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Membre de LHC

La Commission casse des pare-brise

13 novembre 2008

La Commission européenne combat les cartels, nous dit-on. Est-ce là une saine attitude, consistant à défendre le consommateur contre les ententes illicites entre industriels ? Ou assiste-t-on plutôt à des mesures dogmatiques consistant à vouloir “tordre” la réalité pour la faire coller à des théories fumeuses ? Un bref aperçu du sens de ces mots, et un rappel de ce qu’est la concurrence permettent de répondre à cette question.

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Citation du dimanche #99

19 octobre 2008

Eloge de la concurrence

Pascal SalinDans un monde où la libéralisation des échanges est devenue une réalité, la réflexion sur le rôle de la concurrence s’est imposée comme une préoccupation majeure de notre époque. Ses avantages sont certes généralement reconnus, mais elle est également souvent critiquée. Devant les craintes que ferait naître une concurrence “excessive”, on demande alors de la limiter, de la “réguler” (c’est-à-dire en fait de la réglementer). Certes, on peut comprendre certaines de ces craintes, car la concurrence n’est pas toujours facile à vivre et, tout au moins si on en est le bénéficiaire, on préférerait parfois pouvoir développer ses activités à l’abri de toute concurrence. Mais il faut bien évaluer la portée de ces appels à la modération de la compétition. En effet, la concurrence prévaut sur un marché dans la mesure où tous les producteurs sont libres de proposer leurs produits et où, par ailleurs, tous les consommateurs sont libres de les acheter (ou de les refuser). Accepter la concurrence, c’est donc accepter la liberté d’agir ; limiter la concurrence, c’est limiter la liberté. C’est la raison pour laquelle, je pense que, par principe, “la concurrence est toujours bonne” : elle consiste, pour chacun, à exercer sa liberté dans le respect de la liberté d’autrui.

Dans un article récent des “Echos” (22 avril 2008), Angus Sibley me reproche cette position, qu’il trouve excessive, et il va même jusqu’à dire que “la pagaille bancaire est une conséquence de la méchante philosophie des ultralibéraux” qui “prône la concurrence désentravée et féroce”. Il affirme que “les bonnes choses de ce monde deviennent nocives en excès”, ce qui le conduit à faire un parallèle entre la concurrence et les hormones thyroïdes dans le corps humain. Mais comparaison n’est pas raison. Ce parallèle ne nous apprend rien sur ce qu’est la concurrence et sur son rôle. […]

Le respect de la liberté d’entrer sur un marché, pour un producteur comme pour un consommateur, est un principe absolu de nature morale. Le respect de la liberté d’entrer sur un marché, pour un producteur comme pour un consommateur, est un principe absolu de nature morale.Or un principe n’admet pas de compromis, il ne peut pas être plus ou moins valable. S’il est évident que la consommation de nourriture ou d’hormones thyroïdes ne doit pas être excessive, cela n’implique en rien qu’il faille imposer des limites à un principe tel que celui de la liberté d’agir. Encore faut-il bien comprendre de quoi l’on parle. Lorsqu’on dit que la liberté d’agir ne doit pas rencontrer de limites, cela signifie qu’on ne doit pas limiter par la contrainte l’exercice de cette liberté. Mais il est par ailleurs évident que ce dernier rencontre une limite naturelle : la liberté d’agir d’un individu ne doit pas porter atteinte à la liberté d’agir des autres.

Il est aujourd’hui à la mode de réclamer une “régulation” de la concurrence, à cause de ses excès supposés et de la responsabilité qu’on lui attribue, à tort, dans l’instabilité économique et financière. Or il serait tout d’abord plus correct de parler de “réglementation” que de “régulation”, car c’est bien cela que l’on invoque en fait. Mais c’est oublier que la meilleure régulation est assurée, précisément, par la liberté et la concurrence, c’est-à-dire un système où les individus adaptent continuellement leurs décisions à celles des autres. Bien sûr, le résultat de ces processus d’interdépendance n’est jamais parfait, car les êtres humains ne sont pas parfaits et ils ne possèdent pas la connaissance absolue. C’est pourquoi il ne faut pas comparer les résultats du fonctionnement d’un système Il est absurde de vouloir confier à quelques personnes la tâche d’imposer aux autres de manière arbitraire des limites à l’exercice de leur libertéde libre concurrence à ceux, supposés, d’un système idéal qui ne peut pas exister, où l’instabilité n’existerait pas et où l’information serait éternellement parfaite.

Mais, de manière similaire, les “réglementeurs” - et non les “régulateurs” - auxquels on fait appel n’ont pas non plus la connaissance absolue. Il est même certain que les détenteurs du pouvoir de contrainte légale et réglementaire n’ont qu’une information infiniment petite par rapport à celle qui est continuellement créée par des millions d’individus. Comment peut-on manquer de logique au point de prétendre que des hommes libres risquent d’abuser de leur liberté et de supposer par ailleurs que ces autres hommes chargés de les contrôler ne risquent absolument pas d’abuser de leur propre liberté ? Pourtant, cette dernière ne comporte aucune limite naturelle, puisqu’elle est en fait une liberté sans principe, sans régulation, la liberté de contraindre autrui ! Il est donc absurde - mais aussi immoral - de vouloir confier à quelques personnes la tâche d’imposer aux autres de manière arbitraire des limites à l’exercice de leur liberté. Oui, cela est certain, il n’y a rien de mieux que la concurrence et la liberté d’agir.

Pascal Salin, Eloge la concurrence, Les Echos (30/04/2008)

Chaîne Européenne

16 octobre 2008

Criticus m’a gentiment invité à répondre à une chaîne portant sur l’Europe, dont la question est la suivante :

Quelle Europe voulez-vous en 2020? Quelles doivent être les 4 priorités à mettre en oeuvre dès aujourd’hui pour améliorer l’Europe, la rendre plus démocratique, plus compétitive, plus forte à l’international, plus en avant sur le développement durable, etc

Merci, Criticus. Je suis bien emmerdébarrasé, maintenant. L’Europe, je n’y connais rien. Mais je m’y colle, parce que pour une fois, la chaîne ne consiste pas à donner ses trois positions favorites, ou 5 choses susceptibles de nous gâcher la journée (questions existentielles certes mais un brin nombrilistes…). Comme je n’y connais rien, je vais simplement partager quelques idées qui me paraissent importantes à garder en tête lorsqu’on décide au niveau politique des changements à l’échelle Européenne.

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Une idée simple, et quelques questions…

7 octobre 2008

Une idée simple…

Une idée simple lue l’autre jour dans un article d’Hans-Hermann Hoppe1 : c’est un fait économique établi que pour un bien de consommation ou un service donné, la mise en concurrence des producteurs de ce bien permettra au consommateur d’y avoir accès à moindre coût, et que ce bien sera de meilleure qualité (plus grand choix, notamment). A l’inverse, en situation de monopole2, un service ou un bien sera produit à un coût supérieur et sera de qualité moindre. L’explication économique en est toute simple : si au lieu de confier la production d’un service à quelques personnes, on autorise n’importe qui à le proposer, on fait appel potentiellement à des millions de personnes (à leur créativité, à leur intelligence, à leur envie). La créativité de 1000 personnes sera toujours plus prolifique et riche que celle d’une personne, aussi intelligente soit-elle. L’émergence de la nouveauté et du changement est d’ailleurs conditionnée par l’ouverture à la concurrence.

…et quelques questions

Si on utilise cette idée dans le domaine des services publics, on peut se poser les questions suivantes :

  • Les services produits par l’Etat, en situation de monopole la plupart du temps, sont-ils donc plus coûteux et de moindre qualité que ce à quoi nous aurions accès si leur production était confiée à des acteurs privés sur un marché concurrentiel ?
  • Peut-on tenir le même raisonnement pour les services d’ordre et de justice - pour les fonctions dites régaliennes de l’Etat ?

Ce sont là des questions cruciales et intéressantes, je trouve. Et vous ?

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  1. Cet article se trouve dans le livre “L’homme Libre”, ouvrage collectif rédigé en l’honneur de Pascal Salin. J’en ai déjà parlé un peu l’autre jour
  2. il faut distinguer les monopoles légitimes des monopoles illégitimes : le monopole illégitime est celui obtenu par la contrainte et interdisant aux nouveaux acteurs d’entrer sur le marché

Conseils de lecture #13

15 juillet 2008

Bonne lecture !

Citation du dimanche #85

13 juillet 2008

Et cependant, comme ce mot sacré a encore la puissance de faire palpiter les cœurs, on dépouille la Liberté de son prestige en lui arrachant son nom ; et c’est sous le nom de concurrence que la triste victime est conduite à l’autel, aux applaudissements de la foule tendant ses bras aux liens de la servitude.

Frédéric Bastiat (1801-1850)

La vérité sur le néolibéralisme

24 juin 2008

Néolibéral est certainement l’insulte la plus à la mode en France. Déjà, il faut savoir que c’est juste le nom qu’ont donné ses adversaires au libéralisme. Histoire de ne pas dire trop ouvertement qu’ils font la promotion d’idées légitimant la contrainte, et la négation des individus. Ensuite, ce qu’on découvre en cherchant un peu, c’est que ni les intellectuels qui ont fondé ces courants anti-libéraux, ni leur partisans, ne connaissent le libéralisme. Ils s’en servent comme d’un épouvantail pour faire passer leurs idées liberticides et totalitaires. Ne rentrons pas dans leur jeu, ni dans leur sémantique.

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Delanoë n’est pas libéral

22 mai 2008

Bertrand Delanoë sort un bouquin aujourd’hui, appelé “De l’audace”. Il s’y positionne comme “libéral”, ce que les médias ont bien sûr relayé avec délectation (tu parles, une occasion de voir les gars de gauche se taper dessus!). Delanoë n’est pas vraiment libéral, mais cette prise de position a le grand mérite de mettre le libéralisme sur le devant de la scène, et donnera l’occasion aux vrais libéraux - de tous horizons - de s’exprimer plus librement. Voilà donc une belle avancée, audacieuse. Le petit landernau des blogs de gauche en est d’ailleurs tout agité…et c’est tant mieux : il faut bien remuer, sinon la pulpe elle reste au fond !

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