afin d’en faire une synthèse guidée par un objectif en vérité collectiviste.  Ce pouvoir part du principe – libéral !  – que toute coercition est vouée à l’échec, et que les méthodes non coercitives, et qui laissent aux gouvernés l’illusion de la liberté, sont celles qui doivent être utilisées pour arriver au but cherché.

    L’idée de refuser la coercition pour ne faire appel qu’au sentiment de liberté est une idée fondamentale utilisée par un grand nombre de penseurs.  Je pense par exemple à Antonio Gramsci, le révolutionnaire du début du siècle, qui a toujours considéré que la politique stalinienne était une erreur, et qu’elle ne pouvait mener qu’à l’échec de la Révolution, tout simplement parce qu’il fallait d’abord procéder à une révolution culturelle - une révolution de la superstructure idéologique - pour ensuite réussir à mener cette révolution dans l’infrastructure.  Ceci est l’exemple typique d’une idée non coercitive, que j’appellerai aussi non aversive (pour reprendre une certaine terminologie de psychologie sociale), dont le but est de viser en priorité la culture avant de chercher à modifier la strate économique.

    D’autres courants d’idées développent la même approche: comme par exemple B. Skinner, le fondateur d’une école de psychologie - le Behaviorisme - qui énonce en substance que l’homme est une machine à laquelle il suffit de donner les bons stimuli pour en obtenir les bonnes réponses.  Skinner dit également, de manière encore plus explicite, que la contrainte est inutile: mais par contre que les renforcements non aversifs - c’est à dire les récompenses - sont toujours extrêmement utiles pour modifier le comportement des individus.  Les renforcements aversifs, eux, provoquent l’opposition et la crispation des individus et de la société, et sont par conséquent voués à l’échec.

     

    Une application des théories du contrôle

    D’autres travaux de psychologie sociale s’appliquent à développer cette approche. Je pense à la psychologie de l’engagement, une théorie psychologie selon laquelle on modifie efficacement les comportements, et par conséquent les valeurs, en amenant les gens à s’engager (au sens du management), et donc en s’interdisant par cela toute pratique aversive.

    Nous voyons ainsi apparaître une différence fondamentale entre pouvoir et contrôle.  L’exercice du pouvoir est la technique traditionnellement adoptée dans tous les États de la planète.  Elle a pour principal défaut de se heurter à la révolte latente des individus qui lui sont soumis.  L’exercice du contrôle est une technique toute différente qui consiste à placer les gens dans un cadre tel qu’ils auront un sentiment de liberté, voire de grande liberté, alors que cette liberté sera en réalité étroitement canalisée dans un cadre fixé par les gouvernants.  Cette opposition entre contrôle et pouvoir permet d’assurer la synthèse de nombreux travaux, et de comprendre ce qui est en train de se passer tant en Occident que dans l’ancien bloc communiste.

    Les idées qui président autant à la perestroïka qu’à l’instauration du Nouvel ordre mondial sont une application des théories du contrôle.  Elles visent à modifier les cadres qui organisent nos actions dans tous les domaines.  Ces cadres sont nombreux: cadres religieux - les principaux cadres mentaux sont fournis par la religion -, cadres éthiques – cités dans les documents sus mentionnés -, cadres idéologiques. Plus généralement, il s’agit de réorganiser la culture et les objectifs de notre société par rapport à un "but supra-ordonné" - c’est à dire un but final de la société autour duquel tous les autres buts s’ordonnent.

    Nous voici donc confrontés, pour nos problèmes écologiques, à un ennemi, qui n’est plus communiste, mais collectiviste. L’ennemi toujours socialiste est toujours vivant, et, quoiqu’il se soit immergé dans la culture libérale, il poursuit toujours la vieille idée de réaliser la synthèse du "socialisme de marché", mais par d’autres moyens.

    Une description plus scientifique de la logique de ce mouvement révolutionnaire s’articule autour de la théorie des systèmes et de la théorie du chaos.  Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces concepts, je vais vous décrire la théorie du chaos à partir d’un exemple très simple.  Si l’on place une cigarette au milieu de cette pièce, la fumée la remplira très rapidement.  Pourtant la fumée vient quasiment d’un seul point, le bout de la cigarette, et cinq minutes plus tard, ces particules de fumée rempliront toute la pièce.  Cet exemple signifie que des particules de fumée, qui sont initialement dans des positions très proches, peuvent au bout d’un temps relativement court se retrouver dans des positions extrêmement éloignées, voire totalement antagonistes. La caractéristique d’un système qui se trouve dans une situation de chaos est qu’il peut évoluer dans des directions radicalement opposées.

    D’un point de vue constructiviste - c’est à dire du point de vue d’individus qui veulent agir sur la société pour la mener vers un état donné - cette expérience signifie que si l’on peut choisir une particule de fumée, et si l’on connait précisément l’évolution des particules de fumée, on peut choisir celle qui se retrouvera dans tel coin, là où l’on souhaiterait qu’elle arrive. Si une particule ne se trouve pas là où je désire l’amener, il suffit de la déplacer très légèrement dès le départ - aux conditions initiales, comme disent les scientifiques - pour qu’elle finisse là où je désire qu’elle soit. La caractéristique d’une situation de chaos serait ainsi de permettre de modifier radicalement l’évolution future, tout en n’apportant que de légères modifications à la situation initiale. Pour user d’un langage plus abstrait, on dira qu’une situation chaotique se contrôle avec des forces très faibles, comme le déplacement quasiment infinitésimal des particules de fumée de la mauvaise à la bonne position initiale.

    Si l’on transpose cette approche au domaine social, au domaine économique ou au domaine politique, les conséquences sont bien évidemment immenses.

    Selon la théorie des systèmes, si vous vous voulez modifier la trajectoire de la particule de fumée, vous qui êtes en dehors de ce système, vous devez faire partie d’un système d’ordre supérieur. Nous devons donc imaginer que le sous-système inférieur, la fumée, est soumis à un système d’ordre supérieur - par exemple l’expérimentateur; celui-ci pouvant être lui-même soumis à un autre système, disons par exemple un système juridique conditionné lui aussi par sa dépendance à l’égard d’un quatrième système d’un ordre encore supérieur, comme le système législatif, et ainsi de suite. Nous avons donc une hiérarchie de systèmes où chacun d’entre eux peut intervenir sur le système de rang immédiatement inférieur grâce à des forces très faibles. Donc le système (la fumée) peut voir ses trajectoires modifiées grâce à des forces infinitésimales, appliquées par un opérateur dont on pourra, s’il se trouve lui-même dans une situation chaotique, modifier le comportement par des forces également très faibles, le processus se répétant indéfiniment d’un niveau à l’autre. Ainsi, si nous considérons une hiérarchie systémique d’univers chaotiques, nous pouvons les manipuler avec des forces très faibles à chaque niveau.

    Concilier un libéralisme apparent avec un constructivisme toujours réel.

    Je ne vous décris en l’occurrence rien d’autre que les institutions de pouvoir international qui sont en train de se mettre en place, avec une hiérarchie de niveaux, d’abord mondial, puis continental, régional, national, départemental, municipal, etc.

    La particularité de cette théorie des systèmes, lorsqu’elle est appliquée aux sciences sociales, est de permettre, en théorie, de concilier libéralisme – un libéralisme "apparent" - et collectivisme – mais un collectivisme bien "réel"; ce qui, du point de vue médiatique et politique, n’est bien entendu pas neutre.

    Nous avons ainsi un sous-système qui est en bas, celui des acteurs économiques, dans une situation apparemment libérale; puis au-dessus, des institutions internationales, qui ne canalisent pas nécessairement l’action de ces acteurs économiques, mais modifient leurs anticipations en manipulant la monnaie, le budget, les législations ou les règles du commerce international. Nous avons alors un dirigisme réel en haut et, pour les besoins médiatiques, une apparence très suffisante de libéralisme en bas. Nous avons exactement la même chose dans le domaine politique, avec une démocratie apparente et un dirigisme, voire un totalitarisme, tout à fait réels. En bas on vote, mais le cadre dans lequel s’effectue ce vote est prédéterminé par le haut.

    Je vous rappelle que le mondialisme est le mouvement qui s’identifie avec l’émergence de forces politiques mondiales, au premier rang desquelles l’ONU. Celle-ci représente une véritable force politique mondiale. Elle répond à une logique qui, pour une part, lui est interne. D’autre part, le mondialisme se donne pour objectif la création d’une nouvelle civilisation, comme on le verra dans la suite de mon exposé. Ne nous méprenons pas: nous avons besoin d’institutions internationales dans certains domaines; mais ces domaines sont en fait peu nombreux.

    Après avoir exposé les méthodes, je vais maintenant vous parler des objectifs.

    Le premier, tel qu’il est clairement exprimé dans tous les documents cités, est de diminuer, ou tout au moins de stabiliser la population humaine, avec des chiffres variables selon les sources. Il y a des textes qui parlent de cinq cent millions d’hommes! C’est le cas par exemple de Jacques-Yves Cousteau pour qui la population humaine ne devrait pas dépasser le demi-milliard d’hommes.

    Un deuxième objectif est d’imposer, grâce à l’influence des médias, mais aussi par la loi, des valeurs écologiques impliquant une modification profonde de nos valeurs.  C’est ainsi que certains vont même jusqu’à envisager de créer une nouvelle religion, s’appuyant sur une nouvelle spiritualité, comme l’évoquent ouvertement certains des ouvrages auxquels j’ai fait référence.

    Troisième objectif : l’égalisation mondiale des revenus.  Les textes sont surabondants et totalement explicites.  Ils révèlent une obsession égalitariste qui tend à l’égalisation des revenus sur l’ensemble de la planète.  Ce qui implique bien évidemment un contrôle de l’économie, des ressources et de la finance.

    Une fois que l’on a ces objectifs bien en tête, il n’est pas difficile de comprendre que l’écologie constitue un formidable levier pour en assurer la réalisation.

     

    Le faux procès de la couche d’ozone

    J’évoquerai d’abord le trou dans la couche d’ozone, puis l’effet de serre. Et pour cela, je commencerai par la question des "buts supra-ordonnés" dont je vous ai parlé tout à l’heure.

    Il s’agit d’un concept de psychologie sociale, développé par exemple dans les travaux de Mustapha Shérif. En substance, nous dit-on, deux groupes antagonistes - ou tout au moins apparemment antagonistes - ne peuvent parvenir à coopérer ou à se rapprocher que s’il existe un but susceptible de focaliser l’ensemble de leurs énergies. Ce but, qualifié de " supra-ordonné ", doit fédérer tous les autres buts, en particulier ceux des acteurs individuels, mais aussi des Etats, des ministères, ou de toute autre organisation dirigeante. Ceci revient à réinventer le totalitarisme si l’on se rappelle que, par le passé, les "buts supra-ordonnés" ont été ceux de la race, de la classe ou d’une caste.

    Alors que le trou dans la couche d’ozone n’est encore qu’un simple galop d’essai, l’effet de serre, lui, est véritablement conçu et présenté comme un "but supra-ordonné" majeur. Je pense par exemple à Al Gore lorsqu’il dit qu’il faut créer une nouvelle civilisation dont la protection de l’environnement sera le pivot.

    Interrogeons-nous d’abord sur la réalité de ces phénomènes. Le trou dans la couche d’ozone, comme vous vous en rappelez sans doute, fut le symbole d’une époque où l’ouverture du journal télévisé de 20 heures se faisait fréquemment avec une image en fausses couleurs représentant l’Antarctique et le trou, cet énorme trou qui, nous disait-on, grossissait inexorablement et menaçait de recouvrir toute la planète, de nous absorber, de nous brûler, avec pour conséquence une augmentation considérable et inéluctable du nombre de cancers de la peau, des mutations génétiques incontrôlées, ou encore la destruction inévitable la bio-diversité (puisque certaines espèces y sont plus sensibles que d’autres).

    Depuis lors, le souffle est retombé. Et l’on n’a plus entendu parler du trou dans la couche d’ozone depuis fort longtemps.

    Que faut-il en retenir? Un entrefilet de cinq centimètres et demi sur quatre et demi, du prix Nobel de chimie Paul Crutzen, en page vingt-quatre d’un numéro du journal Le Monde: "lorsque des prévisions apocalyptiques furent avancées, y lit-on, on ne connaissait pas exactement l’ampleur de la détérioration de la couche d’ozone. Maintenant on sait que les dégâts seront très faibles. La démonstration a été faite que la couche d’ozone se détériore à un rythme fort ralenti." C’est l’avis de nombreux autres scientifiques.

    On nous a dit que ce trou serait causé par les CFC (Chloro-Fluoro-Carbone), un produit chimique qui sert notamment dans les circuits de réfrigération.  Ces CFC ont été fabriqués industriellement après la seconde guerre mondiale, et leur production en masse a marqué les années 1960, l’époque du grand bon économique.

    Or, la communauté scientifique connaît le trou dans la couche d’ozone – la littérature scientifique en fait foi - depuis 1929; c’est à dire au moins trente ans avant que la production intensive des CFC n’ait commencé.  Ils ne peuvent donc pas être la cause du phénomène.

    Mais son existence servait à merveille les desseins de certaines organisations internationales – notamment l’Organisation météorologique mondiale, toujours à la recherche de budgets plus importants pour financer ses recherches. C’est elle qui a initié la grande campagne de sensibilisation des opinions publiques.  Pour cela, les scientifiques qui lui apportaient leur soutien – comme Paul Crutzen, avant qu’il ne change semble-t-il d’avis – ont développé des modèles mathématiques complexes qui démontraient – nous disait-on - que les CFC rejetés par l’homme détruisaient inexorablement la couche d’ozone.  Mais ces modèles étaient en réalité fondés sur des bases expérimentales extrêmement fragiles et incomplètes.

    Aujourd’hui il est quasiment admis et prouvé que ces modèles étaient incapables de simuler la réalité, donc qu’ils étaient faux.

    Comme je vous l’ai déjà dit, la littérature scientifique montre clairement que dès 1929, donc bien avant la production en masse des CFC, le trou dans la couche d’ozone était déjà une réalité. Il résulte d’un phénomène naturel qui existe depuis toujours et qui touche des contrées extrêmement éloignées, essentiellement le Pôle Sud.  Ce qui est en cause est principalement l’activité volcanique naturelle du globe.  Les volcans rejettent infiniment plus de chlore dans l’atmosphère que les CFC.  Par exemple, je citerai le Mont Erebus, un volcan de l’Antarctique en éruption permanente, et qui rejette en permanence des milliers de tonnes de gaz, notamment des composés chlorés, juste à l’endroit où l’on situe le fameux trou dans la couche d’ozone.

    Nous disposons donc aujourd’hui de nombreux éléments qui vont dans un sens totalement incompatibles avec la thèse des médias qui désigne l’homme comme l’auteur de ce crime écologique.

    Cela dit, les conséquences économiques et politiques, elles, sont bel et bien réelles.

    Il y a d’abord la création d’instances internationales chargées de contrôler l’évolution du trou, et d’inciter les États à arrêter ce processus destructeur. Elles sont cependant restées relativement discrète, par rapport à ce qui se passe sur l’autre front, celui de l’effet de serre.

    Il y a ensuite l’effet médiatique et psychologique qui s’est traduit par l’introduction dans la conscience collective d’un sentiment nouveau: celui d’une authentique responsabilité mondiale qui impliquerait aussi bien les Russes, les Chinois, les Américains que les Européens (car, dans l’atmosphère, tous nos déchets finissent par se mélanger).  Ainsi est apparue, et s’est imposée l’idée que l’on était bel et bien en face d’un véritable problème commun, qu’il fallait nécessairement gérer en commun.

    Un sentiment d’interdépendance s’est ainsi créé qui conduit les opinions publiques à considérer que leur sort est désormais lié aux rejets de CFC qui souillent l’autre côté de la planète.  Refuser de l’admettre vous désigne automatiquement comme complice d’une entreprise de destruction de la planète.  Se diffuse ainsi un sentiment d’allégeance, non plus à une communauté locale, nationale, voire européenne, mais à une communauté mondiale.  Ce facteur psychologique représente un fait politique de première grandeur.

     

    L’imposture de l’effet de serre

    Maintenant, parlons de l’effet de serre. Il résulte, nous dit-on, du réchauffement dû au gaz carbonique rejeté dans l’atmosphère par la combustion du bois, du gaz naturel ou du pétrole. Cette menace est terrifiante puisqu’il devrait en résulter une élévation de la température terrestre moyenne comprise entre deux et cinq degrés. Le niveau des mers pourrait monter de plusieurs dizaines de centimètres.  Les maladies tropicales remonteraient jusque chez nous et le cycle de l’eau potable dans son ensemble serait totalement perturbé.

    Il s’agirait donc d’un problème vraiment global, touchant l’ensemble de la planète, puisque toute activité humaine implique une production d’énergie, donc des rejets de gaz carbonique.  C’est un problème économique global qui touche toute la société, dans la moindre de ses activités, telle se chauffer ou se déplacer.  Tout le domaine social, politique et institutionnel sera donc fatalement concerné.  Même l’éthique parce que, compte tenu du danger infini que fait courir cette menace à l’ensemble de la planète, il faudra, nous dit-on, modifier tout notre système de valeurs, y compris les valeurs spirituelles.

    Il faudra également adapter le droit international, modifier aussi tout le système éducatif.

    On est donc en présence d’un phénomène "systémique", quasiment à l’état pur, et qui touche à tous les domaines de liberté et d’organisation des êtres humains.

    La Commission trilatérale, dont les membres représentent à eux seuls à peu près soixante pour cent des forces économiques de la planète, évoque clairement l’objectif d’une réduction de la consommation d’énergie dans les pays développés comprise entre 20 et 60 %.  Je vous laisse imaginer ce que cela signifie en terme économique.

    Que faut-il en penser, du point de vue scientifique ?  Deux écoles s’affrontent.  La première, l’école des libéraux, soutenus par des savants américains de renom, parle explicitement d’imposture. La deuxième école est celle des révolutionnaires qui, depuis la fin des années soixante, ne cessent d’annoncer une catastrophe imminente.  Pour eux, il est incontestable que la température a déjà commencé à augmenter; et même que le niveau des mers subit déjà un phénomène d’élévation sensible.  En réalité, ceux qui parlent ainsi se fondent encore une fois sur des modèles très incomplets, approximatifs, et donc complètement faux, de l’avis même des savants les plus rigoureux et les plus objectifs.

    Toutes les prévisions déduites de ces modèles se sont jusqu’ici toujours révélées inexactes, très éloignées de la réalité.  La plus belle preuve de leur erreur réside dans leur incapacité à donner une simulation acceptable des évolutions climatiques du passé.  Les équations qu’ils utilisent sont très simplifiées.  Notamment, elles n’intègrent pas les phénomènes d’ondes planétaires, qui jouent dans ce domaine un rôle important.

    Des travaux plus rigoureux, et qui ne s’appuient pas uniquement sur des modèles de simulation mathématiques, suggèrent qu’il y a effectivement une certaine augmentation de la température dûe au gaz carbonique.  Ils ne nient pas que les rejets humains puissent exercer une influence sur l’évolution des climats.  Mais ils montrent que cette influence est extrêmement faible - de l’ordre de 0,5 degré seulement -, qu’elle est donc à la limite de l’indécelable, et qu’elle ne représente en fait pas grand chose par rapport aux fluctuations climatiques naturelles que l’on enregistre par delà les siècles.

    Nous ne devons pas oublier que le climat est un élément qui varie en permanence. Par ailleurs, un demi-degré de réchauffement serait plutôt une bonne chose car l’augmentation de la concentration en gaz carbonique qui le provoquerait bénéficierait plus qu’elle ne nuirait à la croissance des plantes, donc à l’agriculture, aux forêts, et plus généralement à la vie - puisque celle-ci se fonde d’abord sur le phénomène de photosynthèse.

    Il est peut-être possible d’identifier quelques effets secondaires négatifs bien insignifiants; mais fondamentalement les écologistes ne convainquent qu’eux-mêmes, et ceux qui ont envie d’être convaincus.

    En fait, l’effet de serre est principalement imputable aux modifications de l’activité solaire, le soleil étant le principal vecteur d’influence sur le climat.  Les scientifiques observent cette influence depuis une cinquantaine d’années.  Même si nous n’en comprenons pas encore tous les mécanismes, c’est un phénomène qui est de mieux en mieux connu.  Par ailleurs, il est bien connu également que des éléments contingents, comme la modulation du rayonnement galactique, exercent une influence sur l’évolution de la couverture nuageuse et ainsi modifient la manière dont une partie des rayons solaires est renvoyée vers l’espace.

    Alors qu’en dire, sinon que ce à quoi nous avons affaire n’est qu’une grosse "escroquerie". La majorité des savants s’efforcent de résister à cette double imposture médiatique et politique (parce que les hommes politiques, s’ils le voulaient vraiment, auraient tous les éléments à leur disposition pour savoir ce qu’il en est véritablement).

     

    Le principe de précaution, retour à la pensée magique

    Les conséquences de cette imposture sont gigantesques car elles touchent à tous les domaines, qu’ils soient économiques, éthiques et spirituels. Il faut donc bien comprendre ce qui est en cause. Notamment tout ce qui découle de la mise en pratique de ce fameux "principe de précaution" auquel tout le monde se réfère aujourd’hui de plus en plus ouvertement.

    Ce principe dit en substance que toute action doit être interdite dont il n’est pas prouvé de manière certaine qu’elle n’entraînera pas d’effets négatifs.

    Fait essentiel, ce principe de précaution se trouve d’ores et déjà, de facto, intégré dans le droit, tant dans le droit international que dans le droit français. Il ne s’agit pas seulement d’une lubie d’intellectuels. Mais d’un instrument extrêmement puissant qui nous replonge directement dans l’univers de la pensée magique. En effet, si on le suit à la lettre il en découle que dès que quiconque envisage un danger, aussi imaginaire soit-il, se crée une règle de droit qui nous interdit tout ce qui pourrait concrétiser ce danger (imaginaire) et nous enjoint ce qui pourrait l’écourter. Ainsi, si un écologiste prétend, de manière convaincante (mais purement rhétorique) que brûler du pétrole augmente la température de l’atmosphère, même si personne en fait n’en sait rien, et s’il n’en existe aucune preuve scientifique, il résulte du principe de précaution que cette assertion devient ipso facto vraie du point de vue du droit, et entraîne des effets juridiques.

    L’aboutissement d’une telle approche est, logiquement, de conduire à l’arrêt de toute activité économique, et de toute activité tout court! Concrètement, il s’agit seulement de limiter l’activité économique des pays développés, de manière, nous dit-on, à favoriser le rattrapage des pays sous-développés. Je suis bien entendu favorable au développement des pays sous-développés, mais pourquoi freiner le développement des autres?

    Pour terminer, je voudrais revenir sur les objectifs du mouvement mondialiste et évoquer un instant un texte extraordinaire. Il s’agit du Report From The Iron Mountain (1967, trad. française de 1984 sous le titre La Paix Indésirable? – rapport sur l’utilité des guerres ). Son sujet: l’utilité économique des guerres. Plus exactement, dans la perspectives de la convergence entre le système soviétique et le système américain - donc de la disparition des guerres - comment remplacer le rôle économique que remplissait le système militaro-économique par quelque chose d’autre?

    Sur bien des aspects, c’est un rapport délirant. Mais il a tout de même fait l’objet, en son temps, d’un très vif débat aux Etats Unis, auquel ont participé les plus grands intellectuels du pays. Il a notamment bénéficié d’une couverture médiatique maximale.

    Parmi les solutions proposées comme substitution au système militaro-industriel figurait la création d’une menace écologique fictive qui permettrait de remplir une "mission". Quelle mission? Dans l’esprit des auteurs, il s’agissait de trouver le moyen de conserver à l’Etat un minimum de contrôle effectif sur l’appareil économique. Autrement dit, d’utiliser la réglementation écologique pour maintenir dans les mains de l’Etat une capacité d’action économique (mais aussi psychologique) qui se substituerait à celle dont il disposait dans le passé du fait des dépenses d’armement.

    Ce texte remonte aux années 1965-1967. Mais nous subissons sa postérité. Dans L’Empire Ecologique, je montre comment tout un courant, représenté aujourd’hui par le vice-président américain Al Gore, s’inspire de cette problématique.

    La conséquence de tout ceci, aujourd’hui, ce sont les protocoles adoptés lors de la conférence de Kyoto: quotas de gaz carbonique, vente et revente de ces quotas… Il en résultera que la production baissera dans les pays développés et augmentera dans les pays sous-développés. On aura des délocalisations massives d’industries, de capitaux, de technologie, voire même de main d’œuvre et de compétences. Autrement dit, le point d’arrivée de toute cette manipulation scientifique, médiatique, et politique, correspond très directement à ce qu’étaient les objectifs de départ formulés dans les années 1970 par les tenants du "Nouvel ordre mondial".

    Mais tout cela se fait aujourd’hui sous le couvert d’un langage soit disant libéral, au nom du libéralisme. La caractéristique de cette nouvelle idéologie au pouvoir est de nous affirmer que, depuis la disparition du communisme, nous sommes libres de faire ce que nous voulons; mais, attention, seulement à l’intérieur de certaines limites, déterminées par le niveau de rejets de gaz carboniques acceptable! Ainsi se trouvent conciliés une certaine apparence de libéralisme, avec un constructivisme et un dirigisme tout à fait réels, puisque ce que l’on y retrouve est une approche "systémique" caractérisée où les acteurs économiques de niveau inférieur sont libres de faire ce qu’ils veulent, mais dans un cadre pré-déterminé par les institutions internationales, en particulier celles qui ont en charge les questions de l’effet de serre.

     

     

    L’écologie, levier d’un détournement de l’État de droit

    Quels sont les éléments de libéralisme que ce système conserve? Le premier, psychologiquement le plus important, est l’illusion de la liberté individuelle. C’est l’héritage de tous les travaux de psychologie sociale qui ont établi de manière certaine que l’on ne peut gouverner un pays ou faire fonctionner une économie, ni en fonctionnant comme les soviétiques, ni en autorisant une trop grande autonomie des acteurs. Le système actuel intègre cette critique, puisque vous y trouvez une liberté individuelle qui est tout à fait considérable, avec une apparence de pluralisme, mais qui intègre un point qu’il n’est pas permis de remettre en cause: la question de l’effet de serre.

    Vous avez donc un système complexe, auto-organisé, sans contrôle apparent, avec un ordre social spontané. Vous avez également un Etat de droit, autre élément fondamental. Donc, apparemment et du point de vue des médias, nous sommes dans un Etat de droit. Nous sommes gouvernés par des lois, et non par des hommes ou des dictateurs. Mais ces lois, règles abstraites, s’inscrivent au sein d’un cadre qui est prédéterminé par les institutions internationales, en particulier celles qui ont en charge l’effet de serre, et sont donc en mesure d’exercer une influence décisive sur toutes les activités économiques.

    Nous sommes donc gouvernée par des lois. La contrainte est réduite au minimum. Nous nous sommes affranchis de tout système totalitaire pour rentrer dans quelque chose qui a les apparences d’une société de droit. Mais ce ne sont que les apparences d’une société ouverte, parce que cette société, encore une fois, s’inscrit dans un cadre qui a été pré-fixé. Il y a en quelque sorte instrumentalisation, détournement des idées libérales par le biais du caractère central donné à la gestion collective de certains "biens communs" tels l’atmosphère. La gestion de ces "biens communs" est l’alibi, le levier qui permet aujourd’hui d’aller jusqu’à réécrire complètement les règles de la justice et de la morale, tout en prétendant rester dans le droit chemin de la critique libérale. Cela permet de manipuler les valeurs ou les attitudes, de manipuler les normes sociales et la sensibilité.

    A l’instar de la conception marxiste évoquée au début de mon intervention, nous avons affaire à la modification de la superstructure par la modification des règles qui s’appliquent à la société.

    Cette synthèse "systémique" offre, au niveau inférieur, un semblant de société ouverte, mais avec un échelon supérieur qui s’emploie à générer des règles finalisées d’où découle une société qui n’a plus que les apparences de l’ouverture. Nous ne sommes plus dans une société ouverte. Nous n’en avons que l’ apparence. C’est une société fermée qui s’inscrit dans la logique d’une telle approche

    L’objectif, j’y reviens, est rien moins que de créer une nouvelle civilisation. De manière globale, on a quelque chose qui ressemble fort à une manipulation de la conception de Dieu.

    Là encore, les textes des institutions internationales sont explicites. Ils nous montrent que l’écologie se résume souvent à une volonté de ramener les individus vers une conception païenne de la nature, où c’est la nature qui est la divinité. Ce qui est ainsi clairement recherché est une modification explicite de la conception de l’homme, de Dieu, de la nature, du monde … donc une modification des conceptions culturelles de fond de notre civilisation.

    Notre civilisation est fondée sur une conception judéo-chrétienne de l’homme, que l’on soit chrétien, juif ou musulman. Ce paradigme - l’homme, un être voulu et conçu par Dieu -, est la base de notre droit.

    Dès lors que l’on comprend que la conception de l’homme dans l’Univers est fondamentalement mise en cause – "l’homme, cet être néfaste et polluant" -, on a également compris que l’écologie vise finalement rien moins qu’au renversement de cette conception pour lui substituer la collectivité. L’homme ne vient plus qu’en second. On passe de l’homme en tant qu’individu, à l’homme comme membre de la collectivité. Le totalitarisme n’est pas mort.

  10. LOmiG a dit :

    Merci pour ces "quelques" précisions !!! lol

  11. LOmiG a dit :

    re-salut Jean,

    merci pour cette conférence superbe, où je retrouve quasiment tous les thèmes traités, qu’ils soient scientifiques ou politiques, par Jean de Kervasdoué (CNAM) dans son livre "les prophètes de l’apocalypse". Dieu que les gens sont prêts à se laisser convaincre de ce dont ils sont déjà convaincus !!!

    Un peu de lucidité scientifique ne nous ferait pas de mal !

    à bientôt, merci beaucoup pour cette longue citation !

  12. max a dit :

    excellent effectivement!

    Si tout le monde pouvais lire ça, ça m’éviterais bien des heures d’explications inutiles autour de moi :)

    De toutes façons, les gens ne me croiraient pas que l’homme n’est que peu responsable de l’effet de serre ou du trou de la couche d’ozone !

  13. LOmiG a dit :

    c’est ça qui est flippant…!!!!!

    c’est le degré de conviction et d’endoctrinement dans la majeure partie de la population…j’ai du discuter avec mes collègues (tous docteurs en chimie ou en physique) pendant une bonne demi-heure, pour leur faire reconnaitre que la phrase d’Ignacio Ramonet au début est un mensonge…et pour leur faire "entrevoir" l’idée que peut-être on NE SAIS PAS si l’homme est responsable du réchauffement climatique. On dirait que vivre avec l’idée qu’on ne sait pas, dérange les gens. Pourtant, pour l’instant, on ne sait pas. 

  14. Anne a dit :

    Lomig,
    C’est foutu pourtant, concernant la pensée unique sur ce thème : ils ont été jusqu’à donner le Nobel à Al Gore !! Je vois mal un retour en arrière avant des décennies.
    Je crois que c’est en 2000 ou 2002 qu’une pétition de plusieurs milliers de scientifiques dans tous les domaines, avaient signé une pétition pour que cesse la désinformation, et pour que l’on puisse entendre d’autres voix que celles qui crient à la catastrophe climatique, et causée par l’Homme : cette pétition est restée dans un cadre très intimiste et a quasiment été enterrée.

    Passionnante conférence que celle de P.Bernardin, qui fait bien comprendre la genèse de ce phénomène.
    Concernant le foutu principe de précaution, j’ai ça : http://blog.georgeslane.fr/pos.....-dirigiste
    (Au passage, les Américains nous prennent pour des demeurés de l’avoir inscrit en préambule de notre Constitution…).

    Et pour rompre le cou de la pensée unique en matière de climat, ce site d’un chercheur du CNRS à la retraite : http://www.pensee-unique.fr/

  15. max a dit :

    Bon, ici on nous dit que le réchauffement climatique est bien d’origine humaine: http://www.humanvillage.com/Ed.....t-est.html

    Qui croire ?

  16. Anne a dit :

    Justement Max : et si on ne savait pas ? Puisqu’il y a autant de tenants de l’une ou l’autre des deux thèses ? Pourquoi ceux qui soutiennent celle qui responsabilise l’action humaine est-elle privilégiée au point d’être la seule à avoir le droit de s’exprimer ? Curieux quand même.
    Pas besoin d’avoir fait de hautes études scientifiques pour savoir que depuis sa création, la Terre a connu maints cycles climatiques, plus ou moins longs, allant de la glaciation totale au réchauffement, et sans “l’aide” de l’humain, inexistant, ou encore bien incapable d’influer sur le climat.
    Et d’ailleurs, y a -t-il réchauffement ? Même là tous ne sont pas d’accord ! Et en admettant, ils ne sont même pas tous d’accord sur les conséquences sur le Gulf Stream !

  17. max a dit :

    Oui je suis d’accord, on peut admettre qu’on ne sait pas. C’est même la position la plus sage si on ne sait pas :)
    Mais quand même, sur ce débat ça me semble étrange. Les chiffres avancés des deux cotés semblent tellement différents… Il y a bien une vérité scientifique à l’heure actuelle, même incertaine.
    Les chiffres sont trop différents c’est bizarre…
    Sur le site que j’ai posté avant, plusieurs graphes “montrent” que depuis le début de l’activité industrielle, plusieurs indicateurs ont varié considérablement, ce n’est pas du tout ce que disent les autres sources de ce post.
    Je ne comprends pas.
    Qui a les “vrais” chiffres ? Personne ne les a ?

  18. Anne a dit :

    Ah ! Les “vrais” chiffres ! Tu sais bien que chacun les a toujours, et qu’on leur fait dire ce que l’on veut….:-)

  19. LOmiG a dit :

    salut max,
    j’ai passé pas mal de temps à lire et à essayer de comprendre sur ce sujet avant de balancer mon article. Ce qui ressort est simple :

    1. nous sommes dans une période plutôt chaude (sur l’échelle de temps longue correspondant aux cycles astronomiques
    2. il y a une augmentation des émissions de CO2 liés à l’activité humaine
    3. certains franchissent allègrement le cap en disant que l’un est la cause de l’autre (ils pourraient être simplement covariants, et causés tous deux par autre chose)
    4. les modèles du GIEC utilisés pour faire peur à tout le monde donnent des prévisions du climat à 100 ans, avec des modèles qui ne sont même pas capables de reproduire les variations du passé en terme de température. Par ailleurs, ces modèles sortent des témpératures avec des erreurs de 300%

    le reste, c’est de la politique. Principe de précaution, qui se marie très bien avec l’anti-américanisme, l’anti-capitalisme, et le tour est joué.
    à bientôt !

  20. pap a dit :

    “Notre civilisation est fondée sur une conception judéo-chrétienne de l’homme, que l’on soit chrétien, juif ou musulman. Ce paradigme - l’homme, un être voulu et conçu par Dieu -, est la base de notre droit.

    Dès lors que l’on comprend que la conception de l’homme dans l’Univers est fondamentalement mise en cause – “l’homme, cet être néfaste et polluant” -, on a également compris que l’écologie vise finalement rien moins qu’au renversement de cette conception pour lui substituer la collectivité.”

    Bravo pour ce blog qui réussit à réunir des gens capables d’argumenter sérieusement sur des sujets passionants. je voudrais cependant revenir sur la conclusion que je trouve trop simple de bernardin (entre guillemets ci dessus). Pourquoi la conception judéo chrétienne de l’homme serait -elle remise en cause par l’écologie, même si l’on admet la réflexion de Bernardin? Est-on suspect de collectivisme si on aspire à ce que les hommes puissent vire ensemble, en grand nombre, selon les principes judéo-chrétiens? En quoi la collectivité serait-elle radicalement opposée à l’homme conçu et voulu par dieu? L’ojectif de la politique dans le monde judéochrétion n’est-il pas précisément de permettre que chaque individu puisse vivre sans que la collectivité ne l’écrase? Et l’écologie n’est-elle pas un des moyens de la politique? Que la pensée collectiviste ait saisi très tôt que l’écologie lui donnait des moyens idéologiques pour son éternel combat anticapitaliste c’est ceratin. Mais cela montre surtout comment la pensée libérale a tardé à s’approprier l’écologie pour la défense de ses idéaux. C’est la lecture de Bernardin que je fais et j’en propose une explication que je soumets à vos blogueurs: l’appropriation collective de l’écologie est plus facile que la mise en oeuvre individuelle. Il est plus facile de lancer une politique nationale d’énergie nucléaire que d’obtenir une modification profonde des comportements individuels des citoyens en faveur de conduites écologiques. Comme il est plus facile d’installer des radars sur les routes que de modifier sa conduite ou de choisir individuellement un véhicule propre. C’est là aussi que le déficit religieux judeochrétien est en cause, lui qui donne à l’homme la responsabilté sur son destin.

  21. LOmiG a dit :

    salut Pap,
    oui tu as raison : il y a des sujets qui semblent plus faciles à faire bouger de manière collective (écologie, sécurité routière)…
    Cependant, il me semble aussi que la mise en oeuvre individuelle n’est possible que si la responsabilité individuelle est clairement définie. Et donc les droits de propriété.
    L’approche collective part du principe que l’humanité entière est responsable de son environnement écologique. C’est vrai, et c’est flou à la fois.
    Par ailleurs, je trouve dangereux de dire que l’action collective est justifiée, quand elle se base sur des approximations scientifiques, et sur une application dogmatique du principe de précaution, sombre connerie ! Toute action comporte des risques.
    à bientôt !

  22. Jean a dit :

    Le problème c’est que le livre de Pascal Bernardin “L’empire écologique”, est un tissu de citations très récentes des plus hautes autorités mondiales…

    visant à instaurer un nouveau communisme mondial,

    ayant sa propre religion : qui n’a pas déjà entendu des réactions de ce genre auour de lui : le grand péché moderne est d’offenser l’écologie ?
    Le mal ou les mauvais sont ceux qui réchauffent la planète !
    Serrez les fesses les amis, interdiction de p…r !

    C’est fou de voir combien ces pseudo-principes ont pénétré les mentalités autour de nous !

    Le communisme n’est pas mort, malheureusement ; il n’y a qu’à voir les plus hautes instances à Bruxelles dirigées par des anciens apparatchiks des pays de l’Est !

    Voici une citation pas si éloignée qu’il n’apparait du sujet:

    David Rockefeller, 8 juin 1991, Essen, Allemagne :
    “Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au Time Magazine et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discretion durant presque quarante ans. Il nous aurait été impossible de développer notre plan pour le monde si nous avions été soumis aux lumières de la publicité durant ces années. Mais maintenant le monde est plus sophistiqué et préparé à se diriger vers le gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle de banquiers mondiaux est certainement préférable à l’auto-détermination nationale pratiquée dans les siècles passés.”

    Qui ne voit pas aujourd’hui ce pullullement d’agences bancaires partout en France jusque dans les villages les plus reculés, n’ayant ni boulangerie, ni charcuterie, ni rien à manger ?
    C’est vraiment de la vermine qui gangrène ce pauvre pays !

  23. Stalker a dit :

    LOMIG: “Pourquoi des études financées par des fonds privés seraient moins indépendantes que celles financées par des fonds publics ? C’est une forme de suspision tout à fait anti-capitaliste, anti-patron, et qui me semble également dangereuse…”

    Euh, c’est parce que les entreprises privées ont des intérêts à défendre, pas les universités, du moins, idéalement (on connaît la présence de plus en plus marquée du privé dans le financement des centres de recherches).

    Mais bon, si vous préférer croire à Exxon et les think tank qu’elle finance, libre à vous. Si la vérité se résume à la capacité de payer et de la diffuser…

  24. max a dit :

    Les universités n’auraient t elles donc pas d’intérets à défendre ?
    Quel est le rapport avec le financement du privé dans les centres de recherche ? Les universités ont effectivement tout à gagner de jouer le jeu avec les entreprises privées.

  25. Stalker a dit :

    Vous avez raison, MAX: la mission de l’université est de plus en plus pervertie par les exigences qui lui sont faite de s’intégrer au marché. On ne s’en sort pas. Là oèu je ne ne suis pas d’accord avec vous, c’est lorsque vous dites qu’elles ont tout à gagner de jouer le jeu du privé. Disons que cela dépend de l’importance que nous accordons à la valeur de vérité. Pour moi, l’université a fait naufrage en s’intégrant au sytème techno-économique capitaliste et se pliant aux intérêts privés. Il n’y a plus rien d’universel lorsque la production intellectuelle se voie baillonné par la logique des brevets et du secret industriel.

    Disons qu’il faut être fait fort pour garder espoir pour que la vérité ne se résume pas à l’argument du plus fort la poche.

    Bien à vous,
    S Thellen

  26. max a dit :

    Bonjour Stalker,

    Je n’ai jamais dit que l’université était de plus en plus “pervertie”, et j’ose même espérer qu’elle puisse se sortir “grandie” de son intégration au marché. En fait, je ne sais pas trop si elle a le choix.
    Quant à ton postulat que “la vérité ne sort que du système public”, si je résume grossièrement ce que tu dis, il me semble assez dogmatique pour ne pas dire complètement biaisé et idéologique.
    Enfin, pourquoi la production intellectuelle est elle baillonée par la logique des brevets ? On dirait que tu as fait un copié-collé sur le site de l’Humanité :) Explique moi cela s’il te plait.
    Merci beaucoup

  27. LOmiG a dit :

    discussion intéressante, merci Max et Stalker de la lancer !
    Stalker, pour répondre à ton commentaire : il me semble complètement faux, comme Max l’a souligné, que les universités n’ont pas d’intérêts à défendre…! Archi-faux.
    Toute personne, tout groupe de personne, toute organisation à des intérêts à défendre. L’université n’échappe pas à la règle, et ce n’est pas souhaitable. Le fait de devoir défendre des intérêts est aussi ce qui fait bosser, avancer, innover, progresser.
    Si l’Université travaille de plus en plus avec les boites privées, c’est par une convergence d’intérêts : chacun y trouve son compte. Ce n’est donc pas le fruit d’une “oppression” du privé sur le “public”, ou d’une “perversion” par le fric ! L’Université, au contraire, comprend l’intérêt qu’elle a à travailler avec le privé. Elle s’adapte au monde. C’est un signe de vitalité, plus que de faiblesse. Et en l’occurence ça fait plaisir de voir qu’elle s’extrait (lentement) de l’influence - néfaste pour le coup - de corporations qui ont trop longtemps défendu leur propre intérêt au dépend de l’organisation pour laquelle elles travaillent.
    On sort peu à peu du dogmatisme marxiste et anti-capitaliste qui régnaient en maitre à l’Université, notamment par le biais de syndicats qui jouaient systématiquement l’immobilisme !
    à bientôt !

  28. Stalker a dit :

    Merci Lomig pour ton commentaire et le ton employé.

    Cela dit, j’ai l’impression de tomber dans ce blog comme un cheveux sur la soupe, un extra terrestre qui ne partage pastout à fait la même grille de lecture, surtout en ce qui a trait au rôle socio-historique de l’université moderne. Entre autre parce que vous semblez voir la société et ses institutions comme devant s’adapter à la logique du marché alors que je prétends au contraire que le marché devrait s’adapter au besoin de la société et de ses institutions. Point de vue différent et j’imagine irréconciliable. Merci néanmoins de ne pas trop m’égratigner (malgré le fait que MAX prétende que ma subjectivité se résume à du copier collé, ce qui n’est pas tout à fait gentil, mais c’est de bonne guerre).

    Ainsi, j’ai plutôt de la difficulté avec les assertions suivantes:

    “En fait, je ne sais pas trop si elle a le choix.” (de s’adapter à la logique du marché)

    et

    “Elle s’adapte au monde.”

    Vous prétendez, Max en tout cas, je suis dogmatique, biaisé et idéologique… C’est drôle, mais moi c’est le discours sur l’adaptation nécessaire qui m’apparait idéologique.

    Aussi, je dois vous dire que c’est moins comme anti-capitaliste que je prend la parole ici, au sens politique du terme en tout cas, qu’en tant que sociologue de l’éducation, m’intéressant aux récentes transformations de l’université et son annexion aux logiques des intérêts privés, c’est-à-dire à la remise en question de l’autonomie de la réflexion vis-à-vis des intérêts corporatifs, qu’ils soient, soi dit en passant, étatique ou privés. Le problème, c’est l’exigence de la rentabilité, de la performance, de l’excellence, comme idéologie incontournable.

    Vous avez raison, Max, de souligner les travers du syndicalisme, il faudrait approfondir ce frein à la connaissance que constitue, par exemple, à l’occasion -pour ce que j’en connais, c’est quand même un peu rare-, l’encouragement à l’incompétence par la protection de l’emploi.

    Pour ce qui est de la question des brevets, plusieurs recherches ne peuvent être menées aujourd’hui en raison des couts exorbitants exigés par les détenteurs de brevets, notamment au niveau du cancer. Plutôt que d’un projet global collectif, basé sur le partage de l’information, on assiste, dans tous les domaines à la mise en place d’une culture du secret, de la suspicion, de la guerre des idées, ou l’arbitre est moins la raison que le marché. Nous sommes entrain de breveté des séquences génétiques, qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité, ce qui aurait été impossible il y a un siècle de cela. Quand on pense à de nombreuse découvertes, comme les composés chimiques, personne n’aurait osé prétendre: j’ai découvert le cadmium, il m’appartient, tout usage exigera des redevances !

    Bonne journée à vous, chers cousins français
    de la part d’un québécois poilu qui sans être coco, est farouchement anti-néolibéral (par néolibéral, outre le discours idéologique des économistes de cette tendance, je pense à l’arrogance de certains industriels qui affirment que la globalisation , c’est “la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, quand il veut, de produire ce qu’il veut, d’acheter et vendre où il veut, et d’avoir à supporter le moins de restrictions possibles par la législation du travail et les conventions sociales”. Percy Barnevick)

  29. Stalker a dit :

    Un tableau, plutôt inspiré selon moi, issus de l’Atlas du monde diplomatique concernant “les sommes versées par Exxon Mobil entre 2000 et 2003 à des think tank contestant le réchauffement climatique. Vous n’avez qu’à cliquer pour agrandir.

  30. Stalker a dit :

    Désolé, j’ai essayé de tagger le lien, sans succès.

    Voici le lien:

    http://societerre.blogspot.com.....tique.html

  31. max a dit :

    Bonjour Stalker,

    D’abord, désolé si le ton que j’ai employé t’a semblé agressif, je le voulais plutot ironique. Il me semblait juste que les phrases que tu employais étaient intérprétation franchement orientée du monde (ce que je ne juge pas) et nécessitaient donc une argumentation supplémentaire.
    Si on reste sur tes premiers commentaire, par exemple celui ci :

    “Pour moi, l’université a fait naufrage en s’intégrant au sytème techno-économique capitaliste et se pliant aux intérêts privés.”

    je pense qu’il est difficile de dire ça sans apporter au minimum quelques arguments qui vont dans ce sens. D’où mon ironie.
    A lire cette phrase, on pense (peut etre que j’interprète mal tes propos) qu’il n’y a plus de voie possible d’amélioration de l’université dans un contexte capitaliste. Il existe un grand nombre d’université de haut niveau ayant pour source de financement des groupes privés.
    En quoi un centre de recherche produit il “une vérité” de meilleure qualité lorsque ses sources de financement sont publiques que dans le cas où elles sont privées ?
    Je suis désolé mais cela ne me semble pas évident. Je suis prêt à en discuter.

  32. Stalker a dit :

    “En quoi un centre de recherche produit il “une vérité” de meilleure qualité lorsque ses sources de financement sont publiques que dans le cas où elles sont privées ?
    Je suis désolé mais cela ne me semble pas évident. Je suis prêt à en discuter.”

    En fait, c’est un peu comme au niveau médiatique: le budget n’est pas garant de la qualité de l’information et de l’objectivité. Au niveau universitaire, les recherches par subvention oriente le type d’étude en fonction de la possible rentabilité de la vérité produite. Pour ne donner que l’exemple de ce qui se fait en psychologie, financé par l’industrie pharmaceutique, les tenants d’une anti-psychiatrie et de la psychanalise ne font plus le poid, n’arrive plus à recruter de jeunes chercheurs, etc. Toute la recherche fondamentale pour moi devrait être autonome, jugée par les pairs et non par des conseils d’administrations à la recherche de profit.

    Pour ce qui est de la phrase : “Pour moi, l’université a fait naufrage en s’intégrant au sytème techno-économique capitaliste et se pliant aux intérêts privés.”, c’est que oui, d’un point de vue socio-historique, et non anti-ceci ou cela, je le répète, perds en terme d’autonomie institutionnel. Je trouve que nous vivons dans une société qui s’appauvrit si nous n’arrivons plus à garantir cette autonomie de la réflexion, et non d’une société qui s’enrichit, malgré les apparences.

    Voie possible d’amélioration ? Certes, mais comme je l’ai indiqué, nous vivons des temps difficiles et il y a peu de raison d’espérer car tout porte à croire que plusieurs d’entre nous souhaite un fois pour toute la fin de cette autonomie institutionnelle.

    Est-ce grâve ? Peut-être pas. Plusieurs se réjouissent que l’université s’ouvre au marché, dans un contexte de “société de la connaissance”, université et système financier sont de plus en plus inter-relié.

    Je ne suis pas essentiellement contre le financement privé. Mais entre nous, de la même façon que les institutions capitalistes globalisées ont déclassé les États dans leur capacité d’articuler une cohérence nationale, comme cela était le cas dans les sociétés modernes, les universités sont appelées à s’adapter à la logique de la compétition, de la croissance, etc… Vous pouvez vous en réjouir, mais pour moi, c’est une posture idéologique dominante à laquelle je ne souscris pas. C’est d’ailleurs pourquoi on a de plus en plus de difficulté à distinguer production universitaire et production d’institutions privées, comme vous le souligner vous mêmes.

    Notre société n’arrive plus à créer et préserver des espaces non soumis à l’arbitraire. C’est tout. Après cela on peut s’en réjouir ou s’en désoler. Vous connaissez ma position.

  33. max a dit :

    “Au niveau universitaire, les recherches par subvention oriente le type d’étude en fonction de la possible rentabilité de la vérité produite.”

    Parce que si l’état est la source de financement, ceci n’est pas vrai ?
    J’espère que si !

    “Notre société n’arrive plus à créer et préserver des espaces non soumis à l’arbitraire.”

    Sincèrement, tu penses vraiment qu’une quelconque société à déjà créée des “espaces non soumis à l’arbitraire” ? Tu parles de quoi là ? Un exemple de ce type d’espace ? Bon je t’accorde que dans un espace vectoriel, l’arbitraire est faible. Mais sinon ?

  34. Stalker a dit :

    Primo, l’État, dans les sociétés modernes, était garant de l’autonomie des universités, pas du contenu produit par les chercheurs. Je ne dis pas qu’il n’y ait pas eu ingérence, mais cette ingérence n’était pas inscrite dans le mode de fonctionnement de l’institution. Par exemple, la nomination des professeurs et la validation des recherches par les pairs.

    Pour ce qui est des espaces non soumis à l’arbitraire, il s’agit d’une mission de l’université: soumettre les enjeux de vérité à la délibération entre les pairs, et non les assujettir à des besoins sociaux.

    Vous est peut-être contre cet idéal de l’université moderne (je souligne : la modernité se constitue autour d’idéaux, de projets), mais cela n’empêche qu’il y a transformation. Jean-François Lyotard en a même fait l’objet central de sa réflexion sur La Condition Postmoderne. (http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=liv&livre_id=2180)

    Je vous invite à lire des ouvrages de philosophes (Bill Readings: http://www.hup.harvard.edu/catalog/REAUNI.html), sociologies (Michel Freitag: http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Freitag) et d’historiens des sciences à cet effet. On est pas dans l’idéologie ici, dans l’opinion, mais dans une réflexion épistémologique sur l’écart béant entre l’idéal de la connaissance et la réalité…

    Soumettre la connaissance à l’arbitraire du débat rationnel en finalité plutôt qu’à l’arbitraire du marché, voilà où je place mes billes. Bien sûr, la question du Naufrage, est une figure de style. Il demeure des espaces de discussion libre. Moi je pense qu’il faut les protéger. Mais ce n’est pas demain la veille dans la mesure où on ne sait même plus ce qui appartient à différent ordre de réalité dans “un contexte social capitaliste”, comme vous le souligner.

  35. LOmiG a dit :

    salut Stalker,
    je me permet de prendre une situation que je connais bien, pour illustrer ce que je voulais dire…
    Je travaille dans l’industrie. Je co-encadre une thèse qui se déroule dans un laboratoire universitaire. Ma boite finance donc un partie des travaux par le biais d’un contrat passé avec le labo. Je ne vois absolument pas en quoi cela limite ou gêne l’autonomie du laboratoire, la liberté du travail de recherche. Nous travaillons ensemble parce que nous avons un intérêt commun qui est - très exactement - l’émergence de la vérité scientifique sur un sujet bien particulier. Cette collaboration gêne-t-elle, ou favorise-t-elle l’émergence de résultats scientifiques fiables et vérifiables/vérifiés ? Elle la favorise, bien sûr. Ni l’un ni l’autre nous n’aurions fait ce travail seuls !
    Voilà de quoi on parle concrètement quand on parle d’ouvrir l’université au monde industriel / commercial.
    Les deux parties sont gagnantes, s’enrichissent l’une de l’autre. En quoi cela pourrait-il être un ingérence ?
    Il n’y a aucune limitation de la liberté de pensée du chercheur là-dedans ! Voilà la réalité concrète que je connais bien.

  36. Stalker a dit :

    Je dois être bref (travail oblige)…

    Je suis d’accord avec vous. J’ai cru comprendre que vous étiez ingénieur. Chez nous, les ingénieurs sont formés à l’extérieur des université, soit à la polytechnique. J’admet que dans ce contexte particulier, il y a un lien direct avec le le marché du travail.

    Par contre, pour parler ingérence, j’ai fait état un peu plus haut du cas des départements de psychos. Pour ce que je connais de certains dérapages au niveau polytecnnique, car il y en a, il y a ces entreprises qui financent certains départements et qui exige les travaux de fins d’études des étudiants, qu’ils en deviennent propriétaires. Est-ce que vous trouvez que cela est convenable ? Il y a limitation de la liberté de penser lorsque les étudiants doivent se soumettre à des impératifs marchands et il y a ingérence malsaine lorsqu’on s’approprie des travaux des étudiants et des enseignants.

    Je ne puis évaluer votre cas personnel et je vous donne le bénifice du doute. Cela dit, les sociologues ne parle pas à partir de fait individuel mais de tendance lourde, d’enjeux socio-culturels. C’est à cette enseigne que je prétends qu’il y a (ou devrait avoir) une différence entre la formation dans une université et dans le privé.

    En clair: la quesion de la rentabilité peut être une question importante que se pose l’industriel. Le scientifique travail au niveau des possibles, doit avoir une vision plus large, qui transcende les aléas de l’actualité et des conditions boursières.

    Encore une fois, il n’y a aucun problème dans le cas précis que vous soulevez, bien au contraire.

    Bien à vous

  37. LOmiG a dit :