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“Droit, Législation et Liberté”, de Friedrich Hayek

27 juillet 2008

Ce billet servira de point central pour les différents articles que j’écrirai au fur et à mesure de ma lecture de “Droit, Législation et Liberté” de Friedrich Hayek. Ces articles seront principalement composés de larges extraits de ce texte. Je trouve ce livre riche d’idées fortes et stimulantes, et c’est une source de réflexion énorme.

Je me base sur l’édition que je lis : Edition Quadrige en 1 volume, aux Presses Universitaires de France, novembre 2007.

Sommaire

Droit, Législation et Liberté

9 juillet 2008

J’avais commandé quelques bouquins l’autre jour sur Amazon. Parmi eux, un gros pavé intitulé “Droit, Législation et Liberté“, de Friedrich Hayek. J’ai lu une centaine de pages, et déjà je sais que ce livre fera partie des deux ou trois livres majeurs que j’aurais lu. Hayek est un grand philosophe : limpide, rigoureux, humble et puissant. Quand on sait que ce livre est considéré partout dans le monde comme la “bible” du libéralisme, et quand on voit la profondeur de ce livre, sa simplicité, on ne peut qu’être surpris et choqué de constater que l’on peut faire toute sa scolarité en France sans en avoir entendu parler.

Je pense que je vais régulièrement revenir ici sur des idées que l’on y trouve : elles sont passionnantes. J’ai commencé le livre avec un crayon à la main, pour souligner les passages intéressants : il y a du crayon sur presque toute les pages. Les idées s’enchainent de manière lumineuse, toujours nuancée. Un grand livre, que j’ai envie de partager avec vous. La forme reste à déterminer : de cours extraits, pour lancer la discussion ? des passages plus longs et plus fouillés ? Pourquoi ne pas se servir de la zone de commentaires, d’ailleurs, pour donner votre avis sur la question ?

Libéralisme et constructivisme

8 novembre 2007

Retour sur les idées présentées au début de l’excellent bouquin de Pascal Salin “Libéralisme”. Où l’on apprend la différence entre libéralisme et constructivisme, et que notre société française est majoritairement sous le signe du constructivisme. Les sources idéologiques du constructivisme y sont détaillées avec clarté et vigueur : égalitarisme, absolutisme démocratique et scientisme. Je sais dès à présent que ce livre sera très enrichissant, et j’ai envie de partager les réflexions qu’il m’inspire avec vous.

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Harmonies Economiques : Premier chapitre

1 juin 2007

Voici le deuxième article de la série consacrée au livre d’Harmonie Economique de Frédéric Bastiat. Après l’introduction qui présentait l’idée maîtresse du livre (”les intérêts légitimes sont harmoniques”), voilà donc les grandes idées du premier chapitre intitulé “Organisation naturelle, organisation artificielle”. C’est un appel à la vigilance face aux systèmes proposés par les penseurs et politiciens pour mieux organiser la société, un éloge de la liberté. L’idée principale est la suivante : “La vie en société est l’état de nature de l’être humain. L’organisation naturelle d’une société, notamment le jeu des échanges de biens et de services, qui mène a des associations progressives des hommes entre eux (tant que la liberté des actes est garantie), ne doit pas être remise en cause ou contrainte de manière artificielle sans avoir bien réfléchi aux conséquences des changements proposés”. Voyons un peu plus en détail…

Interactions multiples et échanges indirects

Bastiat commence par décrire deux exemples que j’aime beaucoup, parce que j’ai souvent pensé à ça : celui d’un ouvrier et d’un étudiant (peu importe leurs statuts, la réflexion peut se faire avec n’importe qui) qui vivent une journée. L’auteur décrit tout ce que le société - par le biais d’échanges indirects - leur apporte. Par exemple, l’étudiant lit un livre, lequel a été imprimé par d’autres, puis transporté. Ses études sont payées par ses parents, avec de l’argent qui est lui même le fruit d’un échange avec, par exemple, l’industrie chinoise. Et ainsi de suite…J’adore cette mise en abîme : l’avez-vous déjà faite ? Par exemple, je tape ce texte sur un clavier. Cela implique d’avoir un ordinateur, fabriqué en Chine sur une chaîne de montage, d’avoir de l’électricité produite dans une centrale nucléaire, d’avoir acquis les énormes connaissances techniques et scientifiques que cela implique, d’avoir accès à Internet pour lire en ligne le livre de Bastiat, que quelqu’un ait pris la peine de le mettre en ligne, etc, etc. Le nombre de personnes indirectement impliqué dans mon acte d’écriture est énorme ! C’est toute l’humanité, passée et présente, toute la société qui est indirectement impliqué dans cette action rendue possible !

Une chose encore digne de remarque, c’est que dans ce nombre, vraiment incalculable, de transactions qui ont abouti à faire vivre pendant un jour un étudiant, il n’y en a peut-être pas la millionième partie qui se soit faite directement. Les choses dont il a joui aujourd’hui, et qui sont innombrables, sont l’œuvre d’hommes dont un grand nombre ont disparu depuis longtemps de la surface de la terre. Et pourtant ils ont été rémunérés comme ils l’entendaient, bien que celui qui profite aujourd’hui du produit de leur travail n’ait rien fait pour eux. Il ne les a pas connus, il ne les connaîtra jamais. Celui qui lit cette page, au moment même où il la lit, a la puissance, quoiqu’il n’en ait peut-être pas conscience, de mettre en mouvement des hommes de tous les pays, de toutes les races, et je dirai presque de tous les temps, des blancs, des noirs, des rouges, des jaunes; il fait concourir à ses satisfactions actuelles des générations éteintes, des générations qui ne sont pas nées; et cette puissance extraordinaire, il la doit à ce que son père a rendu autrefois des services à d’autres hommes qui, en apparence, n’ont rien de commun avec ceux dont le travail est mis en œuvre aujourd’hui. Cependant il s’est opéré une telle balance, dans le temps et dans l’espace, que chacun a été rétribué et a reçu ce qu’il avait calculé devoir recevoir.
En vérité, tout cela a-t-il pu se faire, des phénomènes aussi extraordinaires ont-ils pu s’accomplir sans qu’il y eût, dans la société, une naturelle et savante organisation qui agit pour ainsi dire à notre insu ?
On parle beaucoup de nos jours d’inventer une nouvelle organisation. Est-il bien certain qu’aucun penseur, quelque génie qu’on lui suppose, quelque autorité qu’on lui donne, puisse imaginer et faire prévaloir une organisation supérieure à celle dont je viens d’esquisser quelques résultats ?


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Harmonies économiques : Introduction

2 mai 2007

Voici le premier d’un série d’articles sur l’ouvrage “Harmonies économiques” de Bastiat. Comme je trouve ce texte admirable, je ferais un billet de résumé/extraits sur chacun des chapitres, au fur et à mesure de mes lectures, et du temps disponible sur mes soirées et mes week-end ! J’utiliserai abondamment les longs extraits de texte, parce que c’est la beauté du texte, son aspect pédagogique et clair qui m’a donné envie de faire ces billets (…et aussi parce que ça va plus vite :smile: ).

Les intérêts sont harmoniques

Je commence donc avec l’introduction du livre, intitulée “A la jeunesse Française”.
Il part sur cette idée très forte, qui résume l’ensemble de l’ouvrage (il se fixe comme ojectif de le démontrer) : “Tous les intérêts légitimes sont harmoniques”. Il discute dans cette introduction de la “solution” au problème social.

Or, cette solution, vous le comprendrez aisément, doit être toute différente selon que les intérêts sont naturellement harmoniques ou antagoniques.
Dans le premier cas, il faut la demander à la Liberté; dans le second, à la Contrainte. Dans l’un, il suffit de ne pas contrarier; dans l’autre, il faut nécessairement contrarier.
Mais la Liberté n’a qu’une forme. Quand on est bien convaincu que chacune des molécules qui composent un liquide porte en elle-même la force d’où résulte le niveau général, on en conclut qu’il n’y a pas de moyen plus simple et plus sûr pour obtenir ce niveau que de ne pas s’en mêler. Tous ceux donc qui adopteront ce point de départ: Les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social: s’abstenir de contrarier et de déplacer les intérêts.
La Contrainte peut se manifester, au contraire, par des formes et selon des vues en nombre infini. Les écoles qui partent de cette donnée: Les intérêts sont antagoniques, n’ont donc encore rien fait pour la solution du problème, si ce n’est qu’elles ont exclu la Liberté. Il leur reste encore à chercher, parmi les formes infinies de la Contrainte, quelle est la bonne, si tant est qu’une le soit. Et puis, pour dernière difficulté, il leur restera à faire accepter universellement par des hommes, par des agents libres, cette forme préférée de la Contrainte.

La suite sur la page suivante !

Un grand auteur francais meconnu : Frederic Bastiat

17 avril 2007

J’ai découvert il y a peu l’auteur Frédéric Bastiat. C’était un économiste et un pamphlétaire, esprit libre. Sur l’excellent site Bastiat.org, on trouve ses principaux textes (deux ouvrages sont disponibles en intégralité : Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas et Harmonies économiques) et pas mal de liens vers d’autres ressources.
C’est un auteur lumineux, qui écrit un beau français, simple, direct. Ses textes sont animés par un grand sens pédagogique et sont d’une modernité étonnante. On s’étonne qu’il ne soit pas au programme du collège et du lycée : combien de temps forceront nous les enfants à bouffer du Flaubert à tour de bras, et à rester des incultes économiques ? Mais il vrai qu’un penseur libéral (horreur!) n’a rien à faire au programme d’une démocratie libérale, basé sur l’économie de marché ! Il est inutile de comprendre les rouages du jeu économique, dans le monde actuel.
Pour finir, une petite citation du chapitre sur la concurrence, dans “Harmonies Economiques” :

Et après tout, qu’est-ce que la Concurrence? Est-ce une chose existant et agissant par elle-même comme le choléra? Non, Concurrence, ce n’est qu’absence d’oppression. En ce qui m’intéresse, je veux choisir pour moi-même et ne veux pas qu’un autre choisisse pour moi, malgré moi; voilà tout. Et si quelqu’un prétend substituer son jugement au mien dans les affaires qui me regardent, je demanderai de substituer le mien au sien dans les transactions qui le concernent. Où est la garantie que les choses en iront mieux? Il est évident que la Concurrence, c’est la liberté. Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger, de comparer; c’est tuer l’intelligence, c’est tuer la pensée, c’est tuer l’homme. De quelque coté qu’ils partent, voilà où aboutissent toujours les réformateurs modernes; pour améliorer la société, ils commencent par anéantir l’individu, sous prétexte que tous les maux en viennent, comme si tous les biens n’en venaient pas aussi.

A lire absolument donc : c’est un régal de limpidité !

L’esprit de l’athéisme

18 février 2007

Couverture du livre paru chez Albin MichelJe viens de terminer “L’esprit de l’athéisme“, de Comte-Sponville. C’est Max qui me l’avait offert Noël. Super cadeau ! C’est un livre court, dense et plein de raison, comme d’habitude avec Comte-Sponville.
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Hygiene intellectuelle !

11 février 2007

Je vous conseille vivement la lecture du hors-série du journal Le Point, consacré au libéralisme. Recueils des textes majeurs, biographie des penseurs importants, analyses : c’est une superbe petite monographie sur le libéralisme, bien utile pour ceux qui veulent réfléchir par eux-mêmes. Les deux textes introductifs de Baverez et Marseille sont excellents, et la plupart des textes, y compris anciens, sont d’une étonnante actualité ! Pour vous mettre l’eau à la bouche, voilà tirée du site du Point, une sorte de préface de Franz-Olivier Giesbert :

On ne sait à qui il faut, au juste, imputer ce glissement sémantique. Aux enseignants, aux médias, à l’opinion publique ou aux trois. Toujours est-il que la France est l’un des rares pays où libéralisme est devenu un gros mot. Une insulte dont on a du mal à se remettre.

Dans le monde anglo-saxon, le libéralisme s’identifie à la gauche. C’était aussi le cas chez nous quand cette notion apparut pour la première fois, en 1750, sous la plume du marquis d’Argenson, pour définir l’antithèse du conservatisme. Depuis, les Français situent le libéralisme à droite, voire à l’extrême droite. Sans doute est-ce là l’un des derniers héritages du catéchisme marxiste, qui, dès l’école, a longtemps roulé sa meule sur l’intelligence française.

Pour la plupart des Français, les libéraux sont « ultra » et le libéralisme est « sauvage ». Le chef de l’Etat lui-même n’a pas hésité à déclarer, il n’ y a pas si longtemps : « Le libéralisme, ce serait aussi désastreux que le communisme. » On croit rêver. Combien de morts, Tocqueville ? Et Montesquieu ? Et Aron ? Et Barre ? Propos sidérant qui met sur le même plan les charniers de Staline ou de Mao et l’idéologie de l’échange, de l’équité et de la liberté. Propos qui, hélas, représente bien l’état d’esprit moyen du pays et de notre classe politique.

C’est pourquoi Le Point a décidé de publier un hors-série sur le libéralisme, sous la direction de Catherine Golliau, avec des textes fondamentaux de John Locke, Montesquieu, Adam Smith ou Tocqueville. Il est en vente chez tous les bons marchands de journaux, mais, pour plus de sûreté, nous l’avons quand même envoyé aux principaux candidats.

Excellente idée ! :wink: