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Harmonies économiques : Introduction

2 mai 2007

Voici le premier d’un série d’articles sur l’ouvrage “Harmonies économiques” de Bastiat. Comme je trouve ce texte admirable, je ferais un billet de résumé/extraits sur chacun des chapitres, au fur et à mesure de mes lectures, et du temps disponible sur mes soirées et mes week-end ! J’utiliserai abondamment les longs extraits de texte, parce que c’est la beauté du texte, son aspect pédagogique et clair qui m’a donné envie de faire ces billets (…et aussi parce que ça va plus vite :smile: ).

Les intérêts sont harmoniques

Je commence donc avec l’introduction du livre, intitulée “A la jeunesse Française”.
Il part sur cette idée très forte, qui résume l’ensemble de l’ouvrage (il se fixe comme ojectif de le démontrer) : “Tous les intérêts légitimes sont harmoniques”. Il discute dans cette introduction de la “solution” au problème social.

Or, cette solution, vous le comprendrez aisément, doit être toute différente selon que les intérêts sont naturellement harmoniques ou antagoniques.
Dans le premier cas, il faut la demander à la Liberté; dans le second, à la Contrainte. Dans l’un, il suffit de ne pas contrarier; dans l’autre, il faut nécessairement contrarier.
Mais la Liberté n’a qu’une forme. Quand on est bien convaincu que chacune des molécules qui composent un liquide porte en elle-même la force d’où résulte le niveau général, on en conclut qu’il n’y a pas de moyen plus simple et plus sûr pour obtenir ce niveau que de ne pas s’en mêler. Tous ceux donc qui adopteront ce point de départ: Les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social: s’abstenir de contrarier et de déplacer les intérêts.
La Contrainte peut se manifester, au contraire, par des formes et selon des vues en nombre infini. Les écoles qui partent de cette donnée: Les intérêts sont antagoniques, n’ont donc encore rien fait pour la solution du problème, si ce n’est qu’elles ont exclu la Liberté. Il leur reste encore à chercher, parmi les formes infinies de la Contrainte, quelle est la bonne, si tant est qu’une le soit. Et puis, pour dernière difficulté, il leur restera à faire accepter universellement par des hommes, par des agents libres, cette forme préférée de la Contrainte.

La suite sur la page suivante !

Pourquoi il faut que Sarkozy l’emporte

16 avril 2007

A moins d’une semaine du premier tour, il semble que Bayrou chute un peu dans les intentions de vote, et que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal confortent leur avance sur les autres candidats. On voit donc se profiler un second tour Royal-Sarkozy, avec avantage à Sarkozy. Ca c’est pour l’aspect “sondages”.
Un autre aspect des sondages concerne les préoccupations des français, avec en tête, le chômage, donc le travail. Cela me semble tout à fait normal, dans la mesure où avec un taux de 10% de la population active (soit à peu près 20% de la population active soumise à une possibilité de chômage), la France continue de subir le choix politique qui a été fait (pas forcément explicitement) de moins travailler, et d’augmenter le coût du travail. Le chômage est une plaie sociale, individuelle et économique. Le faire chuter radicalement doit être une priorité – en tout cas pour qui souhaite traiter le problème n°1 des français. Le chômage est le symptôme, aussi, d’un manque de compétitivité, de confiance, de solidarité.

La France a fait le choix du chômage, et il faut maintenant faire le choix inverse : celui du travail. Cela implique un courage politique pour dire la vérité. Dire qu’il faut arrêter d’augmenter le SMIC mécaniquement plus vite que les autres salaires ; dire qu’il faut supprimer – ou modifier fortement les 35h ; dire que la travail crée du travail, et qu’il ne se divise pas ; dire que pour partager un gâteau, il faut encore le produire.
Il n’y a que Sarkozy qui mette la revalorisation du travail comme priorité dans son programme ; c’est utile et important, tant au niveau économique que philosophique. Le travail aliénant, décrié par les intellos en mal de grand soir ayant mal digéré leur “Capital”, n’est qu’un aspect de la réalité. Le travail, c’est aussi et surtout l’émancipation, le progrès, l’entraide mutuelle.

Le travail éloigne de nous trois grands maux : le besoin, le vice, l’ennui.

Voltaire

Dans la guerre, le plus fort accable le plus faible.
Dans le travail, le plus fort communique de la force au plus faible.

Bastiat

Croyez-vous au progres ?

27 mars 2007

Definition du progres : quel ideal ?

Pour répondre à cette question, il faut définir le progrès et puis voir s’il y a lieu d’y croire ou pas.

PROGRÈS:

  • Accroissement quantitatif ou intensif d’un phénomène.
  • Processus évolutif orienté vers un terme idéal.

Laissons le premier sens qui est simplement le sens synonyme d’”évolution”. Le deuxième sens se comprendra mieux si on définit l’”idéal”.

IDÉAL:

  • [Avec une valeur relative : un idéal particulier]
    Ce que l’on conçoit comme conforme à la perfection et que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action dans quelque domaine que ce soit.
  • [Avec une valeur absolue : l'idéal] Ce qui satisferait toutes les exigences du cœur et de l’intelligence, par opposition à la réalité limitée et décevante.

Selon le sens que l’on utilise, on ne sera pas du tout dans le même registre : le deuxième oppose l’idéal à la réalité, tandis que le premier utilise l’idéal comme but ou norme de pensée ou d’action. Comme souvent avec l’absolu, il nous induit en erreur : nous sommes finis par nature, et relatifs. Concentrons-nous sur la première définition, même s’il faut être conscient que c’est l’idéal imaginé en opposition avec le réel qui fait que beaucoup d’idéalistes sont aussi pessimistes.
Avec le premier sens, le progrès devient un “processus évolutif orienté vers un terme conforme à la perfection ET que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action”. Il y a donc un rôle actif dans le progrès : c’est nous qui utilisons un idéal pour but, et qui oriente un processus évolutif. Quelle action sans but ? Quelle ambition dans l’action si ce n’est vers un idéal de perfection ? Encore une fois, il faut insister : viser un but ne signifie pas qu’il soit atteint, ou accessible. Un scientifique, un romancier et une philosophe semblent d’accord là-dessus :

Le progrès n’a aucun caractère inéluctable, rien ne garantit des lendemains meilleurs.

Karl Popper

Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.

Franz Kafka

Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille.

Hannah Arendt

La notion de progrès oriente simplement l’action. L’archer qui vise la cible n’a pas de garantie qu’il l’atteindra ; mais comment pourrait-il l’atteindre s’il ne la vise pas ?

Facteurs du progres social

Cette notion de progrès est reliée de manière forte aux siences, et donc à la connaissance (seule les sciences produisent des connaissances).

Les sciences se caractérisent par le fait qu’il y a progrès.

Pierre Rosenberg

Le progrès en art n’existe pas. Il y a de grands artistes dans tous les siècles, et dans tous les pays, il y a des développements de style, mais il n’y a pas de progrès.

Pierre Rosenberg

La question principale à se poser est donc : le progrès a-t’il un sens dans le domaine social ? Et si oui, quels sont les facteurs du progrès social ?
On revient toujours sur les mêmes choses, n’en déplaise à ceux qui aiment les tables rases…
L’éducation :

Nos progrès en tant que nation dépendront de nos progrès en matière d’éducation. L’esprit humain est notre ressource fondamentale.

John Fitzgerald Kennedy

la liberté de pensée, la créativité, et l’optimisme :

La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance.

Albert Einstein

L’enthousiasme est à la base de tout progrès.

Henry Ford

L’histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté.

Friedrich Hegel

sans oublier le sexe, bien sûr, et l’émancipation des femmes, sans vouloir paraitre ethnocentriste ou islamophobe :mrgreen: :

Le progrès social commence toujours par l’indépendance des fesses.

Albert Cossery

En conclusion, on peut dire que le progrès existe, comme guide d’action et de pensée. Et qu’il importe moins de savoir s’il faut y croire ou non (ce qui impliquerait qu’on pourrait agir sans but), mais bien plutôt d’identifier ce qui, dans l’action ou dans la pensée, va dans le sens du progrès, et de mettre nos efforts là-dessus. Qu’en pensez-vous ?

Sur les “superprofits” …

16 mars 2007

Un petit billet juste pour signaler un article intéressant à lire aujourd’hui dans le Figaro : Qui profite des superprofits? . Y. de Kerdrel et L. Mauduit continuent leurs intéressantes controverses. Cet article m’a fait penser à un billet que j’avais écrit l’autre jour, concernant les “superprofits”.
Une petite citation de l’article, pour la route :

Je vous l’avoue : moi, cela me laisse pantois. Il s’agit certes d’un record historique. Mais ce mot de superprofit n’a aucun sens. Ou plutôt si. Dans la bouche de ceux qui l’utilisent, il suggère que le bénéfice de Total serait excessif. Ce qui revient à dire qu’il y aurait une norme pour les profits : petits, ils seraient tolérables ; gros, ils seraient outranciers. Ceci procède d’une conception ringarde de l’entreprise qui me choque. C’est une conception de l’économie qui est profondément choquante et qui témoigne à quel point le pays a été gangrené par soixante ans d’idéologie marxiste. Qu’on en revienne donc aux bases : une entreprise est faite pour gagner de l’argent. Et plus elle en gagne, mieux cela vaut. Mieux cela vaut pour tous, pour les salariés, pour les actionnaires, les clients et même pour l’État. La seule question qui vaille : vaut-il mieux les profits historiques de Total ou les 10 000 suppressions d’emplois d’Airbus ?

Fonds d’investissement et emploi…

6 mars 2007

J’avais entendu sur BFM l’autre jour un chiffre que j’ai cherché ensuite à retrouver. Je l’ai retrouvé sur le blog de jdch, “Aux innocents les mains vides”, dans un article intitulé “Ces “méchants” fonds d’investissement, la suite”. Il s’agissait de chiffres tirés d’un communiqué de presse de Ernst&Young et de l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC). Ce chiffre m’avait frappé parce qu’il prenait - comme souvent - à rebours l’opinion courante. Inspirés par les idées d’extrêmes gauche, les médias nous montrent toujours les fonds d’investissements comme des symboles du capitalisme financier prédateur destructeur d’emploi dans le seul but de rassasier la soif des méchants capitalistes (j’exagère, mais à peine). Datant du 28/11/2006, ce communiqué de presse rapporte les principaux points de l’étude réalisée sur le poids économique et social du capital investissement en France. Jdch dans son blog en faisait une bonne synthèse, et je reprends quelques points ici - parmi lesquels le fameux chiffre que j’avais entendu à la radio (2ème point) - :

  • les entreprises ayant un fonds d’investissement à leur capital sont au nombre de 4850 (au 31 décembre 2005) et ont un effectif agrégé de plus de 1,5 million de salariés (soit plus que toutes les sociétés du Cac 40 réunies) soit plus de 9% des effectifs du secteur privé en France. Presqu’un salarié sur dix est concerné, et ce seuil a sûrement été dépassé en 2006.
  • Ces entreprises ont vu leur effectif augmenter en France de 4,1% soit 60 000 créations d’emplois nets sur l’année 2004 (alors que les sociétés du Cac 40 ont vu leur effectif baisser de 0,2%). Les éventuels dégraissages et délocalisations massifs sont largement compensés par les embauches…
  • Le chiffre d’affaires cumulé de ces entreprises a cru en France de 6,9% en 2004 (à comparer avec une croissance du PIB de 3%) et le chiffre d’affaires à l’export de ces sociétés a, quant à lui, progressé de 8,5%. Mauvais ni pour notre croissance ni pour notre déficit commercial…
  • 55% des entreprises concernées comptent moins de 100 salariés et 92% moins de 1000. Confirmation que ce sont les PME qui générent de la croissance et des emplois (sachant que l’emploi privé n’a progressé en France que de 0,6% en 2004) et que celles qui sont bien capitalisées sont les plus contributives.

Pourquoi ces chiffres sont-ils passés quasi-inaperçus, et pourquoi ne sont-ils pas rappelés plus souvent ? Qu’en pensez-vous ?

Ségolène Royal : interventionnisme, démagogie et quelques silences en forme d’aveux

20 février 2007

Hier soir, comme beaucoup de Français j’imagine, j’ai regardé la prestation de Ségolène Royal sur TF1. Si je devais résumer, je dirais qu’elle nous a servi un vaste foutoir de bons sentiments et de promesses sans réelle assise économique. Voyons plus en détail.

Interventionnisme

Ségolène Royal est bien dans la droite ligne des politiciens qui surtout ne veulent pas restreindre le rôle de l’Etat, et ses domaines d’intervention. En voilà trois exemples abordés hier :

  • augmentation du SMIC et des autres salaires par intervention de l’état : les entreprises n’auront bientôt plus qu’à suivre une grille des salaires fournie par le Ministère du Travail : vive la planification !
  • l’annonce de la réquisition des logements inoccupés par l’Etat est une atteinte à la propriété : mais il vrai que nous devons tout mettre en commun pour le bien général : vive le communisme !
  • l’annonce d’empêcher les licenciements dans les entreprises qui font des profits ; les patrons peuvent être plus cool maintenant : l’Etat providence va gérer leur boîte à leur place (il est vrai que l’Etat a depuis longtemps fait ses preuves en tant que gestionnaire et stratège !)

La position du curseur qui définit le rôle que doit prendre l’Etat dans la force de ses interactions avec le marché a été clairement annoncée hier soir : interventionnisme forcené. Il est vrai que c’est ce que les Français voulaient entendre, tant ils sont habitués à systématiquement se tourner vers l’Etat pour chaque problème de la vie.

Démagogie

Si la démagogie est l’art de flatter les gens en leur disant ce qu’ils veulent entendre, et la rouerie l’art d’utiliser l’habilité de la parole jusqu’au mensonge, alors Ségolène Royal est une sacrée démagogue, voire une menteuse. Dire tout et son contraire dans un intervalle de trois minutes, c’est ce qu’elle a fait à plusieurs reprises hier :

  • augmenter le SMIC et diminuer le chômage (voir mon billet précédent)
  • il faut diminuer la dette de l’Etat Français, mais par contre, on ne touche pas aux fonctionnaires !
  • à propos des OGM : il faut faire dela recherche sur les OGM, car ils peuvent apporter beaucoup, en terme de santé et d’environnement, mais José Bové a eu raison de faucher des champs d’OGM (contre ce que la justice vient pourtant de décider)
  • quant au progrès technique, il détruit des emplois, mais il crée des emplois (dans la même phrase!)

N’oublions pas que la cohérence du discours, allant avec une utilisation saine de la raison, comporte le principe de non-contradiction : dois-je en conclure que Ségolène Royal, hier ne s’adressait pas à la raison ?

Quelques silences en forme d’aveux

Certains sujets importants n’ont pas été abordés, et qu’ils aient donné lieu à des questions ne change pas grand-chose :

  • la pérennité du système de retraite a fait l’objet de la première question et Ségolène Royal, au lieu de répondre sur le fond de la question (l’âge des départs à la retraite) a préféré botter en touche et parler du montant des petites retraites
  • un intervenant, étudiant en chimie, a évoqué les émeutes de l’hiver 2005 : là encore, silence sur ces évènements graves et sur leurs causes
  • en enfin le clou du spectacle : personne n’a abordé les 35 heures ! Ségolène Royal, selon moi, avait pourtant le devoir de clarifier sa position sur ce point précis…

Ca fait franchement froid dans le dos !

Profondeur des vues journalistiques

Pour finir, il faut décerner la palme du ridicule à PPDA, dont le rôle est pourtant bien passif dans ce type rendez-vous : les seules interventions qu’il a faite pour rappeler des questions posées, et que Mme Royal avait oublié portaient sur … les 35 heures ? les banlieues ? l’inégalité de traitement homme/femme au travail ? le coût de la main d’œuvre ? NON ! PPDA est intervenu pour relancer sur deux points essentiels de la campagne présidentielle, et cruciaux pour l’avenir de la France :

  • le remaniement en cours de l’équipe de Ségolène Royal, mais sur les gens, hein ?
  • est-ce que M. Hollande aura un poste et si oui, lequel ?

Merci pour ces interventions de journaliste “peopolitique”, on s’en serait passé, et j’aurais pour ma part préféré qu’il relance Mme Royal sur les émeutes…
Pour finir sur une note d’humour, le monsieur qui a posé la question concernant le futur poste de Hollande en cas de victoire de Royal, l’a tourné de la sorte – vous me direz que j’ai l’esprit mal tourné, et c’est peut être vrai! - :

Quelle sera la position de M. Hollande?

:mrgreen:

Posée à la femme de l’intéressé, c’est une question qui ne manque pas de piquant ; ça m’a bien fait marrer. Il n’y a que les propos de Ségolène qui auraient pu être aussi drôles, s’ils n’avaient pas été aussi pathétiques.

Hourra pour le CAC40 !

15 février 2007

J’ai entendu ce matin à la radio l’annonce des profits “records” des grands groupes du CAC40. Comme j’entends déjà résonner le concert de plaintes, de cris de jalousie et de dénonciations du troupeau de censeur marxistes, j’ai envie de donner un autre son de cloche. Je dis BRAVO à tous ces grands groupes. Pourquoi ? Mais parce que ces profits sont admirables bien plus que critiquables : ils sont le fruit du travail de centaines de milliers de personnes ! Ils sont la preuve de la réussite de ces grands groupes dans la compétition économique.

Par ailleurs, l’activité de ces groupes ne peut être analysée seule : des milliers d’entreprises partenaires, de fournisseurs, de boite de prestation de service profitent de cette dynamique. L’activité globale générée par tout cela est aussi une source de réinvestissement massif dans l’économie française ; et la solidarité n’est pas en manque car ces grands groupes payent des impôts directs et indirects comme tout le monde : qu’il serait bon de savoir que tout cet argent prélevé était dépensé de manière aussi stratégique et efficace par l’Etat !

Bien sûr, tout n’est pas rose ; et dans le concert des censeurs il y aura des voix raisonnables qui décriront certains aspects de la réalité plus négatifs que ce que je viens de dire. Je leur laisse le soin de bien décrire la réalité sous cet angle de vue. Il faut bien éclairer la réalité de plusieurs côtés à la fois pour ne pas la déformer, non ? Je choisis de saluer la réussite.

Bilan / Objectifs : les bonnes pratiques et leur mise en oeuvre

3 janvier 2007

Bilan de l’année passée et objectifs de l’année à venir

Dans les grosses entreprises, le bilan de fin d’année avec le hiérarchique, ainsi que la fixation des objectifs pour l’année à venir, rentre dans un cadre très formaté et obligatoire. C’est - à mon avis - une grande chance de pouvoir prendre le temps de sortir un peu du cadre strictement technique du travail, et se poser pour faire le point avec son chef. Dans ma boite (un grand groupe de l’industrie automobile française…ça ne laisse pas un gros mystère), cela se fait en ce moment. Un important entretien de 4 heures, donc, et qui se prépare : l’atteinte des objectifs discutés et fixés ensemble déterminera en effet le niveau de prime attribué au salarié.

Il s’agit d’un échange : le bilan et les objectifs sont partagés, et si c’est le supérieur hiérarchique qui tranche au final, c’est également un moment privilégié pour lui faire des remarques constructives sur la manière dont son mangement est perçu.

Bilan de l’année passée

Faire un bilan en fin d’année, c’est très important. Cela permet de voir ce qu’on a réussi, ce qu’on a manqué, et analyser à deux les raisons des échecs. Dans le but, profitable à l’entreprise comme au salarié, d’établir un plan de progrès. Le bilan – comme les objectifs d’ailleurs – porte autant sur l’aspect technique du travail (savoir faire) que sur l’aspect humain (savoir être).

Objectifs pour l’année à venir

Décider ensemble d’objectifs pour l’année à venir, c’est indispensable pour connaître avec précision ses objectifs principaux (sa mission) et prioriser ses actions. Les objectifs doivent être normalement assortis d’indicateurs chiffrés qui permettent d’évaluer de manière objective la progression vers les objectifs.

Dans la stricte logique des entretiens d’objectifs, chaque collaborateur doit recevoir des objectifs qui sont issus de ceux que son hiérarchique a lui-même reçu. Cela permet, de proche en proche, de remonter de ses propres objectifs aux grand objectifs stratégiques de la boite dans son ensemble : chaque salarié doit savoir en quoi il contribue à l’atteinte des objectifs stratégiques macroscopiques de la boite dans laquelle il travaille. Cet entretien est également important car il permet au salarié de s’assurer que les moyens nécessaires à l’atteinte des objectifs lui seront bien donnés.

Evocation des orientations envisagées

Le troisième volet de l’entretien est l’occasion d’évoquer brièvement les orientations que le collaborateur souhaite donner à sa carrière : les secteurs qui l’intéressent dans la boite pour son évolution, et les formations qu’il serait bon de suivre pour préparer au mieux sa mobilité vers ces secteurs

La vraie vie : les freins existent, mais ne bloquent pas le progrès

Alors, bien sûr, le monde n’est pas aussi rose que cela : entre les hiérarchiques qui ne jouent pas le jeu de clarifier les objectifs, les collaborateurs qui vivent cet entretien comme un tribunal, les processus qui ne sont pas appliqués correctement, il y a encore du travail pour que les bonnes pratiques soient de mise partout, et pour tous. Mais ça vient. Lentement et sûrement, peu à peu, le cadre de travail devient plus rigoureux et plus objectif : tant mieux ! Tout le monde y gagne :

  • le hiérarchique s’assure que chacune de ses collaborateurs va participer volontairement à l’atteinte des objectifs de son équipe
  • chaque collaborateur sait ce qu’il va apporter à la boite dans l’année, et s’assure qu’il aura les moyens de le faire

Comment ça se passe pour vous ?

Ca m’intéresse de savoir comment ça se passe dans les autres boites. Comment ça se passe dans la vôtre ? Y-a t’il un entretien de fin d’année formalisé, ou est-ce simplement le fruit de discussion à côté de la machine à café ? Avez-vous des objectifs chiffrés et quantifiables à tenir dans l’année, et l’assurance d’avoir les moyens associés ? j’imagine que dans les petites structures, tout n’est pas formalisé aussi officiellement…me trompe-je ?