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Membre de LHC

Sensations et sentiments

9 juillet 2008

Les sensations disparaissent vite du corps. Celui-ci a une mémoire très faible des sensations : aussitôt éprouvées, aussitôt disparues. La douceur des caresses, la qualité d’un arôme, la douleur, ne valent qu’au présent.

Les sentiments qu’elles provoquent en nous sont un peu plus durables : ils impliquent une sorte de bouclage interne qui nous fait prendre conscience de la sensation, et de son impact sur nous. Si on ajoute aux sentiments des mots pour essayer de les décrire, on leur associe autant de petites clefs qui nous permettront de nous en rappeler.

Je fonctionne comme ça, en tout cas : ce que je formalise en mots, je peux m’en rappeler. Et si on ne retrouve jamais la sensation éprouvée dans les mots, dans le rappel des sentiments, au moins pouvons-nous en garder comme une trace, comme un chemin, qui nous permettra d’aller rechercher dans le monde cette sensation.

Les mots peuvent aussi servir à se rapprocher du présent.

Citation du dimanche #55

16 décembre 2007

Chose remarquable et trop peu remarquée, ce n’est point la pensée qui nous délivre des passions, mais c’est plutôt l’action qui nous délivre.

Alain (Émile Chartier, dit)

Bonnes Vacances !

18 juillet 2007

Cher lecteur (chère lectrice),
Je te souhaite, si tu as la chance d’avoir des vacances, de pouvoir passer du temps avec ceux que tu aimes. De prendre le temps d’en perdre avec eux. J’espère que tu pourras souffler un peu et profiter du vrai bonheur des vacances : changer de rythme, et retrouver la possibilité de contempler les choses plutôt que d’agir. Si la tension de l’action est utile, plaisante et nécessaire, la contemplation comporte quelques caractéristiques également jouissives, et indispensables : calme, douceur, joie. La contemplation est la source de l’émerveillement, sans lequel l’amour du monde est difficile. Il faut conserver intacte notre capacité à nous émerveiller du monde. De sa complexité, comme de sa simplicité.
Je te souhaite, cher lecteur, de pouvoir te retrouver sous un marronnier ou sous un tilleul, à écouter le bruit du vent dans les feuilles se marier avec le bourdonnement chaud de l’été. Regarder les nuages, et imaginer les gens qui voyagent dans l’avion que l’on voit passer, tout là-haut. Je te souhaite de pouvoir passer des heures avec ta famille, avec tes amis. Rire. Profiter du temps qui passe autrement, et qui ne passe plus à force d’être dedans, à force d’être dans le présent. Profiter des heures bleues sombres et roses qui, en été, précèdent la nuit.
Profites de tout cela et de plein d’autres choses…!
Bonnes vacances !

Des millions et des milliards !

12 juin 2007

Deux nombres impressionnants entendus à la radio ce matin :

  • 1 000 000 : c’est le nombre de Wii vendues par mois dans le monde ! (fabrication : 1 500 000 unité par mois pour diminuer l’attente des clients)
  • 1 000 000 000 : c’est le nombre de PC en activité sur la planète ! (prévision : 2 000 000 000 en 2015 !)

Voilà des chiffres qui donnent un peu le vertige, et qui font bien comprendre l’ampleur et la rapidité de la révolution technologique qui a eu lieu !

La verite peut-elle se partager ?

22 mai 2007

C’est une petite réflexion qui est venu suite à certains commentaires sur un billet précédent. J’expliquais que je votais avec mon cerveau, pas avec une conviction ou des sentiments. Ce à quoi Babas répondait ceci :

Un dernier point, je ne vote pas avec mon cerveau mais avec mon impression. Je pars du principe que toutes les informations sont tronquées orientées manipulées par l’émetteur , le transmetteur et même le recepteur. A partir de là, je moyenne de façon totalement subjective.

Nous avons rediscuté de ça entre frangins ce week-end, et Simon me disait qu’il pensait ça aussi. Personnellement je ne suis pas trop d’accord ; mais la discussion était intéressante. On en arrive assez rapidement à la question du titre : “La vérité peut-elle se partager ?”. J’avais fait un petit article, il y a quelques temps, sur ma vision des rapports entre réalité et vérité. On y trouvait ces deux définitions :

Réalité :
ce qui existe indépendamment du sujet, ce qui n’est pas le produit de la pensée.

Vérité :
1. Scientifique : connaissance reconnue comme juste, comme conforme à son objet et possédant à ce titre une valeur absolue, ultime
2. Philosophie : norme, principe de rectitude, de sagesse considéré(e) comme un idéal dans l’ordre de la pensée ou de l’action
3. Logique : conformité de la pensée ou de son expression avec son objet

Je concluais qu’il fallait essayer, autant que faire se peut, de rapprocher la réalité et notre vérité.
Rappeler et souligner l’incapacité de l’être humain à communiquer totalement, j’en suis bien d’accord : qui pourrait nier cela ?
Mais dire que pour cette raison-là, on vote sur des impressions uniquement, je n’en suis pas d’accord. Bien sûr, la part de l’impression n’est pas nulle : tout le monde est influencé par la tête du candidat, sa manière de parler, et tout un tas de facteurs conscients ou inconscients liés au candidat, à notre histoire personnelle, et à la tonalité des médias qui transmettent ces informations. Mais on ne peut pas s’arrêter à cette constation : ce n’est pas parce que quelque chose est important, que nous devons nous y arrêter et considérer que c’est le seul facteur. Les arguments rationnels, la réflexion que l’on peut mener sur le monde qui nous entoure, sur les rapports de force existants, sur le sens dans lequel les choses évoluent sont aussi une part importante du choix d’un bulletin de vote. II clair que nous sommes des animaux (qui pourrait le nier ?), avec notre part d’impulsion inconsciente, notre part d’impression (pour reprendre le mot de Babas). Mais nous sommes aussi doués de raison, et capables - dans une certaine mesure, peut-être très restreinte - d’intégrer des faits dans un raisonnement et nous extirper, ne serait-ce qu’un peu, des jugements a priori et du conditionnement médiatique, familial, sociétal. Non ?

Mettre l’accent sur ce qui gêne la communication et la transmission d’idée, c’est oublier de le mettre sur ce qui permet la communication et la transmission d’idée : les faits, les arguments rationnels qui nous relient au travers de ce qu’on pourrait appeler la réalité. Il y autant de vérité que d’êtres humains, mais il n’y a qu’une réalité. Et c’est de cette réalité là dont on parle, il me semble, lorsque l’on choisit un bulletin de vote pour le mettre dans l’urne. L’acte de voter est un acte réfléchi, et le contraire de la passion. La passion, en politique, ce sont les armes, les combats. La raison, en politique, c’est le vote et la réflexion ; l’acceptation de la raison des plus nombreux est un pas énorme vers moins de conflits et plus de débats rationnels. Qu’en pensez-vous ?

La politique est le lieu de la pensée où l’on met en relation la réalité et des valeurs ; j’ai l’impression que, souvent, l’absence d’effort pour regarder la réalité “comme elle est” empêche de se rendre compte que sur les valeurs, nous sommes beaucoup plus proches les uns des autres que nous le pensons. C’est cela, ce que je voulais dire en expliquant que je votais avec ma raison : faisons ensemble un constat partagé sur la réalité des faits, et les différences de valeur ne seront, bien souvent, plus un problème mais une richesse.

Il n’y a qu’une seule et même raison pour tous les hommes ; ils ne deviennent étrangers et impénétrables les uns aux autres que lorsqu’ils s’en écartent.

Simone Weil

Sarkozy : cible des égoistes mal informés !

26 avril 2007

Hier, sur TF1, jai trouvé Nicolas Sarkozy très convaincant, détendu et pointu dans ses réponses. Passons sur le niveau des journalistes qui naviguait (PPDA) entre pitoyable et médiocre. Sarkozy connait les dossiers, et - à mon avis - fera ce qu’il faut pour diriger la France vers le plein emploi ; ce qui est un premier pas vers beaucoup de choses. Il fait montre de fermeté et de volonté dans son discours comme dans ses actes. Un profond sens de la justice sociale l’anime à l’évidence. Et on voudrait lui interdire de parler de Jaurès !
Nous verrons ce soir comment se débrouillera Ségolène Royal. Je ne suis pas certain qu’elle soit aussi digne que Sarkozy de parler de Jaurès…!
Ce midi, nous avons eu une discussion enflammée avec mes collègues à propos de Sarkozy, et du “modèle de société” qu’il propose. J’ai été assez surpris de voir que parmi mes collègues, qui sont tous pourtant des gens intelligents, éduqués et relativement cultivés, tous se positionnent comme étant anti-Sarkozy primaires. En discutant je me suis rendu compte de 2 ou 3 choses assez dérangeantes :

  • Sous-information : la plupart des gens n’ont jamais lu aucun des programmes des candidats : leur seul source d’information sont les bribes obtenues directement par les extraits de discours des candidats, ou indirectement par les commentaires journalistiques et/ou des opposants. On peut donc souligner un réel manque d’informations factuelles : les gens ne vont pas chercher l’information. Cela vient de leur mode de fonctionnement, et c’est le deuxième point
  • Mode de fonctionnement religieux : la plupart des gens veulent pouvoir adhérer complètement à un candidat : le moindre point de désaccord avec Sarkozy (ou autre) suffit à le classer dans une catégorie négative. Ils cherchent un(e) messie bien plus qu’un(e) président(e) ! Comment pourrait-on être d’accord sur tous les points avec une candidat ? Je voterai au second tour pour Sarkozy, mais ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec tout ce qu’il dit ou propose ! Ce veut dire que, dans les grandes lignes, je trouve que ses propositions vont dans le bon sens pour régler les problèmes, seront sources de plus de justice, et que j’approuve son approche pragmatique.
  • Egoïsme et pauvre sens de la justice : les gens éduqués, qui ne s’en tirent finalement pas si mal dans le système actuel, sont d’un égoïsme inconscient et assez brutal : c’est facile de voter pour l’immobilisme quand on tire les marrons du feu ! Je ne retrouve pas chez eux un sens très développé du bien commun, et du souci des plus démunis ! Ils ont réussi à se donner bonne conscience avec leur “système de protection sociale” qui encourage la fraude et la spoliation, sans se rendre compte qu’une partie de la société, soumise aux contraintes économiques de la mondialisation, trime dure pour qu’une autre, soumise à aucune contrainte économique, parte à la retraite à 55 ans ! Bonne conscience aussi quand on stigmatise la “lepenisation des esprits” et de Sarkozy, sans se rendre compte que certains des problèmes jusqu’à alors uniquement abordés par Le Pen sont des vrais problèmes - immigration et identité nationale - cruciaux et sources de conflits durables. Les banlieues s’embrasent, des cités sont prise en otage par la violence de bande de casseurs en mal de sensation, mais tout va bien, le modèle social est bon et juste. Dormez, citoyens ! Les bons sentiments y sont pour beaucoup, je l’espère (ne pas montrer du doigt une catégorie de la population par peur d’être taxé de “raciste”), mais j’ai bien peur qu’il n’y ait dans tout cela plus d’égoïsme et d’aveuglement que de bons sentiments. C’est Sarkozy qui a fait perdre des voies à Le Pen, pas la gauche ! C’est Sarkozy qui a fait que la campagne a passionné les gens, et que la participation a été forte : il est force de proposition et de changement.

Nous verrons le résultat du second tour : et nous verrons surtout Sarkozy à l’action une fois élu ! s’il passe…

Pensée du matin

26 avril 2007

Ce que notre société a de plus énervant, à mon gout : que le plaisir et le bonheur soient des choses presque honteuses…! S’il fallait attendre que le dernier malheureux disparaisse pour être heureux, alors le bonheur serait une idée morte. Si nous ne prenons pas la peine, de temps en temps, d’exprimer notre bonheur, notre plaisir, nous prenons le risque de le vivre toujours caché, toujours intériorisé, et le langage finira par nous faire croire que le bonheur et le plaisir se résument à une absence de souffrance, ou de peine. Comment penser bien ce qu’on ne dit jamais ?
Le bonheur n’est pas l’absence de malheur, ou de souffrance ! Le plaisir n’est pas un manque. Le bonheur est jouissance, désir, volonté. Le plaisir est jouissif, joyeux, indispensable !
Les publicités pour pillules à faire maigrir nous feront-elles oublier à quel point il peut être jouissif de manger ? à quel point il est bon de faire du sport pour perdre les petits kilos superflus, et entraîner son corps ?

Charte des commentaires sur BLOmiG : en construction

23 mars 2007

J’avais écrit un billet volontairement un peu “hard” (mais ne faisant que rappeler des réalités) pour l’occasion de la journée de la femme. Des discussions avaient eu lieu en commentaire, ouvertes et libres. Malheureusement, hier et aujourd’hui deux personnes ont tout fait partir en live (Robert et Al Muslimin) : propos injurieux, sans aucun respect pour les points de vue opposés. J’ai donc “modéré” (supprimé) ces commentaires, puisque leurs auteurs, eux, ne savent pas l’être, modérés.

Je trouve ça triste que des gens :

  • utilisent les commentaires d’un blog modéré pour déverser des propos excessifs, aggressifs et stupides
  • pensent que je vais être assez con pour laisser mon blog devenir un dépotoire pour propos injurieux provenant d’imbéciles en manque de reconnaissance

La tolérance n’est pas la faiblesse. J’admet sur mon blog tous les avis, y compris opposés au mien. Mais le but restant le dialogue, un minimum de courtoisie et de respect est nécessaire.
Les commentaires resteront donc par défaut non modérés, mais je ne laisserai pas passer ce que je juge excessif.
Je vais écrire une petite charte des commentaires, qui permettra de prévenir les gens.
Mon sentiment, c’est que c’est bien triste d’en arriver là…!
Avez-vous déjà eu à modérer votre blog, si vous en avez un ?
Pensez-vous que je devrais laisser tous les commentaires y compris ceux excessifs ?