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Membre de LHC

Quand Riposte Laïque dérape

4 novembre 2008

Je lis régulièrement les éditos et certains articles de Riposte Laïque. Il me semble qu’il s’agit là d’un site utile, qui permet de sortir du politiquement correct et du regard généralement complaisant posé par les médias sur les extrémismes religieux, musulmans en particulier. C’est, avec Primo-Europe, Point de Bascule Canada ou encore Bivouac-Id, une de mes sources d’informations francophones sur le sujet de l’islamisme, et de sa frontière pas toujours très nette avec l’Islam.

Rétablir l’autorité républicaine

L’edito du n°62, Le système peut dire merci à ceux qui ont cassé, depuis 40 ans, toute autorité républicaine sonne juste sur beaucoup de points. Il y revient, notamment sur la situation extrêmement difficile de beaucoup de professeurs, puis sur celle des policiers :

Et que dire du sort réservé aux policiers ? […] Dans quel pays leur tire-t-on dessus à balles réelles, sans qu’ils ne puissent répliquer ? Dans quel pays garde-t-on systématiquement à vue un policier qui a fait usage de son arme, même quand il a sauvé la vie d’une personne en danger ? A-t-on oublié le traitement subi par ce courageux fonctionnaire qui, en tirant sur un groupe de supporters racistes du Paris-Saint-Germain en train de tabasser des supporters juifs, a sauvé la vie de l’un d’entre eux ? Quand des délinquants volent une voiture, et forcent un barrage, c’est toujours le policier qui fait figure de salaud ! Des sociologues racontent même que s’il y a des violences dans les quartiers, c’est à cause d’eux, et que s’ils restaient dans leur commissariat, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Comment les gouvernements, de droite comme de gauche, ont-ils pu abandonner ainsi ceux qui, bien souvent, sont les derniers remparts contre la loi de la voyoucratie ?

Un dérapage, et des questions…

L’ensemble du texte est plutôt juste, je trouve. Mais la conclusion ne laisse pas de surprendre : sans aucun rapport avec le reste du texte, un petit couplet sur le capitalisme, caricatural et tiré par les cheveux…:

Cela ne peut qu’engendrer une société de désordre, où la loi de la jungle l’emporte sur les lois de la République – qui sont les seules à pouvoir protéger les faibles contre les forts. Le système capitaliste, qui avait besoin de casser toute notion de régulation, ne dira jamais assez merci aux gauchistes et aux compassionnels droits-de-l’hommistes qui ont contribué, par des discours irresponsables assénés depuis quarante ans, à saper les édifices républicains, pour le plus grand bonheur d’une idéologie libérale-libertaire dont l’œuvre quotidienne est le désastre auquel nous sommes aujourd’hui confrontés.

A tous ses idiots utiles le capitalisme reconnaissant peut dire merci.

En quoi l’idéologie libérale peut-elle être tenue responsable de la perte d’autorité ? Associer libertaire et libéral dans un même anathème, c’est d’ailleurs afficher toute son inculture. En quoi le capitalisme aurait-il besoin de supprimer toute régulation ? Quel manque de lucidité, et quel parti pris honteusement affiché ! Je me pose la question suivante : s’ils sont capables de pondre des réflexions aussi grossières, et aussi orientée politiquement, qu’en est-il de leur sens critique au moment de traiter l’information sur les sujets de laïcité, et de religions ?
Alors, c’est sûr, je continuerai à lire Riposte Laïque. Mais avec en tête, désormais, un peu plus d’esprit critique, et comme une méfiance. Leur mode de raisonnement, pour des gens qui passent leur temps à taper sur les religions, me semble dangereusement proche, sur certains sujets, du mode “incantatoire” généralement associé à ces mêmes religions…

Conseils de lecture #25

29 octobre 2008

Bonne lecture !

Les effets négatifs de la crise sont multiples

22 octobre 2008

NON ! La France ne sera pas un pays colonisé…Affiche du PCF, trouvée sur http://www.legrandsoir.info/Un des impacts non négligeables de la crise financière actuelle, c’est de faire le jeu de tous les interventionnistes, et de tous les anticapitalistes, qui l’utilisent comme un argument pour aller vers plus de règlementation, et plus d’intervention étatique sur les marchés financiers. Toutes les vieilles rengaines ressortent : échec du système américain, capitalisme immoral, anti-libéralisme…Un débat entendu hier sur BFM le montre très clairement. A nous de rester critiques, et de ne pas laisser dire des contre-vérités.

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Quelques mots que j’aurais aimé écrire

21 octobre 2008

[...] Ce n’est pas être provocateur de dire que si les autorités bancaires internationales n’avaient pas fixé à deux reprises des règles prudentielles ayatollesques, les banques n’au¬raient pas eu besoin d’avoir recours à la titrisation et à une quantité de produits dérivés, aujourd’hui pointés du doigt comme les principaux coupables de cette crise financière. Ce n’est pas être un fou furieux du laisser-faire que de dire que les normes comptables adoptées pour tirer les leçons de la bulle Internet ont apporté plus de problèmes que de solutions. Il est heureux de les voir aujourd’hui mises en pièce avec la bénédiction des grands prêtres qui les imposaient il y a cinq ans.

Il est question aujourd’hui d’en finir avec les paradis fiscaux, les rémunérations des banquiers d’affaires, les ventes à découvert, les hedge funds ou ce formidable bouc émissaire qu’est «la spéculation». Mais ce ne sont pas des règles simples ou simplistes qui mettront fin à tous ces os que l’on donne à ronger à l’opinion. Arrêtons de faire croire que l’on peut réguler des capitaux qui font le tour du monde à la vitesse de la lumière, et sans lesquels la croissance mondiale exceptionnelle de ce début de siècle n’aurait pu avoir lieu.

En revanche il n’est pas superflu de rappeler au monde entier que le capitalisme ne peut pas scier constamment la branche sur laquelle il est assis. Le capitalisme, c’est d’abord un humanisme. À condition de replacer l’homme au centre du système, plutôt que de s’en méfier avec des règles aussi excessives qu’insignifiantes. Là devrait être l’enjeu d’un nouveau Bretton Woods.

Yves de Kerdrel, Nécessité et contraintes d’un nouveau Bretton Woods

Pascal Salin parle de la crise

1 octobre 2008

Je ne saurais trop vous conseiller d’aller lire la tribune de Pascal Salin, publiée aujourd’hui dans Les Echos. Il y revient sur la crise financière actuelle, et en explique les causes et les ressorts. Extraits.

…ou l’échec d’un Etat pas assez libéral

La crise financière actuelle est l’occasion pour beaucoup de commentateurs de chanter le refrain habituel sur l’instabilité chronique du capitalisme et sur la nécessité d’un renforcement de la réglementation des marchés que l’on appelle d’ailleurs, de manière erronée, une régulation des marchés financiers. Tel fut d’ailleurs le credo affirmé par le président français dans son récent discours de Toulon. C’est pourtant une leçon toute différente que l’on devrait tirer de la crise actuelle, à savoir que la meilleure régulation passe par le libre fonctionnement des marchés et non par leur réglementation. La cause essentielle de cette crise provient en effet de l’extraordinaire variabilité de la politique monétaire américaine au cours des années récentes. Or celle-ci est bien évidemment décidée par des autorités publiques et non déterminée par le marché. […] Or les conséquences néfastes de cette politique ont été aggravées par plusieurs phénomènes. Tout d’abord, le sens de la responsabilité à l’égard du risque est émoussé parce qu’il est implicitement admis que les autorités publiques ne laisseraient pas se produire des faillites importantes en cas de difficultés (ce que confirme en partie le comportement actuel des autorités américaines). En particulier, les deux grands pourvoyeurs de crédits « subprime », Fannie May et Freddie Mac - initialement créés par l’Etat américain - bénéficiaient de garanties étatiques privilégiées qui les ont conduits à prendre des risques très excessifs.

Après être revenu sur la règlementation financière, et ses effets pervers, Pascal Salin conclut :

Dans le monde capitaliste du XIXe siècle, plus stable que le monde financier actuel, le crédit bancaire résultait des décisions des actionnaires des banques. Dans l’univers étatisé de notre époque, c’est le contraire qui se passe. On impose arbitrairement un ratio de fonds propres qui ne fait que mimer un vrai monde capitaliste, mais cela conduit à l’apparition de bulles financières. Les établissements de crédit maximisent le montant de leurs crédits et essaient ensuite par des manipulations de présenter un ratio de fonds propres conforme à la réglementation. Une réglementation qui impose un résultat ne remplacera jamais le libre jeu des décisions d’êtres humains responsables (c’est-à-dire capitalistes). C’est pourquoi les appels constants lancés de nos jours en faveur d’une plus forte réglementation des marchés financiers ne sont pas fondés.

Certes, on peut reprocher aux établissements financiers de n’avoir pas été plus prudents. Cela résulte des structures institutionnelles de notre époque que nous avons rappelées. Mais cela reflète aussi le fait que l’information ne peut jamais être parfaite : un système capitaliste n’est pas parfaitement stable, mais il est plus stable qu’un système centralisé et étatique. C’est pourquoi, au lieu de stigmatiser une prétendue instabilité du capitalisme financier, on devrait stigmatiser l’extraordinaire imperfection de la politique monétaire. On peut regretter que les managers des grandes banques n’aient pas été plus lucides et n’aient pas mieux évalué les risques qu’ils prenaient dans un monde où la politique monétaire est fondamentalement déstabilisatrice. Mais c’est précisément et surtout ce caractère déstabilisant de la politique monétaire que l’on doit déplorer. Arrêtons donc les procès faits à tort au capitalisme et recherchons au contraire le moyen de libérer les marchés financiers de l’emprise étatique.

Pascal Salin

Citation du dimanche #96

28 septembre 2008

La vérité ne se décide pas à la majorité des voix. La vérité est la vérité, elle se reconnaît. Mais cette vérité-là ne peut pas elle-même être reconnue dans le monde hyperpolitisé et hypermédiatisé où nous vivons et où toute valeur disparaît au profit du nombre. C’est le nombre de ses fans qui fait de Loana une star plus que ses qualités intrinsèques. Et c’est le nombre de participants au sommet antilibéral de Porto Alegre ou au Forum des puissants de Davos qui permettent de focaliser l’attention des médias et des hommes politiques.

[…] Non, le Forum de Davos, les grandes entreprises multinationales, le FMI et la Banque mondiale ne sont pas l’expression ni même le symbole du capitalisme!

N’est-il pas paradoxal, en effet, de faire du FMI ou de la Banque mondiale des symboles du capitalisme, alors qu’il s’agit là d’organisations interétatiques ? Les ressources qu’ils distribuent ont nécessairement été produites par les efforts de personnes privées auprès desquelles elles ont été prélevées. Et elles sont essentiellement redistribuées à des États et à des organisations publiques, c’est-à-dire à des personnes irresponsables, puisqu’elles n’engagent pas leurs propres ressources et qu’elles ne subissent pas la sanction de leurs erreurs. Car les habitants des pays pauvres ne sont pas les victimes du capitalisme mondial, ils sont bien au contraire les victimes d’un manque de capitalismeC’est ainsi que le FMI et la Banque mondiale ont gaspillé des ressources considérables, qu’ils ont incité une myriade d’autres organisations et États à faire de même et qu’ils ont aidé à se maintenir en place des régimes aussi nuisibles que corrompus. Car les habitants des pays pauvres ne sont pas les victimes du capitalisme mondial, ils sont bien au contraire les victimes d’un manque de capitalisme. Ce n’est pas sur les marchés mondiaux qu’il faut trouver la source de leurs maux, mais chez eux-mêmes: ce sont les États des pays pauvres qui les maintiennent dans la pauvreté en empêchant les initiatives privées, en spoliant les plus actifs, les plus courageux, les plus innovateurs, en détruisant la morale naturelle – si indispensable au développement – par le développement de la corruption.

Qu’est-ce que le capitalisme en réalité?

On fait également fausse route en ramenant le capitalisme à la seule existence de quelques grandes firmes. Comme l’a si bien souligné l’auteur péruvien Hernando de Soto, dans de nombreux pays sous-développés on appelle capitalistes les propriétaires de grosses entreprises qui vivent en symbiose avec l’État, qui vivent de subventions, de privilèges, de protections douanières et qui, en retour, soutiennent les hommes politiques en place. Mais ils ne méritent pas le beau nom de “capitalistes”, ni même celui d’entrepreneurs. Ils ne sont que des nomenklaturistes, des parasites sociaux, qui non seulement vivent aux dépens des autres, mais encore les empêchent de se développer. Les vrais capitalistes, ce sont tous ces hommes et ces femmes – qu’ils soient pauvres ou aisés, petits entrepreneurs, agriculteurs ou artisans – qui développent des trésors d’imagination pour survivre, imaginer, créer, en dépit des obstacles fiscaux, législatifs et réglementaires que leur opposent les détenteurs du pouvoir.

Être capitaliste, c’est se voir reconnaître la propriété du fruit de son travail, de ses efforts, de son imagination. Et toute la dignité de l’homme lui vient donc de sa capacité à être capitaliste. Comment se fait-il alors qu’il soit si difficile de se dire favorable au capitalisme, d’en défendre les valeurs? On pourra voir un indice inquiétant des dérives intellectuelles de notre temps en considérant l’extraordinaire contraste qui existe entre, d’une part, le « battage médiatique » mondial qui entoure la rencontre de Porto Alegre – ainsi que, dans une moindre mesure, la réunion du Forum de Davos –, et, d’autre part, cette formidable initiative qu’a été, le 2 décembre dernier, la “marche pour le capitalisme” qui s’est déroulée dans une presque centaine de villes à travers le monde. Cette “marche” – dont l’initiative revient non pas à quelque “gros capitaliste”, mais à un chanteur des rues australien – est passée presque inaperçue, d’une part bien sûr parce que les organisateurs de ces différentes manifestations étaient loin de bénéficier des aides financières disponibles pour les autres, mais aussi parce que le silence médiatique a été presque total. Mais, répétons-le, ce n’est pas le nombre qui fait la vérité.

Pascal Salin

CR_RDB #3

25 septembre 2008

J’étais donc à la république des blogs hier soir. Bon, soyons clair : Maître Kanter, c’est moins sympa que Le Pavillon Baltard. Mais ça passe.
J’ai pu saluer Authueil et Jules, qui étaient déjà assis à une grande tablée de blogueuses et de blogueurs.
Je me suis assis à une table, et j’ai été rejoint par le très sympathique Frédéric, qui attendait une connaissance1.
Un blogueur nommé Torvald nous a rejoint, presqu’au même moment que Jean-Paul Oury.
J’ai profité d’un petit moment pour aller saluer Eolas, qui a accepté récemment que ses articles soient repris sur la blogosphère libérale.
Nous avons mangé un morceau en discutant principalement de l’élection présidentielle américaine, à laquelle Frédéric consacre désormais toute son activité de “veille”. Il en est d’ailleurs un très bon spécialiste, et je regrette qu’il ne tienne pas un blog sur ce sujet. Laurent Gloaguen2 était installé à la table derrière nous, et je l’ai salué également.

Puis, finalement, Roman nous a rejoint ! Il nous explique ce qu’il faisait au boulot à 22h00, très intéressant.

Quelques instants après, Authueil est venu pour nous dire que quelqu’un me cherchait : il s’agissait de Penthievre, commentateur de qualité sur ExpressionLibre, ainsi que sur pas mal de blog du réseau LHC.
Nous échangeons quelques mots avec le sympathique Authueil, qui me fait - gentiment - le reproche de toujours partir au quart de tour dans les discussions. D’être à la limite du trollage, en somme. Ce que j’assume : je lui explique donc que les discussions ouvertes, pragmatiques entre les gens pleins de doutes et réceptifs à l’opinion d’autrui peuvent aussi avoir le défaut de ne pas permettre de faire émerger les points de désaccords, et que c’est la raison pour laquelle je “grossis” légèrement le trait pour faire réagir.

La discussion embraye avec Penthievre, Jean-Paul, et Roman sur le libéralisme, sur la position de Roman, qui n’est pas libéral au sens radical du terme, mais plus par pragmatisme et par bon sens, la conversation fait rage. Au bout d’un moment, je vais débaucher Mathieu L., qui discutait avec Abadinte, qui nous rejoint peu après à la table. Mathieu L. est très sympathique et ouvert dans la discussion, ce qui ne m’étonne pas, au vu de nos échanges sur nos blogs respectifs. La discussion part dans tous les sens : nous parlons d’Edvige, du rSa, de la droite et de la gauche3, de la politique du gouvernement.

J’aime quand ça part un peu dans tous les sens, même si c’est un peu bordélique. Je pars dans une discussion de fond avec Mathieu L., qui a commencé sur le conservatisme et le réformisme, et qui a dérivé sur la pauvreté, et le manque de “révolte” affiché de la part de ceux qu’il considère comme les gens “de droite”. Je lui confirme que, oui, la misère et la violence me révoltent toujours. Et je lui exprime mon sentiment que les pays pauvres le sont bien plus du fait d’un manque de libéralisme, et de capitalisme que du fait du libéralisme et du capitalisme. Et que ce sont la plupart du temps les états, les tyrans, les corrompus qui empêchent la création de richesses et le développement de l’économie, par la spoliation permanente des individus et le non-respect du droit de propriété. Il est plutôt d’accord et me dit que ça ne fait pas un argument contre l’Etat, mais contre le despotisme. J’en suis d’accord, et le libéralisme d’ailleurs ne prône pas autre chose que le respect des droits de propriété et la limitation des pouvoirs, quels qu’ils soient.

Nous avons clôturé cette république des blogs ; je serais bien resté plus longtemps, mais il faut bien anticiper le réveil difficile du lendemain. C’était super sympa, en tout cas, et j’étais très heureux de rencontrer Mathieu L. et Penthièvre, que je ne connaissais pas encore en chair et en os. Vivement la prochaine !

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  1. qui s’est révélé être finalement Emmanuel, de Ceteris Paribus
  2. si vous ne connaissez pas son site, je vous conseille d’aller y faire un tour, il est somptueusement bien réalisé, et les pages perso que l’on y trouve son très bien écrites et émouvantes
  3. je ne sais toujours pas ce que c’est, au grand dam de ceux pour qui ces mots ont une signification, et pourtant j’y met de la bonne volonté…

Conseils de lectures #19

23 septembre 2008

Bonne lecture!