Abonnez-vous par mail !
Abonnement RSS
Membre de LHC

Archive for the ‘Education’ Category

Obscurantisme

17 septembre 2008

José Bové et ses acolytes anti-OGM ont été relaxés par le tribunal de Carcassonne. Ils comparaissaient pour avoir envahi le site du semencier Monsanto le 13 avril dernier, à Trèbes.

Je trouve cette décision de justice choquante, et je ne comprends pas pourquoi et comment la justice peut se comporter de la sorte. Que diriez-vous si des gens forçaient votre porte, et envahissaient votre appartement pour vérifier que vous ne cachez pas de Coca-Cola1 ? Et si, de plus, ils étaient jugés innocents ? C’est exactement ce que vient de décider le tribunal de Carcassonne. Il faut croire que l’obscurantisme gagne du terrain (et nous en fait perdre). Le problème, c’est qu’il devient légal

Le sujet est tellement politisé, polémique, qu’il devient difficile de rappeler la vérité scientifique. Passons. Les risques liés aux OGM sont du même ordre que ceux liés aux émissions de gaz à effets de serre : vraisemblablement extrêmement réduits et, de plus, difficiles à évaluer. Le principe de précaution aidant, les médias – main dans la main avec les alter-mondialistes anti-capitalistes – en font leur choux gras : l’irrationnel fait vendre.

Alors, puisque le juge a tranché, je pense qu’il faut être cohérent, et respecter la loi de mon pays. Je vais donc dès demain aller casser des voitures dans la rue. N’émettent-elles pas du CO2 ? Et peut-être aussi mettre mon poing dans la gueule de tous ces abrutis qui téléphonent et nous pourrissent la tronche avec leur sales portables !

________________________________________

  1. Je cite l’article de Greenpeace Montpellier datant du 16 avril : “Le porte-parole de Monsanto ne s’est toujours pas excusé pour cette dangereuse fabrication de produits américains.”

Insupportable

23 juillet 2008

J’ai voulu rebondir sur les faits divers d’enfants oubliés dans une voiture au soleil, pour vous présenter les chiffres de l’enfance maltraitée, pour le monde et pour la France. Histoire de se rendre compte de la situation. Des solutions existent pour permettre de sortir du cercle infernal : éloigner les enfants maltraités des parents qui ne peuvent pas leur donner un environnement stable et affectivement sécurisant.

Lire la suite »

Les vieilles querelles

29 avril 2008

Xavier Darcos doit publier aujourd’hui les textes des nouveaux programmes pour l’école primaire, qu’il avait dévoilés dans une interview au Figaro.
On se doute bien que les syndicats ne sont pas contents : ils sont tellement conservateurs que le moindre changement ne peut être vécu que comme … un retour en arrière !
Les propositions paraissent pourtant de relativement bonne facture, avec en ligne de mire la volonté de faire cesser l’hécatombe consistant à laisser sortir du système éducatif des écoliers qui ne savent ni lire ni compter : horaires plus simples et plus précis, retour aux fondamentaux, ouverture sur d’autres disciplines, instruction civique et morale.

On pourra toujours trouver des arguments qui vont contre ce genre de réformes. Ou des arguments qui sont pour. Et on assistera, comme toujours, aux mêmes vieilles querelles entre conservateurs et réformistes, entre partisans des sciences et partisans du français. C’est la logique même d’un système centralisé qui ici la cause des problèmes : comment pourrait-on décider dans un bureau, même après consultation, de ce qui est bon pour toutes les écoles de France, pour tous les élèves de France ?

Si chaque école pouvait proposer et mettre en œuvre des solutions différentes pour améliorer le système, ce n’est plus une idée de réforme que l’on testerait, mais 10, 50 ou 100 !La vraie solution consiste à donner une réelle autonomie à chaque école, pour s’appuyer sur les compétences des directeurs d’écoles et des profs. Si chaque école peut proposer et mettre en œuvre des solutions différentes pour améliorer le système, ce n’est plus *une* idée de réforme que l’on testera, mais 10, 50 ou 100 ! On profitera de la créativité et de l’imagination des êtres humains. La mise en concurrence permettra de sélectionner rapidement les bonnes solutions. En effet, un directeur d’une école devenue autonome financièrement comme scolairement, n’aura qu’un objectif : choisir le meilleur système, celui que les parents choisiront indirectement. Et plusieurs systèmes pourront coexister, parce que les aspirations des êtres humains ne sont uniformes. Soyons capable de laisser au système la souplesse nécessaire à la conservation de la diversité. Sinon, on est morts.

En attendant, nous continuons à user de solutions centralisées - certainement bonnes, certainement critiquables - en nous passant du formidable levier de la concurrence.

SNUipp-FSU, le SE-Unsa et le Sgen-CFDT appelent à la grêve pour le 15 mai.

Ecole : priorité aux élèves ou aux profs ?

17 avril 2008

Retour sur les réformes qui ont eu lieu en Finlande, et qui ont permis à son système éducatif de devenir en moins de 30 ans, l’un des premiers au monde. Pas de mystères : autonomie des établissements (mis ainsi en concurrence), choix des professeurs par le directeur d’établissement, élèves placés au centre du système, peu ou pas de notation, choix des élèves dans leur cursus, professeurs experts payés au mérite, et virables. Du bon sens : veut-on en France faire de la réussite des élèves la priorité, ou faudra-t-il encore supporter longtemps l’immobilisme protecteur des corporations ?

Lire la suite »

Développer l’alternance école-entreprise le plus tôt possible

27 mars 2008

Michel GodetAprès la proposition de Pascal Salin (Ouvrir l’assurance maladie à la concurrence Européenne), je vous présente aujourd’hui celle de Michel Godet. Son idée à lui, comme piste de réforme vers le plein emploi, est d’améliorer l’adéquation entre la formation des jeunes et la demande des entreprises, en favorisant les formations en alternance. Sans oublier d’insister sur le rôle des éducateurs (parents, profs, travailleurs sociaux) pour que les jeunes acquièrent l’indispensable complément au savoir-faire : le savoir-être.

Lire la suite »

Syndicats : anti-démocrates

19 juillet 2007

L’annonce de la mise en place éventuelle d’un service minimum dans l’éducation nationale, pourtant logique, et dans la continuité de la politique annoncée par le gouvernement, fait pousser des cris aux syndicats d’enseignants. Il feraient mieux d’aider à proposer des solutions pour sauver l’éducation nationale.
Lire la suite »

Le moment décisif arrive…

28 juin 2007

On arrive au pied de la muraille. Le bras de fer a commencé entre le gouvernement et les différents représentants de l’immobilisme du monde universitaire. Certains syndicats (représentant les étudiants ou les directeurs d’universités, ou les professeurs) commencent à jouer le bloquage, en refusant d’entendre parler de sélection, de prise d’autonomie des universités. La suite nous montrera ce qu’il en est : mais on peut déjà craindre un peu que le projet ne s’amollisse et finisse par perdre de sa force si on évacue les notions qui fâchent (sélection et orientation, concurrence entre les établissements, financement privé de la recherche, évaluation des profs).

Le seul sujet qui ne fâche pas les immobiles : celui des moyens. Et il est vrai que l’université en manque cruellement. Il suffit de lire l’article que Mme Canto-Sperber (directrice de l’ENS de la rue d’ULM) écrivait dans le Figaro il y a peu pour s’en convaincre : il faut plus de moyens, mais cela doit s’accompagner de réformes structurelles ambitieuses pour un système poussiéreux et sclérosé par des batailles de clochers, et des mandarins séculaires. Le California Institute of Technology (le fameux CalTech) dispose, pour un nombre d’étudiants et de profs comparables, d’un budget de fonctionnement 8 fois supérieur à celui de la rue d’Ulm (pourtant un des pôles d’excellence en France, source de prix Nobel et de médailles Fields). Cela montre bien l’ampleur du chemin à parcourir. Et on voudrait le parcourir en restant immobiles ?
La négociation a été habile de la part du gouvernement sur le sujet de l’autonomie : comme les immobilistes sont également égalitaristes à tout crin, ils ont préféré accepter une autonomie pour tous les établissements, plutôt que de voir la sacro-sainte égalité entre les établissement disparaitre. Plutôt bouger tous ensemble, plutôt que de créer une différence entre les volontaires et les autres. Pourquoi pas, du moment que ça bouge ! Le refus du mouvement aura été moins fort que celui de l’inégalité et de la concurrence. Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir d’un point de vue intellectuel ; espérons qu’au moins cela porte ses fruits et commence à remettre tout ce petit monde en mouvement. Et qu’une fois en mouvement, il comprendra que la concurrence est une nécessité : il importe de l’intégrer dans la construction du système au lieu d’en nier l’existence…C’est le seul moyen d’en limiter les effets néfastes, et de profiter pleinement de ses effets positifs, sources de création de richesse - intellectuelle et matérielle - par l’émulation.

Propositions de réformes pour l’école : à lire !

11 janvier 2007

Dans une lettre ouverte sur l’injustice scolaire, et cosignée par plusieurs associations (tendance école libre), Anne Coffinier et Marc Gaucherand proposent - après avoir dressé un bref état des lieux catastrophique de l’école en France - des réformes pleines de bon sens pour améliorer le fonctionnement de l’école en France. Je pense qu’elle valent le coup d’être lues. D’abord parce qu’elle montrent des pistes de progrès intéressantes, et d’autres part parce qu’elles montrent, indirectement, que tous ces points ne sont pas encore d’actualité. A discuter pendant les débats pré-présidentielles, ou est-ce là un sujet trop important pour que les candidats prennent le risque de s’y aventurer ?
Selon les auteurs, il faut donc que l’Etat accepte de :

  • Promouvoir l’initiative des professeurs
  • Reconnaître leur entière liberté pédagogique, pour qu’ils puissent s’adapter aux réalités et innover
  • Les évaluer non sur leur docilité à appliquer les instructions pédagogiques mais sur les progrès des élèves
  • Les laisser libres de choisir leur établissement
  • Re­connaître l’autonomie de gestion des établissements
  • Reconnaître la li­berté du directeur de l’école à constituer et « manager » librement son corps enseignant, sous le contrôle de son conseil d’administration, afin de garantir l’indispensable cohérence de la communauté éducative
  • Financer tous les établissements au prorata des élèves qui y sont librement inscrits ;
  • Responsabiliser les familles
  • Permettre à chaque famille de choisir l’école de ses enfants au sein de l’ensemble des écoles publiques ou privées existantes, afin de favoriser son implication dans l’établissement et le parcours scolaire
  • Adapter le financement pour que les choix soient finan­cièrement équivalents
  • Diversifier l’offre scolaire
  • Encourager les partenariats entre établissements scolaires et collectivités locales, entreprises ou instituts de recherche, pour permettre le développement d’établissements à forte identité aussi diversifiés que possible, qui constitueront autant d’atouts cultu­rels et économiques pour leur région
  • Supprimer le monopole de la collation des grades par l’État et reconnaître la diversité des diplômes et des formations
  • Favoriser l’ouverture de nouveaux établissements, là où le besoin s’en fait sentir, grâce à un financement assoupli
  • Défiscaliser les investissements au profit des écoles
  • N’envisager le maintien ou la fermeture d’écoles qu’en fonction des résultats

Voilà à mon sens de bon conseils, emprunts de trois qualités qui manquent souvent à l’Etat lorsqu’il devient gestionnaire : la souplesse, la culture du résultat, et l’amour de la liberté individuelle.

[ratings]