Abonnez-vous par mail !
Abonnement RSS
Membre de LHC

Rapports de forces : le point de vue du physicien…

7 février 2007

Changement permanent

Une des caractéristiques principales du monde, c’est le changement permanent dont il est le siège. Tout change. Pour expliquer les changements à grande échelle, en ce qui concerne les groupes humains, on utilise souvent la notion de “rapports de force”. Cela permet de dire, pas forcément très précisemment, ce que l’on sent : la force y joue un rôle de premier plan, et la multiplicité des acteurs implique de comparer les forces en présence. Comme je suis scientifique, et que “rapport” et “forces” sont deux mots du domaine scientifique / mathématique, j’ai eu envie de regarder ce qu’on pouvait en dire, d’un point de vue scientifique… Lire la suite »

Contact

31 janvier 2007

Formulaire de contact

Utilisez le formulaire ci-dessous pour me contacter : je me ferai un plaisir de vous répondre dans les plus brefs délais…!

  1. (obligatoire)
  2. (email valide requis)
 

cforms contact form by delicious:days

Le pacifisme est une peur

4 janvier 2007

Réfléchir pour canaliser les émotions

Le monde est le siège de rapports de forces, de conflits qui ne nous concernent pas forcément directement, mais qui, par l’horreur qu’ils ne peuvent manquer de nous faire ressentir, nous impliquent émotionnellement de toutes façons. Pour ne pas être submergés par les émotions, et pour éviter de laisser la colère ou la peur devenir nos conseillères, il convient donc de réfléchir sur ces conflits le plus sereinement possible.

Définition du conflit

Comme d’habitude, pour réfléchir, il est toujours éclairant de vérifier les définitions des mots que l’on utilise pour préciser et affiner sa pensée : les mots sont les seuls liens avec les idées que l’on peut partager - presque - objectivement et rationnellement. Le ‘presque’ dans la phrase précédente n’est pas une raison pour abandonner cet effort, mais au contraire une raison supplémentaire de le faire. Savoir qu’on n’atteint pas l’absolu ne doit pas empêcher de le viser. Pour réfléchir juste, et pour échanger avec les autres, il faut partir des définitions.

Définissons le conflit, d’abord :

Forte opposition, divergence profonde, différend grave, vif désaccord.

Le conflit peut se résoudre en général de deux manières :

  • en parlant, et c’est ce qu’on appelle la politique (l’art de gérer les conflits)
  • avec les armes, et c’est ce qu’on appelle la guerre (le règlement armé des conflits)

Que la première solution soit préférable à la seconde, je crois que ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Qu’elle le soit toujours n’est pas aussi sûr : il faut pour cela que la résolution politique soit possible, et que la solution sur laquelle elle amène soit satisfaisante. C’est toute la différence entre un pacifique et un pacifiste. Voyons cela.

Pacifique ou pacifiste ? j’ai choisi…

Partons des définitions pour vérifier ce qui différencie le pacifique et le pacifiste.

Pacifique : Qui aime la paix, qui aspire à la paix, qui vit en paix.

Pacifisme : Doctrine ou attitude qui fait de la paix entre les nations un bien qui conditionne tous les autres et qui doit être fondé sur des bases autres que celles de la paix armée.

Il est clair que nous sommes, pour la plupart, pacifiques. Seuls les gens belliqueux – au sens propre du terme : qui veulent la guerre – ne sont pas pacifiques. Les intégristes musulmans ne sont pas pacifiques quand ils disent vouloir rayer Israël et l’Occident de la carte. On peut, par contre, être pacifique (aspirer à la paix) sans être pacifiste. Le pacifiste en effet, place la paix (l’absence de guerre) au dessus de tout. C’est-à-dire au-dessus, par exemple, de la justice et de la liberté. Aucun bien ne pourrait, aux yeux d’un pacifiste, justifier une guerre. C’est bien là, donc, la différence entre un pacifique et un pacifiste : tous deux aspirent à la paix, et aiment la paix ; mais quand le pacifiste place la paix au-dessus de tout, le pacifique accepte que certaines choses puissent nécessiter la guerre. Qu’est-ce que la guerre ?

Guerre : Rapports conflictuels qui se règlent par une lutte armée, en vue de défendre un territoire, un droit ou de les conquérir, ou de faire triompher une idée.

Conquérir un monde plus juste, plus libre peut-il justifier une guerre ? il me semble que oui. La guerre menée par les américains pendant la seconde guerre mondiale était-elle justifiée ? il me semble que oui. Je suis, pour ma part, farouchement pacifique. J’aspire à la paix presque plus qu’à tout. La paix est la condition nécessaire à l’établissement de tout le reste. Mais si liberté n’existe plus ? mais si l’injustice devient la règle ? Il y a, malheureusement, des guerres utiles. Je ne suis pas pacifiste. Et vous ?

L’argument de la peur

L’argument généralement avancé ensuite par un pacifiste, argument difficile parce qu’on parle ici de choses très graves, est le suivant : “Puisque tu penses que la guerre peut se justifier, accepterais-tu de te battre ?”. Effectivement, bonne question – centrale, même -.

Mais l’objection a ses limites : si la seule raison d’être du pacifisme est la peur de se battre, alors il n’a plus, comme qualité morale, que les attributs d’un excès de prudence. Si on pense qu’un conflit ne peut plus se résoudre par la politique, et qu’on reste dans l’inaction par peur de la guerre, on n’est pas moralement juste, on est simplement peureux. J’ajoute qu’on peut avoir encore plus peur de l’évolution du monde sans guerre, que de la guerre. Quel monde Ahmadinejad prépare-t-il ?

Urgence extrême

On sait quelle société Ahmadinejad et les islamistes veulent préparer. Un monde sans juif. Un monde soumis à l’Islam et la Charia. Un monde de régression absolue, sans liberté de penser et d’agir. Bien sûr, la guerre doit toujours être le dernier recours, et l’on doit déployer des forces colossales pour l’éviter. Mais ça veut dire qu’il faut déployer, de manière plus qu’urgente, des forces - plus importantes que ce que l’on fait pour l’instant - pour mettre la pression sur l’Iran.

L’ONU doit faire peser, rapidement et fermement, une menace d’intervention militaire sur l’Iran. Notre diplomatie doit être orientée dans ce sens : l’Iran doit céder, et laisser les instances internationales, profondément pacifiques, contrôler son nucléaire civil et bannir son nucléaire militaire. Toute attitude opposée (et c’est le cas pour l’instant) est une déclaration ouverte de guerre. La France doit peser de tout son poids à l’ONU dans ce sens, à mon avis. Pour que l’issue politique reste possible, pour éviter la guerre. Parce que toute personne pacifique déteste la guerre pour ce qu’elle est : une horreur.

Inégalités et richesses : synonymes ?

19 décembre 2006

J’ai écouté l’autre jour à la radio un débat qui était complètement faussé (sur BFM, très bonne radio par ailleurs) , simplement du fait que tous les participants utilisaient le mot “inégalité” comme synonyme de “pauvreté”. Créer de l’inégalité équivalait implicitement dans leur discussion à créer de la pauvreté ? Rien n’est moins sûr, pourtant…
Tout cela m’a fait repenser à un passage de l’excellent “La guerre des deux France”, où Jacques Marseille compare les progressions de niveau de vie aux USA et en France sur une période de 20 ans, ainsi que les progressions des inégalités. La conclusion est simple :

  • le niveau de vie est plus fort et progresse plus vite aux USA
  • les inégalités sont plus fortes aux USA qu’en France entre les plus riches et les plus pauvres

La question – centrale, à mon avis - que pose ensuite J. Marseille est la suivante :

Vaut-il mieux vivre plus riche dans une société plus inégalitaire, ou plus pauvre dans une société plus égalitaire ?

Cela force à s’interroger sur le type de société que l’on veut construire, et sur ce qu’il est possible de faire. L’inégalité est-elle moins souhaitable que la pauvreté ? La richesse est-elle moins souhaitable que l’égalité ? Peut-on créer en même temps de la richesse et de l’égalité ?
C’est toute la question des rôles respectifs de l’économie et de la politique qui se joue sur ces questions…on ne peut pas en tout cas pas les régler d’un trait de plume, en assimilant “inégalité” et “pauvreté”.

Si vous voulez plus de chiffres, allez faire un tour sur ces deux liens :

Aimez-vous les habitudes ?

8 décembre 2006

J’aime les habitudes. C’est rassurant et puissant, les habitudes. Notre vie est faite - en partie - d’habitudes. Beaucoup de gens confondent les habitudes, et la routine. La routine n’est qu’une habitude mal vécue :

Routine : Habitude de penser ou d’agir selon des schémas invariables, en repoussant a priori toute idée de nouveauté et de progrès.

Si l’idée de nouveauté ou de progrès, ainsi que l’idée de variation, sont exclues, là, oui, ça devient insupportable, les habitudes. Ce sont les côtés systématiques et machinals, l’action “sans y penser” qui rendent les habitudes si énervantes. Mais faire quelque chose “sans y penser”, c’est plus de la faute de celui qui le vit, que de la faute de la répétition.
Il suffit d’habiter ce qu’on vit, et le vouloir, pour transformer une routine en une habitude, et y trouver de la joie; la conscience de l’action transforme l’habitude en experience sans cesse renouvelée. La peur de la nouveauté fait se réfugier certains dans l’habitude ; c’est confortable l’habitude. Je pense cependant qu’il faut continuer à voir la nouveauté, même dans nos habitudes. Il faut mettre de la volonté dans le moindre de nos actes, et dans nos habitudes.
Et puis l’habitude, c’est aussi la capacité acquise par répétition. Il faut refaire ses gammes, souvent, et de manière presque invariable, pour atteindre la liberté du jeu.
L’important, en somme, c’est de savoir identifier les bonnes habitudes (le travail, les relations humaines, par exemple) et les mauvaises (la drogue, par exemple). Savez-vous identifier vos mauvaises habitudes ? et vos bonnes ? Abandonner les mauvaises ? faire fructifier les bonnes ?

Il faut prendre très tôt de bonnes habitudes, surtout celle de savoir changer souvent et facilement d’habitudes.

[Pierre Reverdy]

Etes-vous vertueux : les quatre vertus cardinales

7 décembre 2006

Il y a un mois, un gars dans une formation a évoqué - pour illustrer son propos - les 4 vertus cardinales. Comme je n’aime pas trop rester dans l’ignorance, je suis allé chercher ce que c’est, et je vous livre le résultat de mes recherches.
Tout d’abord, qu’est-ce qu’une vertu ?

Vertu : Disposition habituelle, comportement permanent, force avec laquelle l’individu se porte volontairement vers le bien, vers son devoir, se conforme à un idéal moral, religieux, en dépit des obstacles qu’il rencontre.

Beau programme, n’est-ce pas ? Cela donne envie d’être vertueux…
Les quatre vertus cardinales sont les suivantes : Prudence, tempérance, force et justice. Le christianisme considère qu’elles jouent un rôle central (cardinale vient de « cardo », qui signifie = charnière, pivot) dans l’action humaine, et pour le comportement des hommes entre eux. Elles sont issues de l’antiquité (Platon, Aristote, philosophes stoïciens). Voilà les définitions que l’on peut trouver sur Wikipédia et Lexilogos, assorties de quelques citations piochées sur Evene. Je ne suis l’auteur de rien dans cet article, ce ne sont que des copiés-collés, mais ces définitions donnent à réfléchir, je trouve. Et permettent de se poser les questions : suis-je vertueux ? La vertu est-elle un idéal à viser ou non ?

Prudence

La prudence dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir.
Définitions :

  1. Première vertu cardinale, celle qui allie force d’esprit, faculté de discernement, connaissance de la vérité dans la conduite de la vie.
  2. Qualité, attitude d’esprit de celui qui prévoit, calcule les conséquences d’une situation, d’une action qui pourraient être fâcheuses ou dangereuses moralement ou matériellement, et qui règle sa conduite de façon à les éviter

La prudence ne prévient pas tous les malheurs, mais le défaut de prudence ne manque jamais de les attirer.

[Proverbe espagnol]

Tempérance

La tempérance assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté, procurant l’équilibre dans l’usage des biens.
Définition :
Modération, sobritété, retenue, mesure

La tempérance est un arbre qui a pour racine le contentement de peu, et pour fruits le calme et la paix.

[Ferdinand Denis]

Force

La force, c’est-à-dire le courage, assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien, affermissant la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale.
Définition :
Ensemble des ressources physiques, morales ou intellectuelles qui permettent à une personne de s’imposer ou de réagir.

C’est la force et la liberté qui font les excellents hommes. La faiblesse et l’esclavage n’ont fait jamais que des méchants.

[Jean-Jacques Rousseau]

Justice

La justice consiste dans la constante et ferme volonté de donner à chacun ce qui lui est dû.
Définition :
Principe moral impliquant la conformité de la rétribution avec le mérite, le respect de ce qui est conforme au droit.

L’injustice ne se trouve jamais dans les droits inégaux, elle se trouve dans la prétention à des droits égaux.

[Friedrich Nietzsche]

Bien sûr, personne n’est à la fois prudent, fort, juste et faisant preuve de tempérance ; mais on doit essayer d’y tendre, non ?
Rappelons que les vertus sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent les actes, ordonnent les passions et guident la conduite.
Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien.

Sources :

Etes-vous matérialistes ? (la cause de l’esprit)

30 novembre 2006

Etes vous matérialistes ?
Laissons de côté la définition courante qui sert à décrire les gens “s’attachant avec jouissance aux biens, aux valeurs et aux plaisirs matériels ; cela n’a pas grand interêt…
La définition du matérialisme est la suivante (issue de Lexilogos, découvert grâce à Max) :

Matérialisme : Doctrine qui, rejetant l’existence d’un principe spirituel, ramène toute réalité à la matière et à ses modifications.

Nous voilà bien avancés, n’est-ce pas ? En fait, oui ! Il faut définir ce qu’est un “principe spirituel”, et la “matière”.
Commençons par la “matière” :

Matière : substance dont sont faits les corps perçus par les sens, et dont les caractéristiques fondamentales sont l’étendue et la masse.

Admettons que les physiciens soient les mieux placés pour la définir : la matière est constituée d’atomes (on peut raffiner, mais l’essentiel est là).
Définissons maintenant, et c’est plus difficile, “principe spirituel”. Un principe, c’est l’idée de début, et/ou de cause. Ici, c’est l’idée de cause qui nous intéresse. Spirituel, ensuite :

Spirituel : de l’ordre de l’esprit, de l’âme, qui concerne sa vie, ses manifestations, qui est du domaine des valeurs morales ou intellectuelles.

Un principe spirituel, c’est donc en gros (dites moi si je me trompe…) : la cause de la pensée, de l’esprit.
La pensée a t’elle une cause autre que matérielle ?
En ce qui concerne le siège de la pensée, je pense que tout le monde est d’accord : les neurones sont le siège biologique de la pensée, et ils sont eux-mêmes constitués de cellules, elles-mêmes constituées d’atomes.
Mais, avoir identifié le siège matériel de la pensée, de la spiritualité, ne nous dit pas grand-chose sur sa cause. C’est là le point de séparation entre les croyants et les non-croyants. Trois options sont possibles à partir de là :

  • vous croyez que la cause de la pensée, de la vie spirituelle est ailleurs que dans cet enchevêtrement de neurones, et vous croyez donc en un principe spirituel (Dieu?)
  • vous croyez que la cause de la pensée, ce sont les mouvements des atomes dans les neurones, et vous êtes matérialiste
  • vous croyez que la pensée est bien le résultat de l’activité neurale, mais que la “cause” elle-même de la pensée restera un mystère, vous êtes ce qu’on pourrait appeler un agnostique

Pour ma part, la raison me pousse à considérer la troisième solution comme la plus sage, mais ma conviction est plus proche de la deuxième.
Et vous ?

Quelques citations en équilibre…

21 novembre 2006

Tout est question d’équilibre dans notre vie et dans notre action, en tout cas pour ceux qui veulent vivre en vérité. L’organisme même est un équilibre complexe, interne et avec son milieu. La recherche de l’équilibre est une donnée physiologique, et donc psychologique. Tendre vers l’équilibre est une caractéristique humaine :

La tendance la plus profonde de toute activité humaine est la marche vers l’équilibre.,

Jean Piaget (1896-1980)

Il faut toujours se garder des extrêmes, qu’ils soient en pensée ou en comportement. C’est ce qu’on appelle la tempérance :

Tout ce qui est excessif est insignifiant,

Talleyrand (1752-1838)

Il convient donc toujours de chercher à équilibrer les contraires, et les contraintes. Ce qui revient souvent à identifier les extrêmes, et à chercher entre les deux la voie d’action équilibrée. C’est être pragmatique, plutôt que dogmatique.
Equilibrer le temps consacré aux choses, équilibrer les pensées contradictoires qui nous peuvent nous assaillir, équilibrer les sentiments qui peuvent être complexes.
On passe notre temps à équilibrer les choses, plus ou moins bien, plus ou moins souvent, selon notre caractère.
Au final, c’est une chose qui est paradoxale : si on veut être équilibré en tout, il faut aussi l’être en ce qui concerne l’équilibre. Ne pas être trop équilibré, c’est-à-dire savoir toujours se mettre en déséquilibre, en mouvement. Le paradoxe n’est qu’apparent : il faut équilibrer le temps consacré au jugement, à la réflexion et celui consacré à l’action. Ces deux là semblent d’accord là-dessus :

La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.

Albert Einstein (1879-1955)

et

Équilibre est synonyme d’activité.

Jean Piaget (1896-1980)

Dans les faits, cela revient à :

Agir en homme de pensée et penser en homme d’action,

Henri Bergson (1859-1941)

Source des citations : www.evene.fr et kulture-et-konfiture