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Membre de LHC

DLL - Le développement de l’optique évolutionniste

20 novembre 2008

Chapitre premier : “Raison et évolution”

Le développement de l’optique évolutionniste

Il devint de plus en plus clair que la formation de types réguliers de relations humaines qui ne sont pas le but conscient d’actions humaines soulevait un problèmes qui nécessiterait le développement d’une théorie sociale systématique. La réponse à ce besoin fut fournie pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle dans le domaine économique par les philosophes moralistes écossais, conduits par Adam Smith et Adam Ferguson, cependant que les conséquences à en tirer pour la théorie politique recevaient leurs magnifiques formulations du grand visionnaire Edmund Burke, encore que l’on chercherait vainement dans son œuvre une théorie systématique.

Hayek s’emploie ensuite à dissiper certains malentendus à propos de la théorie évolutionniste.

Il y a d’abord la croyance erronée que c’est une conception empruntée à la biologie. Ce fut en réalité l’inverse, et si Charles Darwin a su appliquer avec succès à la biologie un concept qu’il avait largement reçu des sciences sociales, cela ne rend pas ce concept moins important dans le domaine où il avait pris naissance. C’est à l’occasion de la réflexion sur des formations sociales telles que le langage et la morale, le droit et la monnaie, qu’au cours du XVIIIe siècle les conceptions jumelles de l’évolution et de la formation spontanée d’un ordre furent enfin clairement formulées, fournissant ainsi à Darwin et ses contemporains des outils intellectuels qu’ils purent appliquer à l’évolution biologique. Ces philosophes moralistes du XVIIIe siècle et les écoles historiques du droit et du langage peuvent bien être nommés – comme certains des théoriciens du langage du XIXe se sont eux-mêmes qualifiés – des darwiniens avant Darwin.

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Politique personnelle

14 novembre 2008

Rubin vient de lancer, en parallèle de la réflexion que nous avons mise en place au sein de LHC sur le positionnement politique de nos blogs, une chaine visant à préciser en 5 questions/réponses, notre positionnement politique.

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La Commission casse des pare-brise

13 novembre 2008

La Commission européenne combat les cartels, nous dit-on. Est-ce là une saine attitude, consistant à défendre le consommateur contre les ententes illicites entre industriels ? Ou assiste-t-on plutôt à des mesures dogmatiques consistant à vouloir “tordre” la réalité pour la faire coller à des théories fumeuses ? Un bref aperçu du sens de ces mots, et un rappel de ce qu’est la concurrence permettent de répondre à cette question.

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Pascal Salin

31 octobre 2008

Pascal SalinCe billet servira de point central pour lister les articles et les ressources concernant Pascal Salin. Comme j’ai écrit pas mal d’articles en me basant sur ses textes, ou en utilisant des citations de lui, je trouve cohérent de centraliser tout ça au même endroit. N’hésitez pas à suggérer d’autres ressources le concernant en commentaires !

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DLL - Les limitations permanentes de notre connaissance des faits

21 octobre 2008

Chapitre premier : “Raison et évolution”

Les limitations permanentes de notre connaissance des faits

La façon de voir constructiviste conduit à des conclusions fausses parce que les actions de l’homme réussissent largement – non pas seulement au stade primitif mais plus encore sans doute au stade de la civilisation - grâce au fait qu’elles sont adaptées à la fois aux faits particuliers que l’homme connaît et à un grand nombre d’autres faits qu’il ne connaît ni ne peut connaître. […] cette inéluctable ignorance de la plupart des données qui entrent dans l’ordre de la Grande Société1 est la racine du problème central de tout ordre social ; la fiction par laquelle cette ignorance est provisoirement mise de côté n’est la plupart du temps jamais explicitement abandonnée, on se contente de la passer sous silence. Après quoi, le raisonnement suit son chemin comme si cette ignorance n’avait aucune importance.[…]

Ce sera l’une de nos thèses principales, que la plupart des règles de conduite qui gouvernent nos actions, et la plupart des institutions qui se dégagent de cette régularité sont autant d’adaptations à l’impossibilité pour quiconque de prendre consciemment en compte tous les faits distincts qui composent l’ordre d’une société. Nous verrons en particulier que la possibilité de la justice repose sur cette limitation inéluctable de notre connaissance des faits et que, par conséquent, la compréhension profonde de la nature de la justice est refusée à tous les constructivistes qui raisonnent habituellement à partir d’une présomption d’omniscience. […] L’erreur caractéristique des rationalistes constructivistes est, à cet égard, qu’ils ont tendance à fonder leur raisonnement sur ce qui a été appelé l’illusion synoptique, c’est-à-dire sur cette fiction que tous les faits à prendre en considération sont présents à l’esprit d’un même individu et qu’il est possible d’édifier, à partir de cette connaissance des données réelles de détail, un ordre social désirable.

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  1. D’après ce que j’ai compris, la “grande société” d’Hayek est proche de la société ouverte décrite par Popper dans “La société ouverte et ses ennemis”

Avancement sur DLL

10 octobre 2008

Vous le savez peut-être (ou pas), j’ai commencé la lecture d’un ouvrage monumental de Friedrich Hayek : “Droit, Législation et Liberté”. J’en suis à la fin de la première partie, et mon impression initiale s’est précisée. Il s’agit d’un grand livre, profond, humble, rigoureux. Il est assez difficile à lire, parce que la pensée d’Hayek n’est pas linéaire ; elle ressemble plutôt à ça :

Solide

C’est une pensée lente, solide, qui passe du temps à préciser les termes, qui revient et peaufine les arguments. Le défaut, c’est que c’est long et pas toujours “funky” à lire. Le gros avantage, c’est que c’est très solide et rigoureux. L’édifice est étayé par de nombreuses références, aucune idée n’est lancée en l’air. J’adore ce livre !

J’avais fait un billet pour servir de point central, avec l’index des chapitres. Et puis j’ai publié les extraits qui me paraissaient bien résumer l’introduction.

La grande question qui se pose à moi, au moment de publier les extraits du chapitre premier, est la suivante : soit je publie en un seul article tous les extraits, et le billet sera indigeste et difficile à lire, soit je résume à l’extrême (car c’est possible), mais alors le billet n’aura plus le caractère démonstratif que possède le texte d’Hayek. J’ai choisi de couper la poire en mille morceaux, et d’utiliser le découpage interne (sous titres) de chaque chapitre : je publierai donc chaque chapitre dans plusieurs billets. Cela permettra de faire des billets plus courts, avec seulement quelques idées à chaque fois. Et j’imagine que du coup, il sera également plus facile de réagir en commentaires…

A bientôt, pour les premiers extraits du chapitre premier…!

Citation du dimanche #97

5 octobre 2008

Pascal SalinIl existe une fausse vision du libéralisme selon laquelle la seule chose qui intéresserait un libéral est la richesse matérielle, autrement dit l’argent. L’erreur est sans doute entretenue à dessein par les non-libéraux. Je leur retourne le compliment : ce sont les marxistes et socialistes qui s’intéressent aux richesses matérielles en prélevant des impôts, répartissant la richesse, etc. Ils oublient la dimension humaine des choses. Pour un libéral véritable, ce qui est important, c’est l’esprit humain et ce qu’il est capable de créer. La richesse matérielle n’en est qu’une conséquence éventuelle. Un des ouvrages essentiels de Richard von Mises, figure de proue de l’école libérale autrichienne avec Friedrich von Hayek, a pour titre L’action humaine. Son raisonnement de base : être libre — ne pas être esclave — c’est être propriétaire de son corps et de son esprit. Or, si l’on est propriétaire de son esprit, on l’est automatiquement de ce que son esprit a créé. Voilà ce que veut dire “être propriétaire des fruits de son activité”, et c’est pour moi le fondement du libéralisme.

Pascal Salin

Citation du dimanche #89

10 août 2008

L’égalité devant la loi conduit à la revendication que tous les hommes prennent une part égale à la détermination de la loi. Tel est le point de rencontre entre le libéralisme traditionnel et le mouvement démocratique. Cependant, ils n’en ont pas moins une autre préoccupation essentielle. Le libéralisme (dans le sens que ce mot avait en Europe au siècle dernier) se soucie surtout de limiter le pouvoir de contrainte que possède n’importe quel gouvernement, qu’il soit démocrate ou non, cependant que le démocrate dogmatique ne connaît qu’une seule limite au gouvernement, l’opinion courante de la majorité. La différence entre ces deux idéaux apparaît en toute clarté si nous désignons le terme auquel chacun s’oppose : la démocratie s’oppose au gouvernement autoritaire ; le libéralisme au totalitarisme. Aucun des deux systèmes n’exclut nécessairement le contraire de l’autre : une démocratie peut détenir des pouvoirs totalitaires et il est concevable qu’un gouvernement autoritaire agisse selon des principes libéraux.

Friedrich Hayek