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Archive for the ‘Définitions’ Category

Individualisme, source de tous les maux ?

20 novembre 2007

Le mot “individualisme” était utilisé dans un débat comme une sorte de bouc émissaire de tous les maux de notre société. Cela m’a choqué, et paru suspect. Retour sur les arguments qui s’opposent à cette vision anti-individualiste, et dangereuse.
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Ceux qui ne veulent pas compter

25 octobre 2007

J’ai entendu l’autre jour un débat où il était question de la réforme de la carte judiciaire. Regrouper des tribunaux pour mutualiser les moyens, en gros. Optimiser le fonctionnement de la justice. Certains opposants (avocats, magistrats) critiquaient la réforme portée par Rachida Dati, au motif que c’était une réforme comptable, qui laissait de côté l’aspect humain. Certains mêmes décrivaient la méthode de Mme Dati comme une méthode “brutale”. On voit bien la critique qui est sous-entendue là : toujours critiquer la méthode pour ne pas parler du fond. Comme les syndicats. Heureusement, le député UMP Georges Fenech était présent pour défendre l’action de rénovation du gouvernement, et a finalement expliqué que tous ces arguments ne portaient jamais sur le fond, mais visaient plus à défendre les intérêts de corporations, et/ou de maires soucieux de conserver “leurs” tribunaux à quelques mois des élections. Il a dû réaffirmer que le gouvernement ne visait pas “à démanteler la Justice” (ce dont l’accusait une femme dont j’ai oublié le nom), mais à optimiser son fonctionnement, et à casser les conservatismes. C’est pour cette raison, selon lui, que la réforme n’a pas été redescendue au niveau local (régions, département). Un des intervenants expliquaient en effet qu’il aurait fallu laisser les gens qui connaissent les dossiers sur le terrain décider de quel tribunal doit ou pas être fermé. Georges Fenech a répondu à cet argument - plutôt raisonnable à première vue - que c’était justement le meilleur moyen pour que chacun s’accroche à “son” tribunal et finisse par conclure que la réforme est bonne, mais pas dans sa ville.
J’aurais bien voulu également que quelqu’un souligne que critiquer l’aspect “comptable” d’une réforme est un peu ambigu. Rappelons la définition de “comptable”.

Définition :
En parlant d’un personne, il s’agit de quelqu’un qui doit des comptes, qui responsable. En parlant d’une chose, cet adjectif désigne tout ce qui sert à tenir, ou qui fait partie, d’une comptabilité, et ce qui déterminé par les techniques comptables. Rajoutons pour finir que l’étymologie vient de “contable” (XIIIe s.) “que l’on peut compter”.

Je trouve ça plutôt sain, pour ma part, que les réformes soient comptables : ça fait des années que les politiques utilisent l’argent du contribuable sans compter, justement, et il est temps que ça cesse. Etre dans une logique comptable, c’est aussi et surtout chiffrer ce qu’on veut faire, porter le débat sur des choses objectives et non pas sur des questions idéologiques ou sur des procès d’intention.
Par ailleurs, si pour que l’on puisse réformer, il est nécessaire d’aller interviewer chaque juge, chaque avocat, chaque greffier, et lui demander son avis sur la question, alors cela veut dire que la réforme est impossible. L’aspect comptable, justement, permet de connaitre quels sont les nombres de dossiers par juge, les nombres de juges et de tribunaux par habitant selon les régions et les villes, le temps moyen de traitement des dossiers, etc., tous ces éléments enfin qui permettent bien mieux que des grands discours de cerner la réalité concrète et objective. Combien de tribunaux doit-on fermer pour que chacun de ceux qui restent se retrouve dans une meilleure situation pour dispenser à chaque citoyen une justice de qualité ? Voilà la logique comptable. La qualité de la Justice ne se mesure pas au nombre de kilomètre que l’on doit faire pour arriver au tribunal. C’est pourtant un argument avancé par ceux qui ne veulent pas “compter”. Il ne faut surtout pas compter l’argent public dépensé, mais on peut compter, par contre, les kilomètres. Il faut arrêter de se moquer du monde.

Information, opinion publique et propagande…

4 avril 2007

Medias et Information

Pour approfondir un peu la conclusion de mon billet sur le CSA, je suis allé chercher quelques définitions pour voir quelle distinction objective on peut mettre entre information factuelle et opinion (je trouvais que la scission entre les deux n’étaient pas très claire dans la plupart des médias français).
Commençons par définir “média” tout d’abord (étymologie : moyen, c’est-à-dire “moyen de transmission”) ; j’ai eu la surprise de voir que média est le raccourci pour “mass média”.

MASS-MEDIA :

Ensemble des moyens de diffusion de masse de l’information, de la publicité et de la culture, c’est-à-dire des techniques et des instruments audiovisuels et graphiques, capables de transmettre rapidement le même message à destination d’un public très nombreux.

Les médias diffusent l’information ; jusque là, rien de bien surprenant. Qu’est-ce que l’information ?

INFORMATION:

  1. Ensemble des activités qui ont pour objet la collecte, le traitement et la diffusion des nouvelles auprès du public.
  2. Faits, événements nouveaux, en tant qu’ils sont connus, devenus publics.
  3. Ensemble de connaissances réunies sur un sujet déterminé.

L’information, c’est donc ce qui a un caractère nouveau, factuel et public.
C’est également des connaissances réunies sur un sujet donné : un dossier préparé sur un thème donné, un travail de synthèse, c’est aussi de l’information. Il me semble assez évident que le travail de base des journalistes est assez bien décrit par cette définition de l’information, non ?

Opinions individuelles et collectives

Voyons maintenant ce qu’est une opinion, pour préciser un peu la frontière entre l’information et l’opinion. L’opinion est définie selon deux grands axes : les opinions individuelles et les opinions collectives.

OPINION:

  • sous l’angle individuel :
    1. Manière de penser sur un sujet ou un ensemble de sujets, jugement personnel que l’on porte sur une question, qui n’implique pas que ce jugement soit obligatoirement juste
    2. Point de vue, position précise que l’on a dans un domaine particulier: social, religieux, politique, intellectuel.
    3. PHILOS., LOG.État d’esprit qui consiste à reconnaître le caractère subjectif de la connaissance que l’on a d’une chose, en inclinant à penser que cette connaissance se rapproche de la vérité tout en admettant qu’on se trompe peut-être.
  • sous l’angle collectif :
    1. Jugement collectif, type de pensée, ensemble d’idées partagées par un groupe humain sur un sujet ou un ensemble de sujets.
    2. Ensemble des attitudes morales, intellectuelles et sociales dominant dans une société, dans la manière dont elles se manifestent, s’appréhendent ou s’évaluent.

Tout de suite on peut remarquer deux choses :

  • les journalistes devraient avoir pour règle déontologique stricte de garder leurs opinions personnelles pour eux, ou au moins prévenir quand ils donnent un avis, une position personnelle ; pour cet aspect je pense que la neutralité est à peu près respectée (sinon aucun journaliste n’irait interviewer Le Pen, par exemple)
  • il est extrêmement difficile de ne pas décrire la réalité sans faire intervenir une part de l’opinion collective ; ce devrait être cependant être une ligne de conduite exigée par l’honnêteté intellectuelle : pour rester dans l’information factuelle, le journaliste doit savoir prendre de la hauteur par rapport aux attitudes morales, intellectuelles et sociales dominantes ! L’orientation des interviews, le point de vue déformé donné aux faits, le choix même des sujets est souvent l’expression d’opinions collectives…un exemple : j’ai vu l’autre jour un reportage où les journalistes allaient rencontrer des électeurs du FN. Ils étaient pistés, presque traqués, avec en fond comme une sorte de message subliminal “l’électeur du FN se cache, c’est normal il a honte de voter pour Le Pen”…je n’ai jamais vu un reportage où on allait chercher, pour les montrer comme des bêtes curieuses, les électeurs de Besancenot ou Laguiller, qui votent pourtant pour des candidats ayant des idées tout aussi renfermées, dangereuses et passéistes.

Le problème avec les opinions collectives et les médias, c’est qu’il y a un renforcement mutuel : les médias peuvent colporter les opinions collectives, mais les fabriquent également. Comme de plus ils cherchent à les flatter pour gagner de l’audience, un message factuel et objectif devient difficile à faire passer…

Et la propagande, dans tout ça ?

A force de ne pas faire attention aux interactions entre les opinions collectives ou personnelles et les focus qu’ils mettent sur l’actualité, les journalistes pourraient-ils tomber dans la propagande ?

PROPAGANDE :

SC. SOC. ET POL., courant.Action psychologique qui met en oeuvre tous les moyens d’information pour propager une doctrine, créer un mouvement d’opinion et susciter une décision.

Il semble bien au vu de la définition, que la réponse est oui : à force de ne pas faire proprement le tri entre opinions personnelles, opinions collectives et information, les journalistes – parce qu’ils font partie du système d’information – prennent le risque de participer, sciemment ou non, à une action psychologique propre à créer un mouvement d’opinion, c’est-à-dire à faire de la propagande. A nous d’être vigilants face aux messages véhiculés directement ou pas par les médias !
Source des définitions : Dictionnaire LEXILOGOS

Croyez-vous au progres ?

27 mars 2007

Definition du progres : quel ideal ?

Pour répondre à cette question, il faut définir le progrès et puis voir s’il y a lieu d’y croire ou pas.

PROGRÈS:

  • Accroissement quantitatif ou intensif d’un phénomène.
  • Processus évolutif orienté vers un terme idéal.

Laissons le premier sens qui est simplement le sens synonyme d’”évolution”. Le deuxième sens se comprendra mieux si on définit l’”idéal”.

IDÉAL:

  • [Avec une valeur relative : un idéal particulier]
    Ce que l’on conçoit comme conforme à la perfection et que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action dans quelque domaine que ce soit.
  • [Avec une valeur absolue : l'idéal] Ce qui satisferait toutes les exigences du cœur et de l’intelligence, par opposition à la réalité limitée et décevante.

Selon le sens que l’on utilise, on ne sera pas du tout dans le même registre : le deuxième oppose l’idéal à la réalité, tandis que le premier utilise l’idéal comme but ou norme de pensée ou d’action. Comme souvent avec l’absolu, il nous induit en erreur : nous sommes finis par nature, et relatifs. Concentrons-nous sur la première définition, même s’il faut être conscient que c’est l’idéal imaginé en opposition avec le réel qui fait que beaucoup d’idéalistes sont aussi pessimistes.
Avec le premier sens, le progrès devient un “processus évolutif orienté vers un terme conforme à la perfection ET que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action”. Il y a donc un rôle actif dans le progrès : c’est nous qui utilisons un idéal pour but, et qui oriente un processus évolutif. Quelle action sans but ? Quelle ambition dans l’action si ce n’est vers un idéal de perfection ? Encore une fois, il faut insister : viser un but ne signifie pas qu’il soit atteint, ou accessible. Un scientifique, un romancier et une philosophe semblent d’accord là-dessus :

Le progrès n’a aucun caractère inéluctable, rien ne garantit des lendemains meilleurs.

Karl Popper

Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.

Franz Kafka

Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille.

Hannah Arendt

La notion de progrès oriente simplement l’action. L’archer qui vise la cible n’a pas de garantie qu’il l’atteindra ; mais comment pourrait-il l’atteindre s’il ne la vise pas ?

Facteurs du progres social

Cette notion de progrès est reliée de manière forte aux siences, et donc à la connaissance (seule les sciences produisent des connaissances).

Les sciences se caractérisent par le fait qu’il y a progrès.

Pierre Rosenberg

Le progrès en art n’existe pas. Il y a de grands artistes dans tous les siècles, et dans tous les pays, il y a des développements de style, mais il n’y a pas de progrès.

Pierre Rosenberg

La question principale à se poser est donc : le progrès a-t’il un sens dans le domaine social ? Et si oui, quels sont les facteurs du progrès social ?
On revient toujours sur les mêmes choses, n’en déplaise à ceux qui aiment les tables rases…
L’éducation :

Nos progrès en tant que nation dépendront de nos progrès en matière d’éducation. L’esprit humain est notre ressource fondamentale.

John Fitzgerald Kennedy

la liberté de pensée, la créativité, et l’optimisme :

La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance.

Albert Einstein

L’enthousiasme est à la base de tout progrès.

Henry Ford

L’histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté.

Friedrich Hegel

sans oublier le sexe, bien sûr, et l’émancipation des femmes, sans vouloir paraitre ethnocentriste ou islamophobe :mrgreen: :

Le progrès social commence toujours par l’indépendance des fesses.

Albert Cossery

En conclusion, on peut dire que le progrès existe, comme guide d’action et de pensée. Et qu’il importe moins de savoir s’il faut y croire ou non (ce qui impliquerait qu’on pourrait agir sans but), mais bien plutôt d’identifier ce qui, dans l’action ou dans la pensée, va dans le sens du progrès, et de mettre nos efforts là-dessus. Qu’en pensez-vous ?

Sarkozy et le populisme …

5 mars 2007

On entend souvent dire de Nicolas Sarkozy qu’il est “populiste”. Il s’agit bien sûr, dans la bouche de ses détracteurs, d’une quasi-insulte…Je me suis donc demandé ce que signifie ce mot.

Populisme :

  1. Mouvement politico-social (qui s’est formé en Russie dans les années 1860) qui voulait entraîner l’ensemble de la paysannerie, du peuple, dans la lutte contre le pouvoir tsariste.
  2. P. ext., POL. Tout mouvement, toute doctrine faisant appel exclusivement ou préférentiellement au peuple en tant qu’entité indifférenciée.

Quand on se focalise sur l’interêt général, on est donc taxé forcément de “populisme”, puisqu’on se réfère à l’interêt du peuple, sans différenciation. C’est donc un travers d’utiliser ce mot systématiquement de manière péjorative : doit-on forcément parler au nom d’un sous-groupe, d’une corporation, d’une minorité pour que le discours soit recevable ? A mon avis, non ! Par ailleurs ceux qui pensent tout dire en traitant Sarkozy de “populiste” sont aussi ceux qui lui reprochent d’être “communautariste”, c’est à dire de privilégier l’approche consistant à favoriser des groupes plus que d’autres au détriment de l’intérêt général !

S’il parle au nom du peuple au sens large, on le traite de populiste, et si il parle d’une catégorie particulière de la population, d’un communauté précise, il est taxé de communautariste. Au nom de qui doit-il parler ? Pour ses critiques, la réponse est claire : il doit se taire, et tous les mots -même mal utilisés- sont bons pour atteindre ce but. Pour ma part, je pense qu’il est bon de remettre l’intérêt général au centre du débat : comment trouver un compromis politique orienté vers le progrès si l’on est systématiquement focalisés sur les interêts d’un catégorie de citoyens en particulier ? Comment redonner du lien social, des projets communs, si on ne parle toujours que des intérêts de certains ?

La notion d’intérêt général permet justement de trouver le compromis en faisant naitre les voies qui permettent de marier les intérêts forcément particuliers, et souvent contradictoires de l’ensemble des groupes et des personnes composant la population. Qui peut craindre l’intérêt général si ce n’est un groupe qui a suffisament bien tiré son épingle du jeu pour que le moindre accroissement d’intérêt général, soit synonyme de perte pour lui ? Ceux qui critiquent systématiquement cette approche sont donc à soupconner au mieux d’élitisme, au pire de corporatisme et de poujadisme.

L’idéal comme guide d’action

1 mars 2007

La définition de l’idéal montre deux utilisations possibles que l’on peut en faire :

IDEAL :

Ce que l’on conçoit comme conforme à la perfection et que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action dans quelque domaine que ce soit.

Toute la nuance réside dans le ou (que j’ai mis en gras). Utilisé comme un mètre-étalon (la norme), et c’est la meilleure manière d’être malheureux : c’est le pessimisme; utilisé comme un but, c’est la voie de l’action et du bonheur : c’est l’optimisme.
Sur le constat, un optimiste et un pessimiste peuvent être d’accord : le monde est injuste, dur, cruel, tragique, plein de menaces, mais aussi beau, riche de la nature et des hommes, plein de promesses.
Nous sommes tous un peu pessimistes et optimistes :

Le pessimisme de la connaissance n’empêche pas l’optimisme de la volonté.

Antonio Gramsci

Mais la connaissance du monde doit inclure ce qu’il y a de bien dedans, et ce qui pourrait en naître de positif…

Pourquoi ce qui est beau ne devrait-il pas être vrai ? Quel pessimisme dans ces simples mots !

Mark Fisher

J’ai l’impression que dans le pessimisme, il y a comme une manière de partir de l’idéal et d’aller vers le monde réel : quelle déception ! Dans l’attitude optimiste, au contraire, le point de départ est le monde réel et on utilise l’idéal comme un but, une visée : quel guide efficace pour l’action !
Alors soyons lucides sur l’état du monde (en ne laissant pas de côté la beauté, l’amour, la sincérité, l’échange qui font aussi partie du monde), et utilisons l’idéal non pas pour broyer du noir, mais pour regarder ensemble dans la même direction.

Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté.

Winston Churchill

Autonomie et heteronomie

1 mars 2007

Raymond Boudon, dans le hors-série du Point sur le libéralisme, commence l’interview qui lui est consacrée par préciser ce qui, selon lui, sépare les socialistes des libéraux. Les libéraux mettent l’accent sur l’autonomie des humains, et les socialistes sur l’hétéronomie. C’est effectivement le point central. Voyons donc les définitions de ces termes (même si l’étymologie est relativement claire).

AUTONOMIE :

  • Faculté de se déterminer par soi-même, de choisir, d’agir librement
  • Liberté, indépendance morale ou intellectuelle

HETERONOMIE :

  • Fait d’être influencé par des facteurs extérieurs, d’être soumis à des lois ou des règles dépendant d’une entité extérieure.

Voilà pour l’opposition frontale, les deux pôles. D’un côté l’accent est mis sur la liberté individuelle, la responsabilité. De l’autre, l’accent est mis sur les causes biologiques, socio-culturelles et psychologiques. Comme toujours, la vérité est à chercher entre les deux…ou plutôt avec les deux ! A l’évidence, l’homme et son action sont à la fois hétéronomes et autonomes. La vérité - qui concerne l’action, parce que le monde et les hommes sont en perpétuel mouvement - est donc plus de savoir où on se situe par rapport à l’équilibre. Les extrêmes à éviter sont simples :

  • Expliquer l’être humain uniquement par des causes externes non dépendantes de sa volonté, c’est nier la formidable force évolutive de la liberté et de la raison, et c’est nier toute responsabilité de nos actes ! A donner trop de place à la cause externe, on oublie la liberté individuelle qui est l’oxygène de l’esprit
  • Expliquer l’être humain uniquement par ses décisions supposées libres, c’est nier la formidable emprise de la biologie, de la culture et de l’inconscient sur notre vie. A donner trop de place à la liberté individuelle, on oublie la nécessaire prise en compte de l’injustice du monde et la solidarité

Il importe donc d’insister là-dessus : l’homme est le résultat de causes externes ET de sa liberté de ses choix. Dans chaque situation particulière, la question est de savoir si on met trop l’accent sur l’un ou l’autre pôle. La France - nous ! - , en ce moment particulier de son histoire, doit remettre l’accent sur l’autonomie des individus (donc sur leur responsabilité), sous peine de les étouffer ; ça ne veut pas dire qu’il faut oublier toutes les causes externes qui motivent leurs actes, tout le poids de la socio-culture. C’est simplement le constat qu’on est d’un côté de l’équilibre, et cela montre dans quel sens une action vraie et juste peut et doit se développer.

A bas la polémique, et vive la controverse !

23 février 2007

Pendant la campagne présidentielle, Yves de Kerdrel (éditorialiste du Figaro et intervenant quotidien sur BFM) et Laurent Mauduit (ex-journaliste économique du Monde et essayiste) croisent le fer, cordialement mais sans concessions. Cela s’intitule “La controverse Kerdrel - Mauduit“. C’est un nom très bien choisi, et qui décrit bien le contenu de ces articles :

CONTROVERSE :

Discussion argumentée, contestation sur une opinion, un problème, un phénomène ou un fait; p. méton. ensemble des éléments divergents ou contradictoires du débat.

Je suis allé voir la définition de la polémique pour saisir la nuance :

POLÉMIQUE :

Discussion, débat, controverse qui traduit de façon violente ou passionnée, et le plus souvent par écrit, des opinions contraires sur toutes espèces de sujets (politique, scientifique, littéraire, religieux, etc.).

La nuance se situe donc dans la violence et la passion : la controverse est au dialogue ce que la polémique est à la dispute.
Deux sujets ont déjà été abordés : “Pour ou contre l’ISF et les droits de successions” et “Patrons ‘voyous’ et chefs d’entreprises“. A suivre donc, pour ceux qui veulent élever un peu le niveau du débat, avec de vrais arguments raisonnables de part et d’autre.