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La Loi, de Frédéric Bastiat

20 novembre 2008

La Loi, de Frédéric Bastiat J’ai reçu hier mon exemplaire de “La Loi“, de Frédéric Bastiat. Bien entendu, je n’ai pas pu résister, et j’ai commencé à le lire. Je vous en donne quelques extraits ici, pour vous donner envie d’aller le lire…

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Politique personnelle

14 novembre 2008

Rubin vient de lancer, en parallèle de la réflexion que nous avons mise en place au sein de LHC sur le positionnement politique de nos blogs, une chaine visant à préciser en 5 questions/réponses, notre positionnement politique.

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Une idée simple, et quelques questions…

7 octobre 2008

Une idée simple…

Une idée simple lue l’autre jour dans un article d’Hans-Hermann Hoppe1 : c’est un fait économique établi que pour un bien de consommation ou un service donné, la mise en concurrence des producteurs de ce bien permettra au consommateur d’y avoir accès à moindre coût, et que ce bien sera de meilleure qualité (plus grand choix, notamment). A l’inverse, en situation de monopole2, un service ou un bien sera produit à un coût supérieur et sera de qualité moindre. L’explication économique en est toute simple : si au lieu de confier la production d’un service à quelques personnes, on autorise n’importe qui à le proposer, on fait appel potentiellement à des millions de personnes (à leur créativité, à leur intelligence, à leur envie). La créativité de 1000 personnes sera toujours plus prolifique et riche que celle d’une personne, aussi intelligente soit-elle. L’émergence de la nouveauté et du changement est d’ailleurs conditionnée par l’ouverture à la concurrence.

…et quelques questions

Si on utilise cette idée dans le domaine des services publics, on peut se poser les questions suivantes :

  • Les services produits par l’Etat, en situation de monopole la plupart du temps, sont-ils donc plus coûteux et de moindre qualité que ce à quoi nous aurions accès si leur production était confiée à des acteurs privés sur un marché concurrentiel ?
  • Peut-on tenir le même raisonnement pour les services d’ordre et de justice - pour les fonctions dites régaliennes de l’Etat ?

Ce sont là des questions cruciales et intéressantes, je trouve. Et vous ?

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  1. Cet article se trouve dans le livre “L’homme Libre”, ouvrage collectif rédigé en l’honneur de Pascal Salin. J’en ai déjà parlé un peu l’autre jour
  2. il faut distinguer les monopoles légitimes des monopoles illégitimes : le monopole illégitime est celui obtenu par la contrainte et interdisant aux nouveaux acteurs d’entrer sur le marché

Obscurantisme

17 septembre 2008

José Bové et ses acolytes anti-OGM ont été relaxés par le tribunal de Carcassonne. Ils comparaissaient pour avoir envahi le site du semencier Monsanto le 13 avril dernier, à Trèbes.

Je trouve cette décision de justice choquante, et je ne comprends pas pourquoi et comment la justice peut se comporter de la sorte. Que diriez-vous si des gens forçaient votre porte, et envahissaient votre appartement pour vérifier que vous ne cachez pas de Coca-Cola1 ? Et si, de plus, ils étaient jugés innocents ? C’est exactement ce que vient de décider le tribunal de Carcassonne. Il faut croire que l’obscurantisme gagne du terrain (et nous en fait perdre). Le problème, c’est qu’il devient légal

Le sujet est tellement politisé, polémique, qu’il devient difficile de rappeler la vérité scientifique. Passons. Les risques liés aux OGM sont du même ordre que ceux liés aux émissions de gaz à effets de serre : vraisemblablement extrêmement réduits et, de plus, difficiles à évaluer. Le principe de précaution aidant, les médias – main dans la main avec les alter-mondialistes anti-capitalistes – en font leur choux gras : l’irrationnel fait vendre.

Alors, puisque le juge a tranché, je pense qu’il faut être cohérent, et respecter la loi de mon pays. Je vais donc dès demain aller casser des voitures dans la rue. N’émettent-elles pas du CO2 ? Et peut-être aussi mettre mon poing dans la gueule de tous ces abrutis qui téléphonent et nous pourrissent la tronche avec leur sales portables !

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  1. Je cite l’article de Greenpeace Montpellier datant du 16 avril : “Le porte-parole de Monsanto ne s’est toujours pas excusé pour cette dangereuse fabrication de produits américains.”

Pas besoin d’Etat pour assurer la sécurité des citoyens ?

12 septembre 2008

M.Grunert : Vous êtes un libéral cohérent. Alors, selon vous, peut-on en appeler à l’Etat pour garantir la sécurité des citoyens ? Dans une période de crise internationale, l’intellectuel libéral que vous êtes n’est-il-pas tenté par le pragmatisme ?

Pascal Salin : Il est évident que je ne crois pas que l’Etat soit capable de garantir la sécurité des citoyens. En effet, les hommes de l’Etat sont, par nature irresponsables et l’Etat fait donc toujours moins bien que des personnes privées unies par des liens contractuels. L’idée qu’il faille un Etat pour assurer la sécurité des citoyens est l’un des grands et dangereux mythes de nos sociétés. Nous sortons d’un XXème siècle atroce et qui a été atroce précisément parce que les états se sont faits la guerre. Ce sont les hommes de l’Etat, non les “marchands”, qui sont responsables des dizaines de millions de morts qui ont jalonné ce siècle. Est-ce là la sécurité ?

Et nous voyons, à une autre échelle, dans la vie quotidienne, que l’Etat est totalement incapable d’assurer notre sécurité. C’est lui qui a construit les banlieues sinistres et les HLM-poulaillers, c’est lui qui a favorisé une immigration de mauvaise qualité, c’est lui qui est incapable de sévir, c’est lui qui a le monopole d’une justice
peureuse et sans moyens.

Mais il est vrai que la tentation du pragmatisme existe toujours car devant les dangers immédiats, à l’intérieur comme à l’extérieur, on est tenté de se retourner contre la seule force qui existe, à savoir le monopole étatique (qui tient sa position précisément du fait qu’il interdit aux autres de le concurrencer). Nous devons évidemment souhaiter que, dans l’immédiat, l’Etat assure le mieux possible notre sécurité, mais demander en même temps qu’il soit concurrencé dans ces tâches.

Trouvé sur le Cercle Hayek, dirigé par Marc Grunert

Conseils de lecture #17

12 septembre 2008

Bonne lecture !

Une affaire de liberté

1 septembre 2008

Combat pour la laïcité, donc pour la libertéFanny Truchelut, ça vous dit quelque chose ? Non ? Alors, découvrez l’histoire de cette femme prise au piège par une militante islamiste dans son propre gîte, et condamnée pour “discrimination religieuse”. Son procès en appel aura lieu le 03 septembre, à Nancy. Une affaire de laïcité, bien sûr, mais aussi de liberté et de respect de la propriété privée.

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DLL - Introduction

3 août 2008

C’est parti ! Voici quelques citations choisies dans le chapitre d’introduction de “Droit, législation et liberté”, de Hayek. L’articulation du livre y est décrite : les trois livres regroupés parlant respectivement du droit, de l’économie et des institutions politiques y sont décrits dans les grandes lignes. Mais je préfère revenir sur quelques passages que je trouve beaux, ou importants, ou les deux. Je redis que mon but n’est pas ici de livrer une analyse de cet ouvrage magistral (il se suffit bien à lui-même), mais de partager avec vous ce que j’y trouve de bien.

Cette introduction s’ouvre sur une citation de Montesquieu :

Des êtres intelligents peuvent avoir des lois qu’ils ont faites, mais ils en ont aussi qu’ils n’ont pas faites.

De l’esprit des lois, I, p. I

Assurer la liberté individuelle : un combat d’actualité

Lorsque Monstesquieu et les rédacteurs de la constitution américaine exposèrent la conception, qui s’était développée en Angleterre, d’une constitution limitative, ils proposèrent un modèle qu’a toujours suivi le constitutionalisme libéral. Leur objectif principal était de fournir des sauvegardes institutionnelles à la liberté individuelle ; et le dispositif dans lequel ils placèrent leur confiance fut la séparation des pouvoirs. Dans la forme où nous la connaissons, cette division du pouvoir, entre la législature, le judiciaire et l’administration, n’a pas atteint le but auquel elle était censée parvenir. Partout les gouvernements ont obtenu, par des moyens constitutionnels, des pouvoirs que ces hommes entendaient leur dénier. La première tentative en vue d’assurer la liberté individuelle par des constitutions a manifestement échoué. […] Pour moi, leurs buts (des rédacteurs de la constitution, ndr) apparaissent aussi valables que jamais. Mais comme leurs moyens se sont avérés inadéquats, quelque nouvelle invention institutionnelle est nécessaire.

Causes de l’échec

[…] j’en suis venu à voir clairement pourquoi ces idéaux n’avaient pas su garder l’adhésion des idéalistes, à qui sont dus tous les grands mouvements politiques, et à comprendre quelles sont les croyances de notre époque qui se sont montrés inconciliables avec les idéaux en question. Il me semble à présent que les raisons de cette évolution ont été principalement : la perte de la croyance en une justice indépendante de l’intérêt personnel ; par voie de conséquence, le recours à la législation pour autoriser la contrainte, non plus simplement pour empêcher l’action injuste, mais pour atteindre des objectifs particuliers concernant des individus ou des groupes spécifiques ; et la fusion, entre les mains des mêmes assemblées représentatives, de la mission d’énoncer les règles de juste conduite, avec la mission de diriger le gouvernement.

Tôt ou tard, les gens découvriront que non seulement ils sont à la merci de nouvelles castes privilégiées, mais que la machinerie para-gouvernementale, excroissance nécessaire de l’Etat tutélaire, est en train de créer une impasse en empêchant la société d’effectuer les adaptations qui, dans un monde mouvant, sont indispensables pour maintenir le niveau de vie atteint, sans parler d’en atteindre un plus élevé.

Je passe sur les idées d’ordre spontané et de justice sociale, qui sont évoquées dans l’introduction : nous aurons l’occasion d’y revenir plus loin.

Un but : une nouvelle constitution

C’est seulement dans ce livre-ci que je me pose la question de savoir quel arrangement constitutionnel, au sens juridique du terme, pourrait le mieux conduire à préserver la liberté individuelle.

Une méthode de réflexion : le rationnalisme évolutionniste

J’ai été effectivement amené à la conviction que les plus importantes divergences de notre temps, non seulement scientifiques mais aussi politiques (ou “idéologiques”), proviennent initialement de certaines différences entre deux écoles de pensée, dont on peut démontrer que l’une est dans l’erreur. Les deux sont communément appelées rationalisme, mais je devrais les distinguer en rationalisme évolutionniste (ou comme l’appelle Sir Karl Popper, “critique”), et rationnalisme constructiviste (”naif”, selon Popper), le second étant erroné. Si le rationalisme constructiviste peut être montré comme reposant sur des présomptions matériellement fausses, c’est tout une famille de pensées et d’écoles qui se trouvera convaincue d’erreur.

Un résultat : réfutation du socialisme

Dans les domaines théoriques, c’est en particulier le positivisme juridique et la croyance connexe en la nécessité d’un pouvoir “souverain” illimité, dont le sort est lié à celui de cette erreur. Il en va de même de l’utilitarisme, au moins dans sa variante axée sur l’acte ; je crains aussi qu’une part non négligeable de ce qu’on appelle “sociologie” ne soit une progéniture directe du constructivisme lorsqu’elle présente son but comme étant de “créer l’avenir du genre humain” ou, selon les mots d’un auteur, affirme “que le socialisme est l’aboutissement logique et inévitable de la sociologie”. Toutes les doctrines totalitaires, dont le socialisme n’est que la plus noble et la plus influente, sont concernées par cette critique du constructivisme. Elles sont fausses, non en raison des valeurs sur lesquelles elles s’appuient, mais parce qu’il y méconnaissance des forces qui ont rendu possible la Grande Société et la civilisation. La démonstration que les oppositions entre socialistes et non-socialistes sont fondées initialement sur des questions purement intellectuelles susceptibles de solution scientifique, et non sur des jugements de valeur différents, me semble l’un des aboutissements les plus importants de la réflexion poursuivie dans ce livre.

Si Hayek, dans l’introduction, n’annonce pas une réfutation théorique du socialisme, ni plus ni moins, c’est que je ne sais plus lire ! Tout un programme, qui va être passionnant à suivre. J’aime beaucoup l’idée de raisonner en se basant sur des choses qui sont de l’ordre de la connaissance, et non sur des jugements de valeurs : indispensable pour pouvoir progresser ensemble.

Retrouvez les autres notes de lectures sur la page d’index de “Droit, législation et liberté”