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Archive for avril, 2008

Le chaud et le froid

30 avril 2008

La chaire de santé de sciences Po organise les “Tribunes de la santé“. Le Dr. Martin Winckler, médecin généraliste à temps partiel au centre de planification de l’hôpital du Mans, et écrivain, a été l’invité de cette tribune pour y décrire les obstacles et les enjeux relatifs à son métier (13 février 2008, “La crise de la médecine générale”). Bon nombre de ses constats de base trouvent un écho en odontologie : “les études de médecine sont trop élitistes, technicistes et autoritaires” ; ou encore : “les facultés de médecine françaises apprennent aux généralistes à penser en spécialistes alors qu’elles devraient enseigner aux spécialistes à penser en généralistes”. Attention chaud devant !

Malheureusement notre confrère médecin se prend les pieds dans le tapis en affirmant : “L’idéal du médecin n’est pas de diagnostiquer les maladies mais de faire en sorte que la santé en général de la population soit la meilleure possible”. Quelle confusion ! N’est ce pas au politique de faire en sorte que la santé générale de la population soit la meilleure possible ? Et qui doit se charger de « diagnostiquer les maladies » si ce n’est pas au médecin ? Un tel dérapage ne fait-il pas froid dans le dos ? Martin Winckler n’est qu’un politique déguisé en médecin. Il n’y a pas de honte à ce que tout citoyen donne son avis politique. Mais il ne faut pas le faire comme médecin és qualité. A vouloir jouer à contre sens (Sciences Po invite un médecin), on décrédibilise, et le médecin, et le politique. Si Winckler ne veut pas diagnostiquer les maladies, qu’il évite de parler au nom des professionnels de santé.

Zorro

Conseils de lecture #1

29 avril 2008

J’initie cette nouvelle série d’articles, qui ne sera pas nécessairement régulière. J’y mettrais un lien vers les articles que j’ai lu, aimé, qui m’ont fait réfléchir / réagir. Peut-être y trouverez-vous des pistes de lectures intéressantes…

Bonne lecture, et à bientôt !

Choisissez le sous-titre de ce blog

29 avril 2008

Je vous avais sollicités, chers lecteurs, pour donner votre avis à propos d’un panel de citations que je prévoyais d’utiliser en guise de sous-titre pour ce blog. Vous aviez, à l’époque, choisi deux citations :

  • Toutes les grandes vérités commencent par être des blasphèmes. [Georges Bernard Shaw]
  • Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. [Jacques Prévert]

J’avais laissé depuis la deuxième, sans être vraiment convaincu. Depuis, je me suis dit qu’il faudrait quand même que ce blog porte un sous-titre original. C’est un peu le caractère du blog, qui est orienté par le sous-titre / slogan. Ça ne me gêne pas de vous montrer l’état des mes réflexions (d’autres, et de plus importants, le font également). En voici donc quelques-uns, à propos desquels j’aimerais connaitre votre sentiment. N’hésitez pas, de plus, à en proposer d’autres en commentaires…

Trouvez-vous la décision du conseil d'état justifiée ?

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Les vieilles querelles

29 avril 2008

Xavier Darcos doit publier aujourd’hui les textes des nouveaux programmes pour l’école primaire, qu’il avait dévoilés dans une interview au Figaro. On se doute bien que les syndicats ne sont pas contents : ils sont tellement conservateurs que le moindre changement ne peut être vécu que comme … un retour en arrière ! Les propositions paraissent pourtant de relativement bonne facture, avec en ligne de mire la volonté de faire cesser l’hécatombe consistant à laisser sortir du système éducatif des écoliers qui ne savent ni lire ni compter : horaires plus simples et plus précis, retour aux fondamentaux, ouverture sur d’autres disciplines, instruction civique et morale.

On pourra toujours trouver des arguments qui vont contre ce genre de réformes. Ou des arguments qui sont pour. Et on assistera, comme toujours, aux mêmes vieilles querelles entre conservateurs et réformistes, entre partisans des sciences et partisans du français. C’est la logique même d’un système centralisé qui ici la cause des problèmes : comment pourrait-on décider dans un bureau, même après consultation, de ce qui est bon pour toutes les écoles de France, pour tous les élèves de France ?

Si chaque école pouvait proposer et mettre en œuvre des solutions différentes pour améliorer le système, ce n’est plus une idée de réforme que l’on testerait, mais 10, 50 ou 100 !La vraie solution consiste à donner une réelle autonomie à chaque école, pour s’appuyer sur les compétences des directeurs d’écoles et des profs. Si chaque école peut proposer et mettre en œuvre des solutions différentes pour améliorer le système, ce n’est plus une idée de réforme que l’on testera, mais 10, 50 ou 100 ! On profitera de la créativité et de l’imagination des êtres humains. La mise en concurrence permettra de sélectionner rapidement les bonnes solutions. En effet, un directeur d’une école devenue autonome financièrement comme scolairement, n’aura qu’un objectif : choisir le meilleur système, celui que les parents choisiront indirectement. Et plusieurs systèmes pourront coexister, parce que les aspirations des êtres humains ne sont uniformes. Soyons capable de laisser au système la souplesse nécessaire à la conservation de la diversité. Sinon, on est morts.

En attendant, nous continuons à user de solutions centralisées - certainement bonnes, certainement critiquables - en nous passant du formidable levier de la concurrence.

SNUipp-FSU, le SE-Unsa et le Sgen-CFDT appelent à la grêve pour le 15 mai.

Citation du dimanche #74

27 avril 2008

Nous répétons encore que nous n’avons jamais demandé une réforme brusque et instantanée; nous désirons qu’elle s’opère avec le moins de dommage possible, en tenant compte de tous les intérêts. Sachons une fois où nous allons, et nous verrons ensuite s’il convient d’aller vite ou lentement. [...] Lire la suite »

Rassurant et confus

25 avril 2008

J’ai regardé le début de l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy. Pour résumer, j’ai trouvé ça rassurant, et confus. Rassurant, parce que la volonté de réformer le pays semble toujours l’animer, avec les mêmes axes qu’au début de son mandat. Confus, parce qu’il est réaliste à l’excès, et que l’idéologie n’est pas son fort. Ce pragmatisme dogmatique peut se défendre, mais j’ai toujours du mal à m’y retrouver…

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Mourir de rire

23 avril 2008

hum humLa caricature est un art difficile ; mais quand il est porté à son paroxysme il n’est pas rare que l’hilarité en récompense les auteurs. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer un beau travail journalistique paru dans une revue d’entreprise à fort tirage, sur le thème du “développement durable” et titré : “Une nouvelle dynamique citoyenne et solidaire“. Le chapeau, qui présente cet article d’une demi page, donne tout son sel à ce monument. Je cite :

En matière de développement durable, notre entreprise se préoccupe autant d’environnement que de social. Vingt trois coordinateurs “Citoyenneté et Solidarité” viennent d’être nommés pour créer, dans chaque région, une véritable dynamique autour d’un volant sociétal encore peu connu du grand public.

C’est pas beau ça ? Un tel galimatias, un tel bourrage de crâne, un tel catéchisme pourrait d’ailleurs être plaqué sur n’importe quelle grande entreprise souhaitant intoxiquer ses clients, l’opinion ou les pouvoirs publics. Mais quels gros sabots ! Allez, on vous le dit : ce bel article figure page 11 de TGV Magazine d’avril 2008, déjà bien connu pour ses titres aux calembours bons (!). Il est offert à des centaines de milliers de passagers. Mais à mon avis il faudrait aussi offrir les mouchoirs papiers car j’ai vu bon nombre d’usagers de la SNCF pleurer de rire.

Zorro

Lecture utile

22 avril 2008

Je me suis abonné l’autre jour à la revue de l’iFRAP, “Société Civile”. Dans un pays où 1 actif sur 4 est payé par l’Etat, il me semble que les voies de progrès ne viendront que d’une évaluation claire et objective de la fonction publique. Sans constat partagé et factuel, quelles réformes sont possibles ? C’est le travail que fait l’iFRAP, dont voici la fiche d’identité :

L’iFRAP, Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques Publiques, est l’un des premiers think tank (laboratoire d’idées) privé français, par son ancienneté (1985) et son rayonnement. L’Institut publie dans son magazine mensuel, Société Civile, des enquêtes d’investigation sur l’Etat, les administrations et les dysfonctionnements des politiques publiques. Grâce à ses dossiers étayés par des comparaisons internationales, l’iFRAP est en mesure de faire des propositions de réformes concrètes dans des domaines aussi variés que la création d’entreprises et d’emplois, la lutte contre le chômage, le contrôle de la dépense publique, l’avenir du système de santé et l’éducation. Nombre de propositions de l’iFRAP ont été reprises dans la législation (fin du monopole de l’ANPE, déduction d’ISF pour les investissements dans les PME, société à transparence fiscale, recrutement des directeurs d’hôpitaux publics dans le privé…). Apolitique, l’institut a pour objectif de faire entendre au travers de notes, d’articles dans la presse et de colloques, des propositions issues de la société civile auprès des politiques et de participer ainsi à la recherche de l’efficience des politiques publiques et à la réforme de l’Etat.

Ils viennent de mettre en ligne une nouvelle version de leur site internet, avec pas mal de dossiers et de publications en ligne.

Je vous recommande également l’article du fondateur, Bernard Zimmern, intitulé “Arrêtons de diviser la France entre public et privé“, dont voici un petit extrait :

Il ne faut plus qu’il y ait deux France : le service public ne présente pas de difficultés si importantes qu’il ne puisse recruter sur titres et sur contrats comme le font les entreprises privées, grandes ou petites. On nous donne toujours comme modèle les réformes du Canada ou des USA. Mais, dans ces pays, le personnel public n’a pas de statut, pas d’emploi à vie.