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Archive for février, 2008

Le bon citoyen depense du “pouvoir d’achat”

29 février 2008

Comment appelez-vous ce que vous gagnez avec votre travail ? De l’argent ? Du pognon ? Du flouze ? Des thunes ? Moi aussi. Or il semble que depuis quelques mois, nous ne gagnons plus de l’argent en travaillant, mais du pouvoir d’achat. S’il n’y avait là qu’une histoire de mots, il n’y aurait pas de quoi fouetter un matou. Mais ça n’est pas qu’une histoire de mots. L’argent dont vous disposez, vous pouvez en faire ce que vous voulez : le dépenser (acheter) ou le mettre de côté (épargner).

Utiliser une expression comme pouvoir d’achat véhicule donc l’idée - implicite - selon laquelle l’argent ne sert qu’à acheter. L’épargne est la source des créations de richesses observées dans les sociétés capitalistesC’est le dogme bien connu de l’économie qui tourne grâce à la consommation. C’est une erreur fondamentale. L’économie tourne grâce à la consommation, mais aussi et surtout grâce à l’épargne. Sans épargne, pas d’investissement. Sans investissement, pas de prise de risque, et pas de création d’emplois nouveaux. L’épargne est la base du capitalisme, et la source des créations de richesses observées dans toutes les sociétés capitalistes. On peut être contre cela, mais il faut alors afficher clairement sa position idéologique.

On retrouve tout et n’importe quoi dans les discussions médiatisées à propos de ce fameux pouvoir d’achat : les politiciens - d’une manière bien retorse - montrent du doigt les industriels, les distributeurs, relayés - comme d’habitude - par des journalistes suivistes et incultes. Redistribuer du pouvoir d’achat : l’Etat ne peut redistribuer que de l’argent qu’il a prélevé. Notre argent : celui du contribuable. La seule manière efficace et juste dont disposent les pouvoirs publics pour distribuer de d’argent est d’en prélever moins ! Sauf à continuer dans une logique de prélèvements en augmentation permanente, qui a déjà montrée ses limites.

J’ai failli bouffer mon volant l’autre jour dans la voiture, tellement les débats entendus sur une radio pourtant dite “économique” (BFM) étaient pitoyables. Tous les intervenants étaient dans une logique de planification centrale des prix. Pas un seul n’est intervenu pour expliquer que le meilleur moyen que les prix soient justes est que la concurrence puisse jouer. Ce qui implique que le marché soit ouvert, et que la règlementation ne vienne pas fausser le jeu des prix.

Les prix sont des indicateurs, qui permettent à chacun de décider s’il est prêt à acheter un produit ou un service. La seule manière juste dont disposent les pouvoirs publics pour distribuer de d’argent est d’en prélever moins !Vouloir les fixer de manière arbitraire, centralisée, est un contresens économique majeur. Le pouvoir d’achat est la quantité de biens et services que vous pouvez acheter avec l’argent dont vous disposez. C’est un rapport. Pour l’augmenter soit vous augmentez le numérateur (vous gagnez plus d’argent), soit vous diminuez le dénominateur (les prix baissent). Dans un cas comme dans l’autre, il serait bon d’expliquer que ni les salaires, ni les prix ne devraient être fixés par le gouvernement.

Quand le gouvernement et Sarkozy expliquent qu’ils veulent redistribuer du pouvoir d’achat, tout en nous expliquant que les caisses sont vides, ils nous disent - j’insiste - : nous n’avons plus d’argent, nous allons redonner de l’argent. Deux options : soit les prélèvements augmentent (on taxe les riches pour donner aux pauvres, la dés-incitation à la production de richesse continue), soit l’Etat dépense moins, prélève moins (ce qui induit automatiquement in fine une diminution du nombre de fonctionnaires, assortie d’une redéfinition claire des missions de l’Etat). Des deux solutions, seule la deuxième me parait louable, et je n’en ai pas entendu parler lors des débats sur le pouvoir d’achat.

Le pouvoir d’achat augmentera naturellement quand la création de richesses sera encouragée, et non punie. C’est aussi simple que cela.

CR_RDB

28 février 2008

Hier soir, je suis donc allé à la République des Blogs, pour la première fois. Un lieu sympathique de rencontre entre blogueurs, amateurs de débats politiques et toute personne qui souhaite s’y incruster. La soirée a commencé avec Sébastien (qui tient un blog sur la course à pied), membre des Jeunes Européens, très sympathique. On s’est retrouvé en accord sur le constat que beaucoup de gens sont sous-éduqués en matière d’économie. Il m’a semblé être un sincère fédéraliste européen, peu partisan.

Je m’étais bien dit qu’il fallait que je prenne de quoi noter les noms et les adresses des gens : c’est Allain Jules qui m’a rappelé cela, en passant parmi nous avec son petit papier et son crayon. Très sympathique, mais très pressé aussi : il devait partir à Bruxelles le lendemain. Mais j’ai eu le temps d’apercevoir sur son petit papier un nom familier : Polluxe.

J’ai donc rejoint Polluxe, avec qui nous avons bu une bière, en discutant d’un sujet qui nous tient à cœur à tous les deux : l’Islam. Discussion intéressante. Polluxe m’a expliqué qu’à ses yeux, les avancés de l’Islam sont choquantes, mais que les reculades dont sont capables les démocraties le sont tout autant. Authueil, qui passait par là, nous a rejoint, et la conversion a dérivé sur la laïcité. Thème qui lui est cher en ce moment. Polluxe et moi étions d’accord pour dire que ce thème est redevenu important en grande partie à cause de l’Islam. Authueil a une vision “extensive” - comme il dit - de la laïcité, qui confine à la confondre avec le libéralisme. Pour lui, tout ce qui est du domaine de l’idéologie que l’on vient imposer en force ressort des règles de la laïcité. C’est ouvrir le débat, et en même temps lui faire perdre de son acuité concrète. Très intéressant. Authueil nous a quitté, et j’ai continué à discuter un petit moment avec Polluxe.

D’autres groupes s’étaient formés dehors. En sortant j’ai aperçu Laurent Gloaguen (Embruns), et je suis allé lui serrer la pince et me présenter. Il m’a expliqué qu’il se voit comme un “aggrégateur humain”. Je trouve ça amusant comme manière de se définir. Il m’a confié qu’il allait bientôt changer d’air. A la veille d’un grand changement, donc, et pour cela peut-être comme un peu à l’écart déjà. Peut-être aussi l’habitude de ces rendez-vous…Discussion sympathique et ouverte, à laquelle s’est jointe, pour un moment, Zara, une fidèle lectrice de Laurent. Laurent m’a également parlé de Paris Carnet, qu’il a lancé en 2003. C’est la république des blogs, mais sans thématique. Certainement moins masculin, plus hétéroclite, et donc au moins aussi intéressant ! Je me demande si je ne vais y faire un tour…

En commandant la bière suivante, j’ai surpris une bribe de conversation entre Authueil, Marc (Marc’Blog), Thibault Mercier et Monsieur Pingouin (le seul à être venu avec un badge portant son nom : bonne idée !). Je m’y suis incrusté. Conversation sur Sarkozy. Je conviens d’une chose avec Autheuil : si je suis déçu de Sarkozy, c’est parce que j’ai été - au moins en partie - naïf. Puisque tout était annoncé avant. J’en suis d’accord. Tout vote comprend une part de naïveté, après tout. Tout au moins de confiance. Autheuil nous quitte. Sarkozy est-il républicain ? Qu’est-ce qu’être républicain ? Laïc, démocrate et social répond Thibault. Je lui dit que Sarkozy est républicain ; il n’est pas d’accord. Discussion intéressante. Thibault est très à l’écoute des arguments des autres. Marc aussi, qui nous a forcés à préciser ce qu’on entendait par “républicain” pour bien se comprendre.

Nous sommes sortis, et rapidement Patrice Lamothe (Cratyle) nous a rejoint. La discussion est partie sur la thèse défendue par Cratyle / Patrice : il y a une révolution, liée à l’évolution des médias, dans la structure même du pouvoir. Petit débat là-dessus, parce que j’ai l’esprit de contradiction, et parce que le mot de révolution me semble un peu fort. Arguments très intéressants de Cratyle. Discussion à prolonger, à mon sens.

Nous rentrons, et nous nous posons à une table déjà bien remplie. Discussion très directe sur le libéralisme avec Cratyle, qui le voit comme une philosophie de propriétaire, et comme quelque chose de négatif. Je lui ai rappelé que par “propriété privée”, les libéraux entendent d’abord propriété de soi, du fruit de ses activités. Je ne sais pas s’il a entendu l’argument. Il semble dire que libéralisme = “anglo-saxon”. Et me retourne l’argument fort (que j’utilise moi-même contre le communisme) consistant à dire que les idées sont importantes, mais que c’est leur mise en œuvre qui compte dans la pratique. Je suis d’accord là-dessus. Il semblait y mettre comme une critique du libéralisme, là où j’y mettrais plutôt une démonstration de son efficacité. La discussion pourrait durer longtemps là-dessus, sur les bienfaits du capitalisme dont je sens qu’il faudrait que je le convainque…mais Authueil (encore lui!) est arrivé, et Cratyle et lui ont commencé à discuter.

J’ai donc fini la soirée, et la dernière bière, avec le sympathique et ouvert Monsieur Pingouin. Nous avons échangé sur ce qui nous avait poussés à ouvrir un blog. Ma réponse était principalement de dire : pour éviter de saouler tout le monde, proches et collègues, avec des discussions politiques. Ouvrir un blog, écrire pour structurer sa pensée, permet de ne jamais s’écouter parler. Et de partager avec d’autres ces discussions passionnantes.

Cette première république des blogs (pour moi) a été une soirée très sympathique, et - j’ai trouvé - très ouverte. C’est agréable de rencontrer en chair et en os ceux que l’on croise lors des discussions virtuelles. J’espère avoir l’occasion d’y retourner bientôt, et je remercie en tout cas tous ceux avec qui j’ai pu discuter hier soir de leur ouverture d’esprit, et de leur présence.

Sarkozy l’anti-liberal

27 février 2008

J’ai entendu ce matin que le gouvernement et Sarkozy veulent peser sur la politique de l’emploi du groupe Alcatel-Lucent. Cela me désole. Non pas parce que les propositions qu’ils vont faire seront bonnes ou mauvaises. Mais simplement parce que ce n’est pas de leur responsabilité de décider de la stratégie des entreprises privées. Le conseil d’administration est responsable, devant les actionnaires, du choix du dirigeant à qui il confie les rênes de la boite. Ce dirigeant (Patricia Russo) est responsable devant le conseil d’administration des résultats du groupe.

Sarkozy, ou Lagarde, ne sont responsables en rien de la stratégie d’Alcatel-Lucent. Ils n’ont aucune légitimité pour décider si telle ou telle décision est légitime ou pas. C’est leur intervention dans ces affaires qui est illégitime. Encore une fois, ce n’est pas les décisions qu’ils vont prendre (ou pas) qui me choquent, ce sont le fait qu’ils s’autorisent à en prendre. En entretenant l’idée - si conforme à l’imaginaire collectif français - d’une mondialisation menaçante, d’un système économique nécessitant une intervention étatique pour limiter la casse.

C’est la position anti-libérale par excellence. Démagogie à la veille des municipales ?

Sarkozy ferait mieux, plutôt que d’essayer de sauver les emplois industriels d’Alcatel sur le sol français, de se mettre en phase avec Eric Besson, qui reprend - enfin ! - cette idée chère aux pays nordiques que ce sont les hommes qu’il faut protéger, et pas les emplois (source : Radio BFM, Emission de Stéphane Soumier, le 27.02.08) Dire qu’il faut “protéger” (de qui ? de quoi ?) est une position critiquable en soi, mais comprendre les règles économiques de bases, et les intégrer dans les propositions politiques me parait être une bonne chose. Des emplois sont détruits et crées chaque jour, par million dans le monde. La régulation de ce phénomène, c’est l’économie, le fonctionnement normal du marché. La protection à mettre œuvre - si protection il faut - est bien la protection et la sécurisation des personnes, pas des emplois.

Quelles limites a la liberté d’expression ?

26 février 2008

Discussion ouverte sur les limites que l’on doit poser à la liberté d’expression. Sans limites, les conversations sont rapidement polluées par des personnages provocateurs, virulents, et insultants. Je voudrais que tous les lecteurs et/ou internautes de passage participent à l’élaboration des règles de base permettant de continuer à faire de ce blog un espace d’expression libre et d’échange.

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Pour mieux vous connaitre

25 février 2008

Afin de mieux vous connaitre, chers lecteurs, et de pouvoir prendre en compte votre avis sur le blog, j’ai crée un petit questionnaire en ligne très rapide (9 questions fermées + 1 pour donner librement votre avis). Je pense qu’il faut à peu près 3 minutes pour y répondre : merci à ceux qui voudront bien consacrer ce temps à répondre au questionnaire !Le questionnaire, c’est là : Qui êtes-vous ?

L’invention de la decennie !

25 février 2008

Une suggestion de travail de recherche : développer un capteur miniature de thiols (les thiols sont des alcools dont l’atome d’oxygène du groupement hydroxyle est remplacé par un atome de soufre). Les thiols sont aussi connus sous le nom de mercaptans (molécules littéralement qui peuvent “capter le mercure”). Le but de cette recherche serait de développer et intégrer les éléments suivants :

  • une centrale d’acquisition équipée d’une borne Wifi, et reliée (par un moyen ou un autre) aux différents organes médiatiques (journaux, radios, blogs, sites, etc…)
  • un capteur miniaturisé de faible poids, qui pourrait émettre en Wifi à chaque détection de thiols


Le dispositif miniaturisé serait accroché à la ceinture de notre président, avec son accord bien entendu. Une variante de cette invention est envisageable en remplaçant la détection de thiols par un capteur de pression. Plus facile à construire, mais plus délicat à mettre en œuvre…

Si un mécène ou un pôle de compétitivité pouvait financer une telle étude, il rendrait un fier service aux médias français. En effet, les thiols sont les éléments soufrés responsables de l’odeur des pets : un tel dispositif permettrait à tous les journalistes d’être instantanément au courant lorsque Sarkozy pète ! Beaucoup de temps et d’énergie de gagnés, sans changement de ligne éditoriale à prévoir.

La chaine des 6

25 février 2008

Cette chaine, à laquelle Le Chafouin m’a convié, consiste à :

  • dire qui nous a invité
  • rappeler les règles (ce que je suis en train de faire)
  • dire 6 chose pas importantes à propos de soi ou de son blog
  • passer le relais à 6 personnes
Alors, je me lance :
  1. je me rend toujours compte trop tard qu’il faut que je me coupe les ongles
  2. le matin, mon réveil sonne à 6h10. A 6h30, je suis douché, et je mange mon p’tit dèj dans ma voiture en route vers le boulot…
  3. j’ai toujours plus de projets en tête que de temps pour les réaliser
  4. je peux rester assis plusieurs heures à regarder les vagues sur la côte sauvage ou à la Torche
  5. quand elle bien amenée, dans un morceau ou une chanson, une seule note peut me faire pleurer de joie/tristesse
  6. il faut que je change l’ampoule de la salle de bain depuis 3 semaines
Je passe maintenant le relais à (en espérant qu’ils n’auront pas déjà répondu - pas facile car la chaine a déjà bien tourné) : Voilà c’est fait ! Bon courage à ceux qui se retrouvent bien emm… et si vous tenez un blog et que vous passez ici, n’hésitez pas à prolonger cette chaine !

Citation du dimanche #65

24 février 2008

Friedrich HayekIl y a toutes les différences du monde entre traiter les gens de façon égale et tenter de les rendre égaux. Si le premier est la condition d’une société libre, le second n’est qu’une forme de servitude.

Hayek