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La Loi, de Frédéric Bastiat

20 novembre 2008

La Loi, de Frédéric Bastiat J’ai reçu hier mon exemplaire de “La Loi“, de Frédéric Bastiat. Bien entendu, je n’ai pas pu résister, et j’ai commencé à le lire. Je vous en donne quelques extraits ici, pour vous donner envie d’aller le lire…

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DLL - Les thèses du rationalisme cartésien

15 octobre 2008

Chapitre Premier : Raison et évolution

Les thèses du rationalisme cartésien

Telle devient l’attitude caractéristique du constructivisme cartésien, avec son mépris pour la tradition, la coutume et l’histoire en général. Seule la raison de l’homme devait le rendre capable de bâtir à neuf la société. Cette façon de voir “rationaliste” avait en fait la signification d’une rechute dans des modes de pensée anthropomorphiques de jadis. Elle amorça une propension renouvelée à attribuer l’origine de toutes les institutions de la culture à l’invention et au plan préconçu. La morale, la religion et la loi, le langage et l’écriture, la monnaie et le marché avaient été, pensait-on, élaborés délibérément par quelqu’un, ou, du moins devaient à un tel dessein chaque perfection qu’ils présentaient. Cette façon intentionnaliste ou pragmatique de représenter l’histoire trouva son expression la plus complète dans la conception de la formation de la société par un contrat social, d’abord dans Hobbes puis dans Rousseau qui, à bien des égards, était un disciple direct de Descartes.

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Edvige : menace ou protection pour la liberté ?

9 septembre 2008

Avez-vous entendu parler d’Edvige ? Il s’agit d’un nouveau fichier qui permet de recenser les personnes jugées “susceptibles de porter atteinte à l’ordre public”. Tous les anti-sarkosystes se sont retrouvés d’accord, pour le coup, avec les libéraux, et il n’y a guère que l’UMP pour défendre ce fichier. Et moi !

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Citation du dimanche #89

10 août 2008

L’égalité devant la loi conduit à la revendication que tous les hommes prennent une part égale à la détermination de la loi. Tel est le point de rencontre entre le libéralisme traditionnel et le mouvement démocratique. Cependant, ils n’en ont pas moins une autre préoccupation essentielle. Le libéralisme (dans le sens que ce mot avait en Europe au siècle dernier) se soucie surtout de limiter le pouvoir de contrainte que possède n’importe quel gouvernement, qu’il soit démocrate ou non, cependant que le démocrate dogmatique ne connaît qu’une seule limite au gouvernement, l’opinion courante de la majorité. La différence entre ces deux idéaux apparaît en toute clarté si nous désignons le terme auquel chacun s’oppose : la démocratie s’oppose au gouvernement autoritaire ; le libéralisme au totalitarisme. Aucun des deux systèmes n’exclut nécessairement le contraire de l’autre : une démocratie peut détenir des pouvoirs totalitaires et il est concevable qu’un gouvernement autoritaire agisse selon des principes libéraux.

Friedrich Hayek

DLL - Introduction

3 août 2008

C’est parti ! Voici quelques citations choisies dans le chapitre d’introduction de “Droit, législation et liberté”, de Hayek. L’articulation du livre y est décrite : les trois livres regroupés parlant respectivement du droit, de l’économie et des institutions politiques y sont décrits dans les grandes lignes. Mais je préfère revenir sur quelques passages que je trouve beaux, ou importants, ou les deux. Je redis que mon but n’est pas ici de livrer une analyse de cet ouvrage magistral (il se suffit bien à lui-même), mais de partager avec vous ce que j’y trouve de bien.

Cette introduction s’ouvre sur une citation de Montesquieu :

Des êtres intelligents peuvent avoir des lois qu’ils ont faites, mais ils en ont aussi qu’ils n’ont pas faites.

De l’esprit des lois, I, p. I

Assurer la liberté individuelle : un combat d’actualité

Lorsque Monstesquieu et les rédacteurs de la constitution américaine exposèrent la conception, qui s’était développée en Angleterre, d’une constitution limitative, ils proposèrent un modèle qu’a toujours suivi le constitutionalisme libéral. Leur objectif principal était de fournir des sauvegardes institutionnelles à la liberté individuelle ; et le dispositif dans lequel ils placèrent leur confiance fut la séparation des pouvoirs. Dans la forme où nous la connaissons, cette division du pouvoir, entre la législature, le judiciaire et l’administration, n’a pas atteint le but auquel elle était censée parvenir. Partout les gouvernements ont obtenu, par des moyens constitutionnels, des pouvoirs que ces hommes entendaient leur dénier. La première tentative en vue d’assurer la liberté individuelle par des constitutions a manifestement échoué. […] Pour moi, leurs buts (des rédacteurs de la constitution, ndr) apparaissent aussi valables que jamais. Mais comme leurs moyens se sont avérés inadéquats, quelque nouvelle invention institutionnelle est nécessaire.

Causes de l’échec

[…] j’en suis venu à voir clairement pourquoi ces idéaux n’avaient pas su garder l’adhésion des idéalistes, à qui sont dus tous les grands mouvements politiques, et à comprendre quelles sont les croyances de notre époque qui se sont montrés inconciliables avec les idéaux en question. Il me semble à présent que les raisons de cette évolution ont été principalement : la perte de la croyance en une justice indépendante de l’intérêt personnel ; par voie de conséquence, le recours à la législation pour autoriser la contrainte, non plus simplement pour empêcher l’action injuste, mais pour atteindre des objectifs particuliers concernant des individus ou des groupes spécifiques ; et la fusion, entre les mains des mêmes assemblées représentatives, de la mission d’énoncer les règles de juste conduite, avec la mission de diriger le gouvernement.

Tôt ou tard, les gens découvriront que non seulement ils sont à la merci de nouvelles castes privilégiées, mais que la machinerie para-gouvernementale, excroissance nécessaire de l’Etat tutélaire, est en train de créer une impasse en empêchant la société d’effectuer les adaptations qui, dans un monde mouvant, sont indispensables pour maintenir le niveau de vie atteint, sans parler d’en atteindre un plus élevé.

Je passe sur les idées d’ordre spontané et de justice sociale, qui sont évoquées dans l’introduction : nous aurons l’occasion d’y revenir plus loin.

Un but : une nouvelle constitution

C’est seulement dans ce livre-ci que je me pose la question de savoir quel arrangement constitutionnel, au sens juridique du terme, pourrait le mieux conduire à préserver la liberté individuelle.

Une méthode de réflexion : le rationnalisme évolutionniste

J’ai été effectivement amené à la conviction que les plus importantes divergences de notre temps, non seulement scientifiques mais aussi politiques (ou “idéologiques”), proviennent initialement de certaines différences entre deux écoles de pensée, dont on peut démontrer que l’une est dans l’erreur. Les deux sont communément appelées rationalisme, mais je devrais les distinguer en rationalisme évolutionniste (ou comme l’appelle Sir Karl Popper, “critique”), et rationnalisme constructiviste (”naif”, selon Popper), le second étant erroné. Si le rationalisme constructiviste peut être montré comme reposant sur des présomptions matériellement fausses, c’est tout une famille de pensées et d’écoles qui se trouvera convaincue d’erreur.

Un résultat : réfutation du socialisme

Dans les domaines théoriques, c’est en particulier le positivisme juridique et la croyance connexe en la nécessité d’un pouvoir “souverain” illimité, dont le sort est lié à celui de cette erreur. Il en va de même de l’utilitarisme, au moins dans sa variante axée sur l’acte ; je crains aussi qu’une part non négligeable de ce qu’on appelle “sociologie” ne soit une progéniture directe du constructivisme lorsqu’elle présente son but comme étant de “créer l’avenir du genre humain” ou, selon les mots d’un auteur, affirme “que le socialisme est l’aboutissement logique et inévitable de la sociologie”. Toutes les doctrines totalitaires, dont le socialisme n’est que la plus noble et la plus influente, sont concernées par cette critique du constructivisme. Elles sont fausses, non en raison des valeurs sur lesquelles elles s’appuient, mais parce qu’il y méconnaissance des forces qui ont rendu possible la Grande Société et la civilisation. La démonstration que les oppositions entre socialistes et non-socialistes sont fondées initialement sur des questions purement intellectuelles susceptibles de solution scientifique, et non sur des jugements de valeur différents, me semble l’un des aboutissements les plus importants de la réflexion poursuivie dans ce livre.

Si Hayek, dans l’introduction, n’annonce pas une réfutation théorique du socialisme, ni plus ni moins, c’est que je ne sais plus lire ! Tout un programme, qui va être passionnant à suivre. J’aime beaucoup l’idée de raisonner en se basant sur des choses qui sont de l’ordre de la connaissance, et non sur des jugements de valeurs : indispensable pour pouvoir progresser ensemble.

Retrouvez les autres notes de lectures sur la page d’index de “Droit, législation et liberté”

Réformes, triangles d’or et calculs politiciens

21 juillet 2008

Le temps manque, souvent, pour aller se renseigner sur tout ce qu’on voudrait. C’est le cas de la réforme constitutionnelle que les parlementaires et les sénateurs vont voter aujourd’hui. J’ai suivi de loin les tractations concernant le vote, qui va être tendu. Sur le fond, quelques grandes lignes m’ont convaincues que ça allait plutôt dans le bon sens. Je me retrouve dans les arguments que l’on peut lire sur Echo Politique, par exemple.

Dans la manière de mener un changement, on apprend en formation que ceux sur qui il faut s’appuyer pour convaincre les “mous”, les “indécis” et les “passifs”, sont les “triangles d’or”. Les “triangles d’or” sont ceux qui fonctionnent sur un mode d’esprit critique, d’analyse sceptique des éléments. Ce sont des “raisonnables”, “factuels”. Et si *eux* participent à convaincre que le changement est bon, alors ils auront un vrai poids dans les discussions : on ne peut pas les soupçonner d’être acquis à une cause, ou convaincus à l’avance.

C’est l’impression que m’ont donné plusieurs tribunes où des esprits lucides ont choisi de dire pourquoi ils voteront oui, malgré des positions éloignées de celles du gouvernement. De la majorité, ou de l’opposition. Citons les radicaux de gauche1 :

Et il faut bien reconnaître que de nombreuses dispositions contenues dans cette réforme contribuent à rénover le système actuel. Le nier serait faire preuve d’irresponsabilité et d’un manque certain de discernement. Il est toujours dangereux, sur un texte qui engage l’avenir de nos institutions, d’opter pour une grille de lecture uniquement partisane et s’inscrivant dans le seul court terme. Il faut se projeter et imaginer l’opposition d’aujourd’hui devenir majoritaire. Quand il s’agit de la Constitution, cet exercice, certes pas facile aujourd’hui, est toutefois indispensable.

[…] Notre vote n’est en rien un vote de soutien à la politique du président de la République. Depuis le début de cette législature, nous n’avons cessé de nous opposer à ses projets et à ses choix.

Pour ceux qui veulent lire le texte complet des articles modifiés qui sont soumis au vote du Congrès, c’est là : Le texte des articles modifiés sur Le Monde.

Je reprend, en guise de conclusion, l’article de Brice Couturier : il n’y a rien à ajouter.

Pourquoi édulcorer un pouvoir dont on peut s’emparer ?

Les hommes de parti, quelques pures que leurs intentions puissent être, répugnent toujours à limiter la souveraineté. Ils se regardent comme ses héritiers, et ménagent, même dans la main de leurs ennemis, leur propriété future. (Benjamin Constant)

Voilà pourquoi la majorité du PS refusera, en Congrès, les réformes constitutionnelles proposées par le gouvernement. Même s’il se trouve que nombre de ces réformes sont réclamées à corps et à cris depuis des années par la gauche libérale. Pourquoi l’opposition contribuerait-elle à rogner les pouvoirs exorbitants de l’exécutif, alors qu’elle sait qu’elle a de bonnes chances de l’emporter dans moins de 4 ans ? A-t-on vu que l’auteur du “Coup d’Etat permanent” ait renoncé en quoi que ce soit aux prérogatives ahurissantes accordée au président de la République, une fois élu ? Le pouvoir de nomination, en particulier, est, dans notre pays, scandaleux. On a vu l’usage qu’en ont fait et Mitterrand et Chirac en fin de mandat pour caser ou remercier leurs amis.

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  1. Gérard Charasse, Paul Giacobbi, Annick Girardin, Joël Giraud, Dominique Orliac et Sylvia Pinel

Ne mélangeons pas le droit et l’éthique

19 mai 2008

La morale - le bien et le mal - est toujours une affaire à la fois collective et individuelle.

Quelle morale serait nécessaire si on vivait seul ? Quelle morale serait nécessaire si on n’était que des êtres sociaux, déterminés par notre “rôle” dans la société (le droit suffirait alors). Il me semble étonnant de voir à quel point les êtres humains veulent toujours rendre floue la frontière entre l’individuel et le collectif sur cet aspect. C’est un jeu dangereux : cela revient à négliger ou à confondre deux choses très importantes.

  • Le droit qui est un ensemble évolutif de règles collectives, et qui suffit à régler les comportements admis et non admis
  • L’éthique qui est un système de valeurs individuelles, en construction également

Vouloir imposer ses valeurs personnelles à la collectivité est une tendance que je trouve assez dictatoriale dans l’esprit, et vouloir imposer par la loi des règles éthiques à chaque individu conduit à légiférer sur tout et n’importe quoi, dans les moindres détails des actions humaines.

Notons au passage que le droit ne se fabrique pas tout seul, et que le fait de le penser comme un outil de contrôle des actes des individus ressort clairement de la première attitude : c’est une forme d’extension des valeurs d’un groupe d’individu à d’autres, par la contrainte.

Ces deux attitudes se rejoignent assez bien dans un esprit commun de négation de l’individu, et c’est bien pour cela qu’il faut s’en garder. L’individu - chaque individu - est, et doit rester, la finalité de nos réflexions. Il faut noter d’ailleurs qu’en niant l’individu, on ne peut que faire perdre son sens au collectif, puisque celui-ci n’est qu’une somme d’interactions entre des individus distincts.

Sans individus, pas de collectivité.

Jean-Philippe Feldman : “Le droit doit remplacer la législation”

14 mai 2008

Dans le Figaro du mercredi 7 mai 2008, un article intéressant de Jean-Philippe Feldman faisait le point sur le Code du travail un an après l’élection présidentielle. Comme je n’ai pas réussi à le retrouver sur internet pour vous y renvoyer, j’ai pris le temps hier de le recopier. Parce qu’il me semble pertinent, lucide et direct. Il prône une simplification de la législation, pour revenir au droit commun. Trop de règlementation nuit à la clarté et à l’utilité du droit. Un appel à la liberté individuelle qui est passé inaperçu, et qui mérite à mon sens d’être souligné.

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