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Archive for the ‘Bas les Masques’ Category

De la bouillie de cerveaux !

19 juin 2008

Faire du pop-corn avec des téléphones portables, c’est possible ? Bien sûr que non. Un rapide tour des connaissances sur les effets des ondes des portables sur la santé montrent qu’ils sont sans effets connus. Ni sur les grains de maïs, ni sur nous. Pourtant des scientifiques de renom s’associent pour recommander de prendre des précautions. Recommandations bienveillantes, ou opération de communication intéressée ? Je penche pour la deuxième explication. La peur est un levier puissant.

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Le chaud et le froid

30 avril 2008

La chaire de santé de sciences Po organise les “Tribunes de la santé“. Le Dr. Martin Winckler, médecin généraliste à temps partiel au centre de planification de l’hôpital du Mans, et écrivain, a été l’invité de cette tribune pour y décrire les obstacles et les enjeux relatifs à son métier (13 février 2008, “La crise de la médecine générale”). Bon nombre de ses constats de base trouvent un écho en odontologie : “les études de médecine sont trop élitistes, technicistes et autoritaires” ; ou encore : “les facultés de médecine françaises apprennent aux généralistes à penser en spécialistes alors qu’elles devraient enseigner aux spécialistes à penser en généralistes”. Attention chaud devant !

Malheureusement notre confrère médecin se prend les pieds dans le tapis en affirmant : “L’idéal du médecin n’est pas de diagnostiquer les maladies mais de faire en sorte que la santé en général de la population soit la meilleure possible”. Quelle confusion ! N’est ce pas au politique de faire en sorte que la santé générale de la population soit la meilleure possible ? Et qui doit se charger de « diagnostiquer les maladies » si ce n’est pas au médecin ? Un tel dérapage ne fait-il pas froid dans le dos ? Martin Winckler n’est qu’un politique déguisé en médecin. Il n’y a pas de honte à ce que tout citoyen donne son avis politique. Mais il ne faut pas le faire comme médecin és qualité. A vouloir jouer à contre sens (Sciences Po invite un médecin), on décrédibilise, et le médecin, et le politique. Si Winckler ne veut pas diagnostiquer les maladies, qu’il évite de parler au nom des professionnels de santé.

Zorro

Mourir de rire

23 avril 2008

hum humLa caricature est un art difficile ; mais quand il est porté à son paroxysme il n’est pas rare que l’hilarité en récompense les auteurs. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer un beau travail journalistique paru dans une revue d’entreprise à fort tirage, sur le thème du “développement durable” et titré : “Une nouvelle dynamique citoyenne et solidaire“. Le chapeau, qui présente cet article d’une demi page, donne tout son sel à ce monument. Je cite :

En matière de développement durable, notre entreprise se préoccupe autant d’environnement que de social. Vingt trois coordinateurs “Citoyenneté et Solidarité” viennent d’être nommés pour créer, dans chaque région, une véritable dynamique autour d’un volant sociétal encore peu connu du grand public.

C’est pas beau ça ? Un tel galimatias, un tel bourrage de crâne, un tel catéchisme pourrait d’ailleurs être plaqué sur n’importe quelle grande entreprise souhaitant intoxiquer ses clients, l’opinion ou les pouvoirs publics. Mais quels gros sabots ! Allez, on vous le dit : ce bel article figure page 11 de TGV Magazine d’avril 2008, déjà bien connu pour ses titres aux calembours bons (!). Il est offert à des centaines de milliers de passagers. Mais à mon avis il faudrait aussi offrir les mouchoirs papiers car j’ai vu bon nombre d’usagers de la SNCF pleurer de rire.

Zorro

La religion, facteur de santé ?

14 avril 2008

Retour sur les résultats d’une Enquête Santé Protection Sociale de l’IRDES, qui conclut qu’il vaut mieux être riche pour être en bonne santé. Aidé par deux études de Caldwell, Zorro montre qu’à niveau de vie égaux, des pays peuvent avoir des espérances de vie, et des taux de mortalité très différents. La richesse n’est donc pas forcément le facteur déterminant pour expliquer la santé d’une population. Le statut des femmes, et la place de la religion dans la société, semblent tout aussi importants. La question mérite d’être posée, et des études nécessitant des statistiques ethnico-religieuses sont nécessaires pour y répondre. C’est le quatrième article de Zorro sur Expression Libre.

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Vive la rigueur !

28 mars 2008

Dégraisser le mammouth ?Retour sur la définition de rigueur, puisque ce mot est à la mode ces jours-ci. La rigueur ne doit pas être perçue négativement, sauf par ceux qui vivent directement des subsides de l’Etat. Et l’idée selon laquelle, plan de rigueur signifierait immanquablement arrêt des réformes doit être combattue. La réforme, ce n’est pas dépenser plus, et prélever plus. Bien au contraire. Il est plus que temps que le gouvernement fasse la pédagogie de sa politique, vante la rigueur, et prenne enfin le tournant politique que Sarkozy avait promis. C’est maintenant ou jamais.

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Le bon citoyen depense du “pouvoir d’achat”

29 février 2008

Comment appelez-vous ce que vous gagnez avec votre travail ? De l’argent ? Du pognon ? Du flouze ? Des thunes ? Moi aussi. Or il semble que depuis quelques mois, nous ne gagnons plus de l’argent en travaillant, mais du pouvoir d’achat. S’il n’y avait là qu’une histoire de mots, il n’y aurait pas de quoi fouetter un matou. Mais ça n’est pas qu’une histoire de mots. L’argent dont vous disposez, vous pouvez en faire ce que vous voulez : le dépenser (acheter) ou le mettre de côté (épargner).

Utiliser une expression comme pouvoir d’achat véhicule donc l’idée - implicite - selon laquelle l’argent ne sert qu’à acheter. L’épargne est la source des créations de richesses observées dans les sociétés capitalistesC’est le dogme bien connu de l’économie qui tourne grâce à la consommation. C’est une erreur fondamentale. L’économie tourne grâce à la consommation, mais aussi et surtout grâce à l’épargne. Sans épargne, pas d’investissement. Sans investissement, pas de prise de risque, et pas de création d’emplois nouveaux. L’épargne est la base du capitalisme, et la source des créations de richesses observées dans toutes les sociétés capitalistes. On peut être contre cela, mais il faut alors afficher clairement sa position idéologique.

On retrouve tout et n’importe quoi dans les discussions médiatisées à propos de ce fameux pouvoir d’achat : les politiciens - d’une manière bien retorse - montrent du doigt les industriels, les distributeurs, relayés - comme d’habitude - par des journalistes suivistes et incultes. Redistribuer du pouvoir d’achat : l’Etat ne peut redistribuer que de l’argent qu’il a prélevé. Notre argent : celui du contribuable. La seule manière efficace et juste dont disposent les pouvoirs publics pour distribuer de d’argent est d’en prélever moins ! Sauf à continuer dans une logique de prélèvements en augmentation permanente, qui a déjà montrée ses limites.

J’ai failli bouffer mon volant l’autre jour dans la voiture, tellement les débats entendus sur une radio pourtant dite “économique” (BFM) étaient pitoyables. Tous les intervenants étaient dans une logique de planification centrale des prix. Pas un seul n’est intervenu pour expliquer que le meilleur moyen que les prix soient justes est que la concurrence puisse jouer. Ce qui implique que le marché soit ouvert, et que la règlementation ne vienne pas fausser le jeu des prix.

Les prix sont des indicateurs, qui permettent à chacun de décider s’il est prêt à acheter un produit ou un service. La seule manière juste dont disposent les pouvoirs publics pour distribuer de d’argent est d’en prélever moins !Vouloir les fixer de manière arbitraire, centralisée, est un contresens économique majeur. Le pouvoir d’achat est la quantité de biens et services que vous pouvez acheter avec l’argent dont vous disposez. C’est un rapport. Pour l’augmenter soit vous augmentez le numérateur (vous gagnez plus d’argent), soit vous diminuez le dénominateur (les prix baissent). Dans un cas comme dans l’autre, il serait bon d’expliquer que ni les salaires, ni les prix ne devraient être fixés par le gouvernement.

Quand le gouvernement et Sarkozy expliquent qu’ils veulent redistribuer du pouvoir d’achat, tout en nous expliquant que les caisses sont vides, ils nous disent - j’insiste - : nous n’avons plus d’argent, nous allons redonner de l’argent. Deux options : soit les prélèvements augmentent (on taxe les riches pour donner aux pauvres, la dés-incitation à la production de richesse continue), soit l’Etat dépense moins, prélève moins (ce qui induit automatiquement in fine une diminution du nombre de fonctionnaires, assortie d’une redéfinition claire des missions de l’Etat). Des deux solutions, seule la deuxième me parait louable, et je n’en ai pas entendu parler lors des débats sur le pouvoir d’achat.

Le pouvoir d’achat augmentera naturellement quand la création de richesses sera encouragée, et non punie. C’est aussi simple que cela.

Evidence based journalisme

21 janvier 2008

Manipulation par les médiasLa fiabilité des démarches médicales ou scientifiques s’appuie sur des études, fondamentales ou cliniques, dont les données, les méthodes et les résultats sont validés : c’est le cœur de la démarche « evidence based » et c’est l’avenir de la recherche et du système de santé qui sont en jeu.

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Billet citoyen !

18 janvier 2008

Image citoyenneEngagement citoyen. Mouvement citoyen. Blog citoyen. Autant d’expressions qui sonnaient creux à mon oreille. Comme toujours pour vérifier le sens des mots, le dictionnaire est d’une aide précieuse. Internet aussi, d’ailleurs, car on y trouve beaucoup d’articles de bonne qualité. Retour sur la dérive de sens du mot citoyen, et - au passage - découverte d’un super blog linguistique. Conclusion : ces expressions sont bien des galimatias, dont le sens réel les rapprochent d’évidences banales, ou d’antiphrases involontaires (exprimant le contraire du sens littéral).

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