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Membre de LHC

Les paradoxes de l’absurde

26 septembre 2008

L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde.

Albert Camus

Si vous n’êtes ni suicidaire, ni croyant, vous devez savoir ce qu’est le sentiment de l’absurde. L’absurde, si bien décrit et investigé par Albert Camus, est le sentiment lié à notre statut d’être mortel, conscient de l’être, et néanmoins avide de sens. Il n’existe pas de sens absolu à notre vie. Puisqu’au bout du chemin, nous mourrons, quoi qu’il arrive. On peut s’extraire de cette dure réalité en se suicidant, ou en inventant une vie après la mort, ce que font la plupart des croyants. Prise comme cela, la croyance est un suicide philosophique.

Pour les autres, dont je suis, c’est l’absurde. Ce sentiment tragique fait partie de la vie. Mais il est moins insupportable qu’il n’y parait au premier abord. Si l’absurde détruit le sens, et l’espoir, il constitue aussi ce qui nous relie au monde. En effet, c’est aussi une source de liberté que de savoir qu’il n’existe pas de sens absolu. A chacun de chercher le sens qu’il veut donner à sa vie.

Si le sens absolu n’existe pas, alors chaque être humain est libre d’une certaine manière. Cela ne signifie pas que tout est permis, loin de là. Mais tout de même, c’est aussi une grande liberté de savoir que nous sommes les seuls juges - et les seuls responsables - de nos choix.

Bien sûr, le bonheur prend un goût différent pour l’homme absurde. Mais je préfère le goût de la vérité à la “joie empoisonnée” que constituent toutes les tentatives déraisonnables de rétablissement du sens absolu.

Le bonheur suppose sans doute toujours quelque inquiétude, quelque passion, une pointe de douleur qui nous éveille à nous-même.

Alain

Etats d’âme à cause d’un Etat sans âme

9 juin 2008

J’allais consacrer un peu de temps pour écrire un petit billet sur les dangers pour la santé des téléphones portables. J’ai vu passer une vidéo chez Digiboy, et je voulais faire un petit dossier pour expliquer ce qu’on sait à propos des téléphones portables, des rayonnements. Utiliser un peu mes compétences scientifiques, et un peu le “Kit de détection d’idioties” pour démêler le vrai du faux, et montrer comment, en l’état actuel de nos connaissances, les portables ne présentent *aucun danger* pour l’être humain. Je le ferai plus tard.

En effet, j’ai lu un billet de René Foulon consacré aux réactions du monde politique à propos de l’augmentation du prix du pétrole : il qualifie à juste titre de scandale cette manie de vouloir *taxer* de manière arbitraire les acteurs de l’économie pour caresser le “peuple” dans le sens du poil. Et je ne peux pas ne pas réagir : j’ai envie de dormir ce soir, et ne pas ruminer.

Je suis quelqu’un d’ouvert, de tolérant. Je suis optimiste, et j’aime la vie : en ce moment plus que jamais. J’ai la chance d’avoir une vie sentimentale bien remplie, un travail épanouissant, une famille, des amis. Et je ne voudrais pas donner l’image de quelqu’un d’aigri, ou qui passe son temps à pester contre tout. Mais je ne comprends pas cette “culture” anti-fric, anti-réussite, qui pense que toute solution ne peut venir que de l’État, qui pense que l’on peut prendre dans la poche de l’un pour donner aux autres, qui ne supporte pas l’utilisation de la force par certains, mais qui légitime son utilisation par l’État quand elle est dirigée vers des sociétés privées (ouh! capitalistes, horribles profiteurs qui sucent le sang des pauvres en se vautrant dans le cynisme) !

En commentaire de ce billet de René, quelqu’un (Mathieu L.) expliquait très proprement son désaccord. La fin de son commentaire m’a permis de bien cerner ce qui me hérisse :

Par contre, je reste totalement persuadé que l’État, à travers son parlement qui représente le peuple, peut très bien, s’il le décide, se saisir de biens ne lui appartenant pas, comme il le fait d’ailleurs tous les jours par la taxation. La légitimité de la décision sera ensuite jugée par le peuple aux élections suivantes…

Je lui ai répondu, sans agressivité, que la justice est une chose plus importante à mes yeux que la légitimité démocratique. Comme le disait Ludwig Von Mises :

Croire en la démocratie implique que l’on croie d’abord à des choses plus hautes que la démocratie.

Ludwig von Mises

Quel sens peut bien avoir une démocratie où les décisions légitimes sont sanctionnées par le peuple aux prochaines élections, si entre deux élections l’État s’autorise, pour des raisons fluctuantes, non partagées, et toujours arbitraires, de confisquer des biens à certains pour les donner à d’autres. Quelle justice dans cette démocratie ?

Sur la forme, c’est stupide : c’est le meilleur moyen de faire fuir Total à l’étranger, et de s’assurer qu’au lieu de participer à la logique de redistribution des richesses, les propriétaires du groupe décident d’installer leur lucrative activité ailleurs. Bien joué ! Très fin : cela s’appelle couper la branche sur laquelle on est assis.

Mais ce n’est pas pour cette raison bassement utilitariste qu’il faut critiquer ce genre d’attitude. C’est au nom du respect de la propriété privée : les actionnaires de Total ont acquis leurs titres de propriété de manière légitime, lors d’un échange libre. De quel droit un individu, un groupe d’individu, ou à plus forte raison l’État, vient-il confisquer une partie de cette propriété ? Cela s’appelle de la spoliation. C’est du vol. Appelons les choses par leurs noms, puisque les apprentis sorciers pensent pouvoir saupoudrer par-ci, ce qu’ils ont subtilisé par-là. J’enrage de ces réactions médiatiques, opportunistes, sans états d’âmes. Moi, ça m’en donne, des états d’âmes. Comme une envie de se casser de ce pays gouverné par des ignares suffisants, égoïstes, et repus de leur incroyable prétention à vouloir tout contrôler, tout diriger, et faire semblant d’avoir réponse à tout.

On observe la qualité du résultat produit depuis 30 ans par ces politiques. C’est le propre des idiots de ne pas reconnaitre leurs erreurs.

Edit : Certains, comme le Chafouin ou Authueil, vont même jusqu’à nous expliquer que c’est dans l’intérêt de Total que le gouvernement a créé cette “prime à la cuve”. On croit rêver…Je cite Authueil :

[...] En créant cette “prime d’aide à la cuve”, le gouvernement aide Total, en lui offrant le moyen de maximiser l’effet symbolique des versements qu’il est obligé, politiquement, de faire. [...]

Le fleuve et la flamme

8 avril 2008

Sur un grand fleuve tel que l’Amazone, ou le Mississipi, comment appeleriez-vous un gars sur un canoë qui rame à contre-courant, en espérant remonter le fleuve ? Un fou, ou un idiot. Il ne vous viendrait pas à l’esprit de saluer son courage. Vous pourriez même, par compassion, lui conseiller d’orienter son esquif dans le sens du courant, et puis de naviguer à droite à gauche en utilisant la force du flux.

Comment appeleriez-vous ceux qui veulent stopper le parcours de la flamme olympique ? Des fous, ou des idiots ?

C’est la force du symbole, vous répondront-ils, convaincus. “En stoppant la flamme, on montre au monde entier que l’on condamne l’action chinoise au Tibet”. Comme si cette ridicule et pitoyable posture avait une quelconque chance de changer ce qui se passe au Tibet. Comme si un boycott des Jeux avait une quelconque chance de se produire. Vouloir systématiquement mettre du politique partout, c’est ramer à contre-courant.

La Chine change, bien plus vite que la France. Empêcher le commerce avec la Chine est la position de ceux qui rament dans le mauvais sensVoilà la réalité. Elle a obtenu les Jeux Olympiques. Voilà la réalité. Les Jeux Olympiques sont une affaire de sport, et de commerce. Le commerce change la Chine bien plus durablement et solidement que toutes les actions dénuées de sens de ceux qui veulent se battre contre un flamme, en dénonçant des atteintes - réelles - aux droits de l’homme. Empêcher le commerce avec la Chine : c’est la position de ceux qui rament dans le mauvais sens, et qui n’ont décidement pas compris ce qu’est le commerce. Ce que je crois, c’est que la machine commerciale des Jeux sera profitable aux Chinois, que les journalistes présents en Chine seront profitables à l’éclosion - même restreinte - d’une part de vérité, et que tout cela va dans le bon sens. Les Jeux n’ont rien à voir avec le Tibet. Voilà la réalité.

Edit : visiblement, Le Chafouin n’est pas de mon avis. Monsieur Pingouin non plus, d’ailleurs. Authueil a, quand à lui, parfaitement exprimé le sentiment que je voulais dire.

Si j’étais riche …

14 février 2008

Tas de biftonsEternelle discussion avec mes collègues ce midi : que feriez-vous de 130 millions d’euros ? Quasiment personne ne joue au loto parmi nous, mais tout le monde a toujours beaucoup d’idées pour dépenser l’argent ! Personnellement, je pense que je deviendrais quelqu’un de méprisable si je gagnais une telle somme. Et vous ?

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Billet citoyen !

18 janvier 2008

Image citoyenneEngagement citoyen. Mouvement citoyen. Blog citoyen. Autant d’expressions qui sonnaient creux à mon oreille. Comme toujours pour vérifier le sens des mots, le dictionnaire est d’une aide précieuse. Internet aussi, d’ailleurs, car on y trouve beaucoup d’articles de bonne qualité. Retour sur la dérive de sens du mot citoyen, et - au passage - découverte d’un super blog linguistique. Conclusion : ces expressions sont bien des galimatias, dont le sens réel les rapprochent d’évidences banales, ou d’antiphrases involontaires (exprimant le contraire du sens littéral).

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Alain Boyer : à propos de la théorie politique de Karl Popper

4 octobre 2007

Après le texte de Popper sur les fondements du libéralisme, je vous présente aujourd’hui le commentaire qu’en faisait Alain Boyer, dans le hors-série du Point consacré à la pensée libérale. J’aime ce glissement de la pensée entre la démarche scientifique et son énorme efficacité pour appréhender le monde, et la démarche de la politique libérale basée sur la croyance en la possibilité d’un progrès, fruit de la “délibération publique contradictoire”. Je vous laisse apprécier.

Karl Popper (Vienne, 1902 – Londres, 1994) est avant tout un philosophe des sciences, connu pour sa réponse à la question de la démarcation entre la science empirique et les autres discours, à savoir la “falsifiabilité“, le fait qu’une théorie qui prétend parler du monde doit en principe pouvoir être infirmée par l’expérience : nous devons laisser à la Nature la possibilité de répondre “non” aux propositions que nous faisons pour la décrire dans ses mécanismes les plus cachés. Le débat contradictoire et la méthode des hypothèses multiples est au centre de cette conception, qui voit dans la “coopération amicalement hostile des savants” le nerf indispensable du progrès des connaissances. Le pluralisme et la liberté de discussion critique occupent la même place au sein de la théorie politique de Popper, centrée sur l’idée de “société ouverte”, où les traditions et les institutions peuvent être remises en cause et améliorées au nom de normes morales, comme la liberté et la justice. Ce type de société apparaît avec la démocratie athénienne, mais elle est surtout le produit de la “tradition libérale” et de la “tradition rationaliste critique”, auxquelles se rattache Popper, tout en n’ignorant pas certaines des bases morales de la critique socialiste du système libéral, que l’Etat peut aider à réformer dans le sens de la promotion de la justice, en ne prenant pas la route dangereuse de l’utopie, mais en tâchant de lutter pas à pas contre toutes les formes de malheur évitable, et en ne sous estimant jamais l’importance des conséquences inattendues souvent “perverses” de son action, sur laquelle il doit pouvoir revenir à la suite d’un débat public ouvert et sans dogmes. Le libéral croit en la possibilité, mais non en la nécessité, du progrès, dans le cadre institutionnel de la démocratie représentative et délibérative, où les dirigeants peuvent être remplacés sans violence. Il ne s’agit pas de “faire le bonheur” des citoyens, projet paternaliste liberticide, mais de créer un environnement institutionnel tel que l’on puisse peu à peu améliorer les conditions d’existence des plus mal lotis, tout en ne sacrifiant pas les libertés individuelles, en particulier la liberté d’expression critique et pluraliste. Aucune autorité n’étant infaillible, c’est par la délibération publique contradictoire sur les problèmes sociaux que l’on peut espérer avancer. Tout ce dont nous avons besoin pour cela, c’est d’être prêt à apprendre de l’autre par la discussion rationnelle. Et la discussion sera d’autant plus féconde que la variété des points de vue sera grande. “Si la tour de Babel n’avait pas existé, nous aurions dû l’inventer”. Le libéral ne rêve pas d’un consensus parfait de l’opinion, il souhaite seulement la “fertilisation mutuelle” des opinions par leur confrontation. Mais aucun problème ne peut être résolu à la satisfaction générale, et nous ne devons pas le regretter. Il faut promouvoir la tradition du “gouvernement par la discussion”, l’habitude d’écouter les points de vue divergents, le développement d’un “sens de la justice et la capacité d’accepter des compromis”. Sur la tard, Popper a reconnu que même si l’Etat minimal était un bon idéal (il faut se méfier de toute bureaucratie), une certaine dose de “paternalisme” était compatible avec cet idéal.

Alain BOYER
Popper : La Société ouverte et ses ennemis (1ère éd. anglaise 1945; trad. abrégée, Seuil, 1979); Conjectures et Réfutations (1ère éd. anglaise 1963; trad. Payot, 1985); Etat paternaliste ou Etat minimal (1ère éd. allemande 1988; trad. Editions de l’Aire, 1997
Beaudoin J. : K. Popper, PUF, 1989
Boyer A. : Introduction à la lecture de K. Popper, PENS, 1994

Conseil Constitutionnel : les 9 singes ?

20 août 2007

Le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel du projet de loi travail, emploi, pouvoir d’achat (Tepa). Il a toutefois censuré le bénéfice du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt immobilier pour les prêts déjà conclus. Au motif que cela rompt l’égalité des contribuables devant l’impôt. Argument débile, puisque les contribuables ne sont pas égaux devant l’impôt !
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Le sens du bonheur

16 juillet 2007

Faut-il choisir entre bonheur et sens ? La réponse apporté par un personnage de Heroes consiste à dire que oui : la quête de sens, et celle du bonheur sont incompatibles. Qu’en pensez-vous ?
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