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Subsidiarité

30 septembre 2008

Retour sur le principe de subsidiarité, souvent invoqué et source de pas mal de confusion. Les sociaux-démocrates le font partir d’en haut, et le confondent avec la décentralisation (le niveau le plus haut dans l’organisation de la société délègue une partie de ses pouvoirs), tandis que les libéraux le font partir de l’individu, et y voient le seul moyen de structurer la loi pour garantir la liberté individuelle. Pour les libéraux, la subsidiarité, c’est le principe selon lequel les individus délèguent une partie du pouvoir sur un organe collectif (public ou non).

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Individualisme, source de tous les maux ?

20 novembre 2007

Le mot “individualisme” était utilisé dans un débat comme une sorte de bouc émissaire de tous les maux de notre société. Cela m’a choqué, et paru suspect. Retour sur les arguments qui s’opposent à cette vision anti-individualiste, et dangereuse.
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Organisation du travail : communication et definition des roles

7 juin 2007

Organiser le travail d’un grand nombre de personnes implique d’optimiser deux aspects essentiels du travail en équipe : la communication et la définition des rôles ou missions de chacun. Des règles simples permettent de faire travailler efficacement les gens ensemble ; elles sont toutefois difficiles à mettre en oeuvre, parce que des freins culturels peuvent bloquer leur application. La franchise, l’acceptation de l’erreur, et la reconnaissance du mérite sont des aspects pas toujours suffisamment intégrés dans la culture française.

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Harmonies Economiques : Premier chapitre

1 juin 2007

Voici le deuxième article de la série consacrée au livre d’Harmonie Economique de Frédéric Bastiat. Après l’introduction qui présentait l’idée maîtresse du livre (”les intérêts légitimes sont harmoniques”), voilà donc les grandes idées du premier chapitre intitulé “Organisation naturelle, organisation artificielle”. C’est un appel à la vigilance face aux systèmes proposés par les penseurs et politiciens pour mieux organiser la société, un éloge de la liberté. L’idée principale est la suivante : “La vie en société est l’état de nature de l’être humain. L’organisation naturelle d’une société, notamment le jeu des échanges de biens et de services, qui mène a des associations progressives des hommes entre eux (tant que la liberté des actes est garantie), ne doit pas être remise en cause ou contrainte de manière artificielle sans avoir bien réfléchi aux conséquences des changements proposés”. Voyons un peu plus en détail…

Interactions multiples et échanges indirects

Bastiat commence par décrire deux exemples que j’aime beaucoup, parce que j’ai souvent pensé à ça : celui d’un ouvrier et d’un étudiant (peu importe leurs statuts, la réflexion peut se faire avec n’importe qui) qui vivent une journée. L’auteur décrit tout ce que le société - par le biais d’échanges indirects - leur apporte. Par exemple, l’étudiant lit un livre, lequel a été imprimé par d’autres, puis transporté. Ses études sont payées par ses parents, avec de l’argent qui est lui même le fruit d’un échange avec, par exemple, l’industrie chinoise. Et ainsi de suite…J’adore cette mise en abîme : l’avez-vous déjà faite ? Par exemple, je tape ce texte sur un clavier. Cela implique d’avoir un ordinateur, fabriqué en Chine sur une chaîne de montage, d’avoir de l’électricité produite dans une centrale nucléaire, d’avoir acquis les énormes connaissances techniques et scientifiques que cela implique, d’avoir accès à Internet pour lire en ligne le livre de Bastiat, que quelqu’un ait pris la peine de le mettre en ligne, etc, etc. Le nombre de personnes indirectement impliqué dans mon acte d’écriture est énorme ! C’est toute l’humanité, passée et présente, toute la société qui est indirectement impliqué dans cette action rendue possible !

Une chose encore digne de remarque, c’est que dans ce nombre, vraiment incalculable, de transactions qui ont abouti à faire vivre pendant un jour un étudiant, il n’y en a peut-être pas la millionième partie qui se soit faite directement. Les choses dont il a joui aujourd’hui, et qui sont innombrables, sont l’œuvre d’hommes dont un grand nombre ont disparu depuis longtemps de la surface de la terre. Et pourtant ils ont été rémunérés comme ils l’entendaient, bien que celui qui profite aujourd’hui du produit de leur travail n’ait rien fait pour eux. Il ne les a pas connus, il ne les connaîtra jamais. Celui qui lit cette page, au moment même où il la lit, a la puissance, quoiqu’il n’en ait peut-être pas conscience, de mettre en mouvement des hommes de tous les pays, de toutes les races, et je dirai presque de tous les temps, des blancs, des noirs, des rouges, des jaunes; il fait concourir à ses satisfactions actuelles des générations éteintes, des générations qui ne sont pas nées; et cette puissance extraordinaire, il la doit à ce que son père a rendu autrefois des services à d’autres hommes qui, en apparence, n’ont rien de commun avec ceux dont le travail est mis en œuvre aujourd’hui. Cependant il s’est opéré une telle balance, dans le temps et dans l’espace, que chacun a été rétribué et a reçu ce qu’il avait calculé devoir recevoir.
En vérité, tout cela a-t-il pu se faire, des phénomènes aussi extraordinaires ont-ils pu s’accomplir sans qu’il y eût, dans la société, une naturelle et savante organisation qui agit pour ainsi dire à notre insu ?
On parle beaucoup de nos jours d’inventer une nouvelle organisation. Est-il bien certain qu’aucun penseur, quelque génie qu’on lui suppose, quelque autorité qu’on lui donne, puisse imaginer et faire prévaloir une organisation supérieure à celle dont je viens d’esquisser quelques résultats ?


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Pour une plus juste répartition des richesses : solidarité ou charité ?

22 mars 2007

Comment répartir mieux les richesses ?

Face à l’injustice des ressources très inégalement réparties entre les hommes, on ne peut que souhaiter une plus juste répartition. Pour quelle raison certains devraient être pauvres, simplement à cause du fait qu’ils ne sont pas nés au bon endroit ? La redistribution des richesses est une nécessité impérieuse, pour qui a un tant soit peu le sens de la justice. L’ampleur et le mode d’organisation de cette intervention des hommes sur la répartition des richesses sont les vrais problèmes…Et ces deux aspects de la question sont plus liés qu’il n’y parait de prime abord : selon le mode d’intervention choisi, l’ampleur ne sera pas forcément la même.

Don et redistribution, charité et solidarité : quelques définitions

Deux grands styles de re-répartition des richesses existent : le redistribution et le don.

Redistribution

Ensemble des opérations par l’intermédiaire desquelles une partie des revenus est prélevée sur certains agents économiques ou catégories sociales pour être reversée au bénéfice d’autres

Don

Action de donner, de céder gratuitement et volontairement la propriété d’une chose

La différence est claire : dans un cas (la redistribution) il s’agit de quelque chose d’organisé collectivement, et dans l’autre (le don) il s’agit d’un acte individuel.
C’est pour ça qu’on peut relier ces deux modes à deux motivation, ou deux conceptions un peu différentes ; la redistribution va avec l’idée de solidarité :

Solidarité :

  1. Dépendance mutuelle entre les êtres humains, existant à l’état naturel et due au besoin qu’ils ont les uns des autres. Responsabilité mutuelle qui s’établit entre les membres d’un groupe social.
  2. Devoir moral, résultant de la prise de conscience de l’interdépendance sociale étroite existant entre les hommes ou dans des groupes humains, et qui incite les hommes à s’unir, à se porter entraide et assistance réciproque et à coopérer entre eux, en tant que membres d’un même corps social.

et le don va avec l’idée de charité :

Charité :

  1. Principe de lien spirituel, moral qui pousse à aimer de manière désintéressée.
  2. Amour mutuel des hommes, considérés comme des semblables; humanité, philanthropie
  3. Établissements, fondations, congrégations ayant ces actes pour but.

Il n’y a pas lieu, à mon avis, de discuter du bien-fondé moral de l’une ou l’autre de ces conceptions (charité ou solidarité) : l’une et l’autre sont intéressantes, et ce qui compte c’est plus l’efficacité des modes de redistribution qui vont avec, que leur valeur intrinsèque. Soyons pragmatiques. Ces deux approches sont nécessaires : il faut être solidaire, et il faut être capable de charité. Il faut du social, et de l’amour.

Différences de cultures : trop de solidarité tue la charité !

Aux Etats-unis, la charité est beaucoup plus développée qu’en France, où la redistribution organisée est forte. Les oeuvres charitatives, philanthropiques, et le mécenat privé sont beaucoup plus développés aux USA qu’en France. La question est de savoir ce qui est le plus efficace pour lutter contre l’inégale répartition des richesses. Un exemple tel que celui des restos du Coeur avait montré en son temps que l’initiative individuelle ou associative est plus réactive et plus efficace que la redistribution lourde organisée par l’Etat. C’était le message de Coluche : “les politiques en ont parlé, moi je l’ai fait!”. Notre système de solidarité, et de redistribution, en France, est tellement complexe qu’il en devient inefficace : pourquoi ne pas le simplifier, et en limiter le poids, pour redonner de l’air à la charité et aux initiatives du type “Bill Gates” ?
Je laisse le mot de la fin à J.F. Revel, plaidant pour une plus grande souplesse et une plus grande liberté individuelle dans le choix du mode de redistribution :

Pourquoi les français qui en ont les moyens seraient-ils généreux, alors que la société les condamne précisément pour avoir acquis ces moyens ? La générosité n’est-elle pas à double tranchant dans un pays où l’argent doit se cacher et où, par conséquent, l’évergétisme est voué à l’exécration, sauf dans quelques rares cas, comme dans l’entretien d’une équipe de ballon rond ? Comment espérer s’attirer la reconnaissance de ses compatriotes en tant que bienfaiteur public, si le don a pour premier effet de signaler le donateur comme un être immoral, puisque possesseur d’une grande fortune ? La haine “chrétienne et révolutionnaire” de l’argent engendre ainsi une société non moins inégalitaire que d’autres, mais notablement plus avare, plus égoïste, plus hypocrite.

Jean-François REVEL

Citation du dimanche #12

18 février 2007

Ne pas prévoir, c’est déjà gémir. Léonard de Vinci

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Bilan / Objectifs : les bonnes pratiques et leur mise en oeuvre

3 janvier 2007

Bilan de l’année passée et objectifs de l’année à venir

Dans les grosses entreprises, le bilan de fin d’année avec le hiérarchique, ainsi que la fixation des objectifs pour l’année à venir, rentre dans un cadre très formaté et obligatoire. C’est - à mon avis - une grande chance de pouvoir prendre le temps de sortir un peu du cadre strictement technique du travail, et se poser pour faire le point avec son chef. Dans ma boite (un grand groupe de l’industrie automobile française…ça ne laisse pas un gros mystère), cela se fait en ce moment. Un important entretien de 4 heures, donc, et qui se prépare : l’atteinte des objectifs discutés et fixés ensemble déterminera en effet le niveau de prime attribué au salarié.

Il s’agit d’un échange : le bilan et les objectifs sont partagés, et si c’est le supérieur hiérarchique qui tranche au final, c’est également un moment privilégié pour lui faire des remarques constructives sur la manière dont son mangement est perçu.

Bilan de l’année passée

Faire un bilan en fin d’année, c’est très important. Cela permet de voir ce qu’on a réussi, ce qu’on a manqué, et analyser à deux les raisons des échecs. Dans le but, profitable à l’entreprise comme au salarié, d’établir un plan de progrès. Le bilan – comme les objectifs d’ailleurs – porte autant sur l’aspect technique du travail (savoir faire) que sur l’aspect humain (savoir être).

Objectifs pour l’année à venir

Décider ensemble d’objectifs pour l’année à venir, c’est indispensable pour connaître avec précision ses objectifs principaux (sa mission) et prioriser ses actions. Les objectifs doivent être normalement assortis d’indicateurs chiffrés qui permettent d’évaluer de manière objective la progression vers les objectifs.

Dans la stricte logique des entretiens d’objectifs, chaque collaborateur doit recevoir des objectifs qui sont issus de ceux que son hiérarchique a lui-même reçu. Cela permet, de proche en proche, de remonter de ses propres objectifs aux grand objectifs stratégiques de la boite dans son ensemble : chaque salarié doit savoir en quoi il contribue à l’atteinte des objectifs stratégiques macroscopiques de la boite dans laquelle il travaille. Cet entretien est également important car il permet au salarié de s’assurer que les moyens nécessaires à l’atteinte des objectifs lui seront bien donnés.

Evocation des orientations envisagées

Le troisième volet de l’entretien est l’occasion d’évoquer brièvement les orientations que le collaborateur souhaite donner à sa carrière : les secteurs qui l’intéressent dans la boite pour son évolution, et les formations qu’il serait bon de suivre pour préparer au mieux sa mobilité vers ces secteurs

La vraie vie : les freins existent, mais ne bloquent pas le progrès

Alors, bien sûr, le monde n’est pas aussi rose que cela : entre les hiérarchiques qui ne jouent pas le jeu de clarifier les objectifs, les collaborateurs qui vivent cet entretien comme un tribunal, les processus qui ne sont pas appliqués correctement, il y a encore du travail pour que les bonnes pratiques soient de mise partout, et pour tous. Mais ça vient. Lentement et sûrement, peu à peu, le cadre de travail devient plus rigoureux et plus objectif : tant mieux ! Tout le monde y gagne :

  • le hiérarchique s’assure que chacune de ses collaborateurs va participer volontairement à l’atteinte des objectifs de son équipe
  • chaque collaborateur sait ce qu’il va apporter à la boite dans l’année, et s’assure qu’il aura les moyens de le faire

Comment ça se passe pour vous ?

Ca m’intéresse de savoir comment ça se passe dans les autres boites. Comment ça se passe dans la vôtre ? Y-a t’il un entretien de fin d’année formalisé, ou est-ce simplement le fruit de discussion à côté de la machine à café ? Avez-vous des objectifs chiffrés et quantifiables à tenir dans l’année, et l’assurance d’avoir les moyens associés ? j’imagine que dans les petites structures, tout n’est pas formalisé aussi officiellement…me trompe-je ?