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Membre de LHC

Réformes, triangles d’or et calculs politiciens

21 juillet 2008

Le temps manque, souvent, pour aller se renseigner sur tout ce qu’on voudrait. C’est le cas de la réforme constitutionnelle que les parlementaires et les sénateurs vont voter aujourd’hui. J’ai suivi de loin les tractations concernant le vote, qui va être tendu. Sur le fond, quelques grandes lignes m’ont convaincues que ça allait plutôt dans le bon sens. Je me retrouve dans les arguments que l’on peut lire sur Echo Politique, par exemple.

Dans la manière de mener un changement, on apprend en formation que ceux sur qui il faut s’appuyer pour convaincre les “mous”, les “indécis” et les “passifs”, sont les “triangles d’or”. Les “triangles d’or” sont ceux qui fonctionnent sur un mode d’esprit critique, d’analyse sceptique des éléments. Ce sont des “raisonnables”, “factuels”. Et si eux participent à convaincre que le changement est bon, alors ils auront un vrai poids dans les discussions : on ne peut pas les soupçonner d’être acquis à une cause, ou convaincus à l’avance.

C’est l’impression que m’ont donné plusieurs tribunes où des esprits lucides ont choisi de dire pourquoi ils voteront oui, malgré des positions éloignées de celles du gouvernement. De la majorité, ou de l’opposition. Citons les radicaux de gauche1 :

Et il faut bien reconnaître que de nombreuses dispositions contenues dans cette réforme contribuent à rénover le système actuel. Le nier serait faire preuve d’irresponsabilité et d’un manque certain de discernement. Il est toujours dangereux, sur un texte qui engage l’avenir de nos institutions, d’opter pour une grille de lecture uniquement partisane et s’inscrivant dans le seul court terme. Il faut se projeter et imaginer l’opposition d’aujourd’hui devenir majoritaire. Quand il s’agit de la Constitution, cet exercice, certes pas facile aujourd’hui, est toutefois indispensable.

[…] Notre vote n’est en rien un vote de soutien à la politique du président de la République. Depuis le début de cette législature, nous n’avons cessé de nous opposer à ses projets et à ses choix.

Pour ceux qui veulent lire le texte complet des articles modifiés qui sont soumis au vote du Congrès, c’est là : Le texte des articles modifiés sur Le Monde.

Je reprend, en guise de conclusion, l’article de Brice Couturier : il n’y a rien à ajouter.

Pourquoi édulcorer un pouvoir dont on peut s’emparer ?

Les hommes de parti, quelques pures que leurs intentions puissent être, répugnent toujours à limiter la souveraineté. Ils se regardent comme ses héritiers, et ménagent, même dans la main de leurs ennemis, leur propriété future. (Benjamin Constant)

Voilà pourquoi la majorité du PS refusera, en Congrès, les réformes constitutionnelles proposées par le gouvernement. Même s’il se trouve que nombre de ces réformes sont réclamées à corps et à cris depuis des années par la gauche libérale. Pourquoi l’opposition contribuerait-elle à rogner les pouvoirs exorbitants de l’exécutif, alors qu’elle sait qu’elle a de bonnes chances de l’emporter dans moins de 4 ans ? A-t-on vu que l’auteur du “Coup d’Etat permanent” ait renoncé en quoi que ce soit aux prérogatives ahurissantes accordée au président de la République, une fois élu ? Le pouvoir de nomination, en particulier, est, dans notre pays, scandaleux. On a vu l’usage qu’en ont fait et Mitterrand et Chirac en fin de mandat pour caser ou remercier leurs amis.

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  1. Gérard Charasse, Paul Giacobbi, Annick Girardin, Joël Giraud, Dominique Orliac et Sylvia Pinel

Etes-vous un libéral qui s’ignore ?

16 juin 2008

Ce petit article pour vous signaler un test sympa à faire : Etes-vous un libéral qui s’ignore ?. En une vingtaine de questions, vous saurez comment vous vous positionnez par rapport au libéralisme. Rapide et instructif, voire pédagogique…(trouvé par le biais de Jean-paul Oury). J’ai eu 19/20 à mon examen, trop fort ! Au passage, j’ai déjà signalé à Jean-paul Oury que la manière dont sont formulées les réponses donnent un biais à ce questionnaire : pour chaque question, vous avez le choix entre “tout à fait d’accord”, “plutôt d’accord” et “pas d’accord”. Selon moi, il faut autant de réponses négatives que positives (symétriques) pour que le test prenne de la valeur…un détail.

Cela permet en tout cas de se positionner par rapport au libéralisme, et cela change de l’éternel (et vide de sens) débat gauche / droite. Un test en ligne, Politest, basé sur ce clivage gauche / droite m’amène au résultat suivant :

Vous vous situez à droite, même si certaines de vos positions sont marquées à gauche. Le parti dont vous êtes le plus proche : Alternative Libérale

Voilà les résultats ridicules que l’on peut obtenir lorsqu’on cherche à utiliser des catégories peu claires pour évaluer les choses.

Bien plus pertinent, le test chez L’ami du laissez-faire (dont j’avais déjà parlé), basé sur l’évaluation de l’importance accordée à la liberté individuelle et à la liberté économique.

On y trouve cette question très juste (avec laquelle on doit donner notre niveau d’adhésion) :

La “justice sociale” est réalisée lorsque la distribution des richesses se confond avec leur production, c’est-à-dire dans une société qui ne connaît pas le vol ni l’impôt. Par rapport à l’immense fortune de Bill Gates et Madonna, il n’existe que deux catégories de gens : ceux qui n’achètent pas les logiciels de Microsoft ou les disques de la chanteuse ne peuvent pas se dire lésés, ils n’ont rien payé. Et ceux qui, au contraire, achètent ces produits ne peuvent pas se plaindre d’une fortune qu’ils ont contribuée à édifier. Si personne n’est lésé, où est donc l’injustice ?

Ce test est tiré du super quiz que l’on peut trouver et faire sur The Advocates. Mon résultat est le suivant (point rouge):

Et la définition des libertariens qui accompagne le graphe de résultats :

Libertarien

Les libertariens sont pour un maximum de liberté au niveau individuel, comme sur les questions économiques. Ils défendent un Etat beaucoup plus restreint ; un Etat dont l’étendue serait limitée par la protection des individus contre la coercition et la violence. Les libertariens sont pour la promotion de la responsabilité individuelle, contre la bureaucratie étatique et les impôts, pour la charité privée, tolérant pour les différents modes de vie, pour le marché libre, et défenseurs des libertés civiques.

Le PS, les blogueurs, et le vide idéologique de la gauche française

11 juin 2008

J’ai été surpris l’autre jour à la lecture d’un billet sur Partageons mon avis : “La gauche et moi“, dans lequel Nicolas, blogueur influent, explique ses “relations” avec la gauche. Après avoir dit le mal qu’il pense des conflits internes, et des querelles de personne, il exprime la ligne d’accord idéologique entre “gens de gauche” et /ou militants PS :

Nous sommes tous partisans des libertés à la condition qu’aucun citoyen ne soit laissé de côté : la vie économique doit donc être encadrée et les moyens mis en commun par la solidarité nationale importants.

Puis, Nicolas précise qu’il y a “deux autres principaux sujets qui [les] unissent”.

Le premier est la lutte contre la droite Française qui, non seulement mène une politique complètement contreproductive pour l’économie, presque dévastatrice, mais se fait un malin plaisir à revenir sur des années, voire des siècles de progrès social. Ils nous expliquent qu’ils font ça au nom de la modernité mais j’ai du mal à comprendre en quoi c’est moderne de travailler plus ou de “payer” des franchises médicales. Dévastatrice ? Oui. Je ne vais pas m’étendre mais quand GDF et Suez seront totalement la propriété de fonds de pension Américain, je ne vois pas comment on pourra rebâtir une industrie nationale… Le deuxième est la lutte contre le style de gouvernance qui se fait dans un total mépris de la République et de ses institutions. Nicolas Sarkozy s’est ressaisi en début d’année après un mauvais cap (la réception de Kadhafi, l’annonce de sa relation avec Carla Bruni chez Mickey, …) mais le fond n’y est toujours pas.

Si je résume, à part une sorte phrase creuse expliquant qu’il ne faut laisser personne de côté (comment ?), on trouve dans ce texte deux positionnement forts : contre la droite, et contre le style de gouvernance. Où sont les idéaux mis en avant par la gauche ? On s’en tape du style de gouvernance ! Où sont les propositions pour l’émancipation - des femmes, des faibles, des enfants - dans la société française ? Où sont les grands axes de politique ? Où est le positionnement économique ? Où sont les propositions permettant de redistribuer les richesses équitablement, sans pénaliser ceux qui les produisent ?

On sent bien la proximité idéologique (revendiquée d’ailleurs dans le billet) avec le PS : anti-sarko, et pas l’ombre d’une proposition. Tant que la gauche sera dans une posture d’opposition systématique, elle sera condamnée à rester ce qu’elle est aujourd’hui : divisée sans pour autant que se dessinent des courants, dramatiquement attirée par ses extrêmes. En se positionnant en “anti”, comme le fait Nicolas, la gauche modérée fait le jeu de l’extrême gauche, et penche vers les extrêmes. Au jeu des “anti”, il n’y a rien de meilleur qu’un extrême : il n’est d’accord avec rien. Il est contre. J’attends de la gauche qu’elle me dise pour quoi elle est. Et comment elle compte y parvenir.

Delanoë n’est pas libéral

22 mai 2008

Bertrand Delanoë sort un bouquin aujourd’hui, appelé “De l’audace”. Il s’y positionne comme “libéral”, ce que les médias ont bien sûr relayé avec délectation (tu parles, une occasion de voir les gars de gauche se taper dessus!). Delanoë n’est pas vraiment libéral, mais cette prise de position a le grand mérite de mettre le libéralisme sur le devant de la scène, et donnera l’occasion aux vrais libéraux - de tous horizons - de s’exprimer plus librement. Voilà donc une belle avancée, audacieuse. Le petit landernau des blogs de gauche en est d’ailleurs tout agité…et c’est tant mieux : il faut bien remuer, sinon la pulpe elle reste au fond !

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La gauche et le capitalisme

16 mai 2008

Retour sur un article de Michel Rocard, paru le 06 mars 2008. Sous couvert d’un discours convenable et ouvert, on peut y lire un discours proche des vieilles rengaines anti-capitalistes de la gauche. Retour sur quelques points clefs de cet article, pour en disséquer un peu l’idéologie sous-jacente, et/ou le public visé…

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Valls, le solitaire ?

6 mai 2008

La blogosphère n’en a pas beaucoup parlé. De droite comme de gauche. Et pourtant, les positions exprimées par Manuel Valls, pleines de bon sens, et de sens de la responsabilité, tranchent clairement avec la position officielle du PS. Est-ce le signe d’un début de changement d’attitude au PS ? Il faut soutenir, en tout cas, ce type de discours qui sort de l’opposition systématique, et qui se place dans le registre de la proposition et du progrès.

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Interview d’Alain Boyer : cinquième partie

28 décembre 2007

Suite de l’interview d’Alain Boyer, professeur de philosophie politique à la Sorbonne. Après avoir discuté de l’histoire de son article paru dans le Figaro (entre les deux tours de la présidentielle), et expliquant la différence entre morale de responsabilité et morale de conviction, Alain Boyer nous explique aujourd’hui un de ses thèmes de cours “Tyrannie, Despotisme et Dictature”. On y parle, bien sûr, de démocratie et de droits de l’homme. Et on aborde - en fin de partie -, le sujet de la sixième partie (à venir) : l’Islam et les religions.

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Interview d’Alain Boyer : quatrième partie

21 décembre 2007

Alain BoyerNous avons vu la dernière fois l’analyse d’Alain Boyer sur la position idéologique du PS, et celle de Sarkozy. Suite de l’interview aujourd’hui, centrée sur le fameux article qu’Alain Boyer avait publié (dans le Figaro) entre les deux tours de la présidentielle pour soutenir Sarkozy. Historique de l’article, réactions, et quelques mots sur l’université. Si vous prenez cette série d’articles en cours de route, je vous conseille de commencer par le début, ça facilitera votre lecture.

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